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Les dieux ont mis un homme à l'épreuve

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Frédéric Vignaux

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Frédéric Vignaux

Ce sujet a 105 réponses, 8 participants et a été mis à jour par pennybridge pennybridge, il y a 1 jour et 9 heures.

26 messages de 81 à 106 (sur un total de 106)
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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    Tout à fait d’accord, à l’heure actuelle les BD sur ordinateur me conviennent aussi très bien.

    J’étais beaucoup plus sceptique il y a 10-15 ans, notamment quand les mises en couleur ont commencé à être effectuée sur ordi. Je revois ces grands aplats avec dégradés envoyés à l’outil pot de peinture, qu’on a pu voir dans certains albums. Ça ne me perturbait pas dans les comics, qui ont des surfaces et un design assez adaptés à une mise en couleur flashy-lissée. Mais par contre, dans le franco-belge…

    Ces dernières années, on voit des mises en couleur magnifiques, avec du grain, de la texture, de la nuance… Les outils ont bien évolué.

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    Thorgal-BD a écrit
    Hop, quelques semaines plus tard, nous voilà de retour dans l’atelier de Fred Vignaux, avec une photo qu’il a postée sur Facebook.

    Une table rétro-éclairée, qu’il semble avoir bricolée lui-même si j’ai bien compris ! (ou qui, au moins, a nécessité un peu d’huile de coude) Ça m’a tout l’air d’être de l’excellent boulot.

    C’est une table pour le dessin traditionnel au crayon, et il y a, comme vous pouvez le voir, le nouveau tome de l’intégrale Thorgal posé juste à côté. Est-ce un signe ? Fred va-t-il délaisser la tablette et reprendre les crayons pour ce nouveau défi qui l’attend ?

    Ah mais il n’a pas le choix ! Grzegorz a dit à Fred : « Si tu veux reprendre Thorgal, tu vas apprendre à le dessiner à ma manière en reproduisant toutes mes intégrales en noir et blanc ! » 

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    Fête de la BD à Bruxelles du 14 au 16 septembre

    Fred Vignaux participera à la fête de la BD qui se déroulera du 14 au 16 septembre dans le Parc de Bruxelles. Cette fête est un évènement important pour les maisons d’édition, avec 100.000 visiteurs et plus de 250 auteurs de BD présents durant le week-end. Voici l’horaire des dédicaces au stand du Lombard.

    Infos : https://visit.brussels/fr/sites/comicsfestival

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    Fred vient pour Kriss de Valnor, mais je crois que les gens auront du mal à se concentrer sur Kriss, avec tout ce qui vient de se passer.

    Pas sûr que l’album soit déjà disponible en avant-première, un mois avant, ça paraît beaucoup, non ? Mais si c’est le cas, amis belges, vous aurez peut-être droit à une jolie surprise de rentrée.

    En tout cas Fred va pouvoir étrenner un peu son nouveau statut de star, et signer des bretelles de soutien-gorge. Ceux qui passent le voir, profitez-en pour le motiver à fond ! Offrez-lui des Haribo !

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    Prochaines dédicaces

    Tjahzi a écrit
    Fred Vignaux participera à la fête de la BD qui se déroulera du 14 au 16 septembre dans le Parc de Bruxelles.

    Pour les malheureux qui ne rencontreront pas Fred Vignaux ce week-end (pauvres de vous… ), d’autres chances de le retrouver en dédicace s’offrent à vous dans les prochaines semaines.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 2 mois et 1 semaine par Tjahzi.
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    Interview pour Planète BD en janvier 2018

    En attendant de découvrir l’entretien avec Fred Vignaux qui a eu lieu en septembre dernier à Bruxelles, voici une interview qu’il a accordée en janvier à Planète BD. Cela se passait au Festival d’Angoulême pour la sortie du tome 3 de Neige Origines.

    Source : http://www.planetebd.com/interview/fred-vignaux/1228.html

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    Je pense que le numérique et le dessin traditionnel peuvent co-exister. L’un ne doit pas non plus supprimer l’autre.

    Le dessin traditionnel permet de se confronter à la matière, à sa résistance, et il n’est pas impossible que pour s’approprier Thorgal il soit utile de passer par le dessin traditionnel, afin d’user les outils et les surfaces.

    Cela dit, moi qui usa de la tablette graphique dans les années 2000, je me dis qu’aujourd’hui ils doivent s’éclater quand-même.

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    Dédicaces du week-end

    Fred Vignaux n’en finit plus de dédicacer ses albums !  :x  Nous en sommes au 4ème week-end de suite, avec cette fois Paris puis Bruxelles.

    – vendredi 19 octobre de 17 à 20h à Paris à la librairie Bulles de Salon

    – samedi 20 octobre de 15 à 16 h à Bruxelles à la FNAC City 2 (où il sera accompagné d’Olivier Grenson pour son XIII Mystery)

    Et sinon Fred, pour mon entretien ?  :wink:

    Source photo : Pastiche

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    Oui, je pense que là ça va être un mois complètement fou. Ça doit être assez étourdissant.

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    Interview pour Bulles de Mantes

    Le mois dernier, Fred Vignaux a participé au festival Quai des Bulles à St Malo. Il y a accordé une interview très intéressante pour le blog de Bulles de Mantes. On y apprend pas mal de choses sur la manière dont il travaille et dont il voudrait travailler par la suite. Bon, pas de révélations sur le tome 37 de Thorgal, pour ça il faudra encore patienter.  :wink:

    Bulles de Mantes : Vous venez de terminer le tome 8 du spin-off « Kriss de Valnor » qui sera le dernier. Comment l’avez-vous vécu ?

    Fred Vignaux : Paradoxalement, la fin de cette série est un commencement pour moi et – on en va en reparler plus tard dans l’interview – ça été un vrai plaisir car ce deuxième album clôt un beau diptyque qui forme une histoire très cinématographique. Avec Mathieu Mariolle et Xavier Dorison, ça ne pouvait être qu’ainsi. Je m’en suis vraiment rendu compte à la fin car il y a eu des choses de semé dans le 1er tome qui se résolvent dans le second. Au final, ça se rapproche pas mal du tome « Les Archers » qui est un petit film en soi. Comme cela va s’inscrire dans la continuité, cet album n’est en fait pas vraiment une fin.

    Si cet album est très fluide dans la narration, il n’en est pas moins dense, avec beaucoup de cases mais aussi beaucoup de bulles, est-ce que cela t’a posé des problèmes particuliers ?

    Il y a effectivement à certains moments beaucoup de dialogues, notamment pour placer la psychologie des personnages, mais ça alterne avec des pages beaucoup moins denses. Je ne le ressens pas comme ça, quand tu vois le nombre de cases dans « Neige », c’était beaucoup plus contraignant. Je pouvais néanmoins utiliser les fonds perdus, il y avait des panoramiques. Là, la charte Thorgal est plus contraignante mais néanmoins créative. Ce qui est intéressant, c’est que ce soit un challenge et je n’ai pas vraiment rencontré de difficulté.

    Quant à la densité, je trouve ça plutôt intéressant dans la bande dessinée car il ne faut que la bd soit lue en 20 minutes. Finalement, la densité pour moi, c’est important. Alors après, j’en avais discuté avec Rosinski. Quand on regarde les Thorgal, ce que disait Van Hamme, il y a des albums de scénariste et des albums de dessinateur. Donc, quand il lui présentait un album, il lui disait « Tu vois Grzegorz, celui-ci sera un album de scénariste, ce qui veut dire qu’il y aura plus de cases mais la prochaine fois, je te ferai plaisir en te faisant un album de dessinateur ».

    Pour le prochain Thorgal, y a-t-il déjà des orientations ?

    On va plutôt être dans le classique, avec une histoire complète.

    Alors, si mes comptes sont bons, tu es le petit dernier arrivé dans l’équipe Thorgal et c’est toi qui as la charge et l’honneur de reprendre la série.

    Surtout le poids…

    Est-ce que tu ressens un gros poids, une grande pression à reprendre les albums de Thorgal ?

    J’ai déjà deux tomes avec le spin-off, même si ça ne fait pas beaucoup, néanmoins, ça s’inscrit dans la continuité. Alors, c’est amusant parce que le poids, la bande dessinée est un métier solitaire, on est chez soi, on se bat contre soi, ses propres réflexions. Et le poids, on le rencontre lors de séances de dédicaces avec les lecteurs et là on se dit, que peut-être effectivement avec Thorgal, il faut se mettre un petit peu la pression.

    Alors, c’est venu comment avec Rosinski pour que finalement, ce soit toi qui reprennes le personnage ?

    C’est un peu une énigme. Comme il l’a expliqué en conférence de presse lors de la passation, il retrouvait un peu de lui dans mon dessin. Je pense que c’est surtout cette énergie, le foisonnement. C’est vrai que j’aime bien, même dans les paysages, que ça vive. Et je sais que lui avec ses personnages, quand on lit un Thorgal, c’est le reflet de ses émotions tout au long d’une année, tout au long de la création. Le personnage bouge beaucoup et n’est pas forcément constant, c’est ça qui est intéressant. C’est vrai, je pense qu’en bande dessinée, on ne fait pas d’illustration, pas du dessin animé. En dessin animé, le personnage est toujours identique au modèle, il ne bouge jamais, tout le temps parfait. Moi j’estime, mais c’est ce qu’ils font en manga toute proportion gardée, que le personnage doit vivre en fonction des cases, en fonction de ce qui se passe. Il n’est pas obligé qu’il soit toujours pareil, bien constant. Le dessin des personnages, c’est le reflet de notre humeur du moment, sachant qu’il ne faut quand même pas que ça varie trop non plus.

    Alors, tu parlais d’illustrations, j’ai cru comprendre que les albums Kriss de Valnor étaient réalisés de manière numérique.

    C’est ça, tout à fait !

    Du coup ça fait une sacrée différence, même si je trouve le dessin tellement dynamique que ça ne pose pas de problème, maintenant quand on voit les dessins de Rosinski qui ressemblent plus à des peintures. Pourquoi avoir choisi de se tourner vers des procédés électroniques, est-ce que Rosinski a vu cela d’un bon œil ?

    En fait, Rosinski est sensible à la nouveauté, il faut savoir qu’il s’est toujours renouvelé dans sa carrière et là, je pense qu’il est intrigué par cette technique. On ne parle pas trop avec Rosinski de technique, traditionnelle ou numérique. Par contre, les originaux revêtent une grande importance car pour ma part, j’ai appris la bande dessinée en allant voir des originaux, en regardant comment les coups de pinceaux ont été mis. Avec quels outils le dessin a été réalisé. A l’époque de mes débuts, il n’y avait pas Internet et je pense que c’est très important de faire des originaux car sinon les générations futures n’auront rien à regarder. Le traditionnel, le numérique, ce sont des techniques et quelles qu’elles soient, on fait toujours de la bande dessinée.  Je ne pense pas qu’aujourd’hui, on voit quelles techniques sont utilisées, mais je pense par contre qu’il est important pour Thorgal qu’il y ait des originaux.

    Je vais sur le prochain album faire en sorte petit à petit de me remettre à faire des originaux.

    C’est une très bonne idée, d’autant plus qu’aujourd’hui, il devient de plus en plus prégnant de ne pas se passer des revenus de la vente d’originaux.

    Bien sûr, ça peut être une part non négligeable dans la rémunération mais au-delà de ça, il y a aussi l’aspect retraite qui permettra peut-être de l’assurer un peu mieux.

    C’est important également de posséder des originaux pour l’organisation d’exposition ?

    Effectivement, après avec quelques auteurs qui travaillent en numérique, on se pose la question de créer des sortes d’originaux à partir de numériques en faisant réaliser un tirage papier de qualité, labellisé, signé et qui serait en quelque sorte le seul et unique original.

    Je ne suis pas convaincu que ça rencontrerait un vif succès.

    Cela pourrait marcher à la condition que beaucoup d’auteurs le fassent. En fait, la question se pose vraiment. C’est vrai que l’on nous demande de faire de plus en plus vite des albums et que se pose le moment de laisser une trace.

    Ne pourrait-on pas alors alterner les pages numériques et traditionnelles dans un album ?

    C’est une solution envisageable d’autant plus quand on sait que l’on va faire une illustration pleine page.

    Concernant les originaux, j’ai lu dans l’interview d’un confrère, que Rosinski continuera à dessiner les couvertures. Est-ce qu’il est prévu que tu les réalises également un peu plus tard ?

    En fait, ça me fait extrêmement plaisir que ce soit Grzegorz qui les réalise. Thorgal, c’est la bande dessinée de mon enfance et j’ai toujours vu Rosinski les faire. Et également, comme j’ai la casquette « cover artist » de la collection Mythologie (éditions Glénat), cela ne me gêne pas que quelqu’un d’autre fasse la couverture à ma place. Je trouve important qu’il y ait une homogénéisation des couvertures pour une série. De plus, c’est quand même Rosinski qui fait les couvertures dont quelques-unes sont vraiment mythiques. C’est pour moi un énorme cadeau, ça me fait extrêmement plaisir.

    Par ailleurs, je sais que s’il arrête la bande dessinée, c’est qu’il a envie de se faire plaisir en faisant de la peinture.

    Revenons à Kriss de Valnor, est-ce que Rosinski est intervenu sur ton dessin ?

    Il est intervenu sur le premier album, alors que je lui avais envoyé les dix premières pages. En redessinant certaines cases, en me montrant les émotions, les intentions qu’il fallait faire passer.  C’était plus un côté didactique qu’autre chose. Les modifications ont porté principalement sur le visage de Kriss, afin de transmettre une certaine émotion. Après, il m’a laissé réaliser l’album.

    Quand je fais une planche, tout est transparent. Je l’envoie à Rosinski, aux scénaristes et à l’éditeur, je montre à tout le monde.

    Alors comment fonctionnez-vous avec le scénariste Mathieu Mariolle, comment recevez-vous le synopsis ?

    Sur le premier diptyque, je suis arrivé alors que tout était déjà à peu près bouclé. Par contre, pour le second, Mathieu a fait un synopsis qu’il nous a soumis (le dessinateur et Gauthier Van Meerbeeck, directeur éditorial des Éditions du Lombard) et après quelques petits ajustements, Mathieu a fait le découpage. De toutes les façons, que ce soit au story-board, au niveau du scénario ou quand je fais mes encrages, il y a la possibilité d’intervenir à tout moment, de modifier. La planche faite, je la scanne et l’envoie au scénariste et à l’éditeur. En début de mois, j’envoie six à sept planches de story-board qui correspondront aux planches encrées réalisées en fin de mois.

    Tu as une puissance de travail, c’est dix à douze heures par jour ?

    Oui, c’est ça et d’autant plus cette année que j’avais un « Neige » à faire ! Je m’étais engagé auprès des deux éditeurs, Glénat pour Neige et Le Lombard pour Kriss de Valnor, à respecter les délais de chacun et ça été complètement transparent pour eux. Maintenant, le challenge est de ne faire que Thorgal pour les deux à trois années à venir, et les couvertures de Mythologie car c’est un vrai plaisir de les dessiner. L’objectif étant de faire un album de Thorgal par an, sachant que je ne ferai pas les couleurs.

    Ne ressens-tu pas alors une frustration à ne pas faire les couleurs ?

     Non, les couleurs de Thorgal, ce n’est pas celles que je ferai.

    Donc, du coup, si tu fais des originaux de Thorgal, il faudra que tu t’adaptes à ses couleurs ?

    Non, on va revenir sur du noir et blanc, je ne vais pas faire de la couleur directe sur les planches de Thorgal. Pourquoi aussi, parce que sa couleur, c’est une patte qui lui est propre ; sa façon de faire les couleurs est hyper personnelle. Honnêtement je peux plus refaire ses encrages que sa couleur. Même si sur Neige, je m’approchais un petit peu de ce côté pictural. En fait, c’est un travail de lumière, c’est très structuré. Comme je travaille en numérique, c’est possible mais ce n’est pas l’intérêt de faire ça. Je pense que beaucoup de lecteurs sont sensibles à l’encrage. Je ne sais pas si c’est mieux ou moins bien mais moi, j’ai envie de revenir à de l’encrage classique comme j’ai fait sur Kriss. Donc, pas de frustration sur la couleur et après, j’ai une approche couleur dans le sens où quand je fais mes encrages, je pense au sens des lumières et à ce que va faire le coloriste après. Pour Gaétan, j’essaie de lui offrir le maximum de documentation, de lui décrire le maximum de mes intentions afin qu’il puisse bien travailler.

    Revenons à Thorgal, de qui sera le scénario du prochain ?

    De Yann, je suis actuellement sur les premières planches. Avec Yann, c’est un bon dialogue qui s’instaure entre nous. Et il y a un truc très marrant, c’est qu’il propose sur son synopsis des versions alternatives et que je suis allé souvent sur ces versions-là ! Il fait en sorte ensuite de réajuster. Ce que je ne sais pas, c’est si c’étaient des perches qu’il me tendait pour voir un peu comment je réagirais. Après les ajustements, il a fait entièrement tout le découpage de l’album, ce que j’aime particulièrement car ça permet à chacun de tenir sa place.

    Propos recueillis par B. LAUNOIS dans le cadre du festival Quai des Bulles de St Malo le 13 octobre 2018

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    C’est très intéressant, notamment toute la partie qui fait bien le tour de la question des originaux numériques. Je pense qu’un auteur qui se retrouve sur une série qui marche et qui peut potentiellement avoir de la valeur, devrait vraiment songer à produire des originaux papier. Ça peut être des images hors albums comme Roman Surzhenko en réalise en ce moment, et ça peut être des planches originales, à la valeur certaine.

    On parle de gens qui bossent comme des dingues pour nous fournir nos beaux albums, je trouve sympa qu’ils se construisent un petit trésor d’images qui peut arrondir leurs fins de mois, compenser les éventuelles périodes moins fastes, ou servir comme dit Fred d’assurance vieillesse.

    Si j’ai bien compris le truc, il pense éventuellement alterner planches « réelles » et numériques, c’est inattendu.

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    Interview sur Ouatch TV

    Chouette interview de Xavier Dorison et Fred Vignaux diffusée ce soir sur Ouatch TV dans l’émission « Trait pour trait », avant de les voir à nouveau réunis (pour les petits veinards) lors de la première Convention Thorgal.

    À une semaine de la convention Thorgal à Paris, Trait pour Trait by OUATCH, le 1er podcast BD qui passe aussi à la télé (le jeudi à 20h) reçoit en exclusivité deux auteurs de la série mythique Thorgal : Xavier Dorison (scénariste) et Fred Vignaux (dessinateur) ! Christophe Vilain et Laurent Turpin (BDzoom, partenaire de Trait pour trait by OUATCH) explorent avec eux les derniers albums parus au Lombard et plus particulièrement le tome 8 de Kriss de Valnor : le maître de justice. C’est aussi l’occasion en cette période de commémorations de la fin de la grande guerre de parler avec Xavier Dorison de l’intégrale qui vient de paraitre : le chant du cygne. Un véritable road movie en pleine première guerre ! Quelques soldats tentent d’atteindre l’Assemblée Nationale pour déposer la pétition de milliers de militaires dénonçant leur misérable vie. Enfin, faisons une halte à Nice dans l’atelier du dessinateur-tatoueur Loic Malnati avec ses pantins magnifiques. Merci à la librairie Album (rue Dante à Paris), du réseau Canal BD, qui nous sert à nouveau de décor !

    http://www.ouatch.tv/bd/trait-pour-trait-s02e09-laventure-thorgal-avec-xavier-dorison-et-fred-vignaux.html

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    Moi qui zappe souvent les vidéos, j’ai regardé celle-ci avec beaucoup d’intérêt.

    L’ambiance est sympa, dans un cadre qui va bien. Surtout, on apprend des choses intéressantes. Comment Xavier Dorison a permis, de façon indirectement directe, de faire aujourd’hui de Fred Vignaux le dessinateur de Thorgal. Un chemin inattendu qui suit la logique du coup de cœur et qui vient de Neige origines.

    On apprend aussi que Fred attend avec impatience un cosplay de la gardienne des clés ! Roh le p’tit cochon !

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    Ça c’est depuis que Fred fréquente ce forum, avant il n’avait pas ces idées cochonnes en tête !  non

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    Interview en octobre pour Thorgal.com

    A chercher un peu partout les différentes interviews de Fred Vignaux, j’en viens à les disperser sur le forum. Alors j’en rassemble à nouveau 3 ici. D’abord celle que j’ai réalisée dans le prolongement de la Fête de la BD de Bruxelles pour Thorgal.com, reprise à cette page du forum.

     

    Thorgal et ses Mondes

    Thorgal.com : Fred Vignaux, comment vous êtes-vous retrouvé dans les Mondes de Thorgal ? Comment avez-vous réagi en recevant cette proposition ?

    J’ai reçu un appel téléphonique alors que j’étais au rayon électrique d’une grande enseigne bricolage. D’où l’intérêt de répondre au téléphone quelle que soit la situation !
    J’ai plutôt été agréablement surpris car je pensais, voyant que l’appel provenait de Belgique, qu’il s’agissait de Time Twins que j’avais fait avec J-C Derrien chez Le Lombard et dont ils cessaient l’exploitation.

    Fred Vignaux : Enfant, vous aviez découvert Thorgal dans le magazine Tintin. L’avez-vous redécouvert suite à votre implication dans les Mondes de Thorgal ?

    J’ai commencé avec le Journal de Tintin et j’ai continué récemment à compléter mes lectures pendant la création de Kriss. Je suis loin d’avoir une connaissance encyclopédique de l’univers de Thorgal ! Mais je m’efforce de combler mes lacunes !

    Quel est votre album préféré de la série, et pour quelle raison ?

    « Alinoë » et « Les Archers » car j’ai commencé avec eux dans le Journal de Tintin.

    Quels avantages – ou inconvénients – trouvez-vous à reprendre une série des Mondes de Thorgal ?

    L’univers de Thorgal est riche, inspirant, porté par une saga familiale haute en rebondissement et des personnages charismatiques ! Quoi de plus motivant ! La charte graphique, même si elle est contraignante (trois strips), stimule la créativité !

    Est-ce que vous ressentez une affinité particulière pour certains personnages de la série ?

    Sans doute Kriss…. C’est le personnage par lequel tout a commencé : au début de mes lectures à l’époque du Journal de Tintin et maintenant en tant que dessinateur des Mondes de Thorgal.

    En reprenant la série Kriss de Valnor, vous dessinez des personnages connus du public. Est-ce plus difficile de les dessiner que de créer de nouveaux personnages ?

    Le challenge est plus difficile sur les personnages « historiques » des Mondes de Thorgal. Le style de Grzegorz évolue tout au long des albums, et la Kriss des « Archers » n’est pas la même que celle de « Kriss de Valnor ». De même, quand Grzegorz bascule en couleurs directes, au-delà du médium et de la technique, les personnages changent également de stylisation. Il faut donc saisir l’essence même des personnages et essayer de la retranscrire du mieux possible ! Pour de nouveaux personnages, c’est plus simple, on reprend des caractéristiques ou morphologies déjà établies, on extrapole et mon style naturel fait le reste !

     

    La série Kriss de Valnor 

    Thorgal.com : Avez-vous reçu des consignes particulières avant d’entamer la série Kriss de Valnor ?

    Fred Vignaux : La « charte des mondes de Thorgal » devait être respectée. Vaste sujet ! C’est à la fois contraignant et terriblement stimulant !

    De quelle manière avez-vous collaboré avec Grzegorz Rosinski ?

    Grzegorz est intervenu au début lors de mes planches d’essai et ensuite une fois les dix premières planches terminées. Nous en avons discuté de vive voix, chez lui en Suisse, croquis à l’appui ! Après m’avoir fait part de toutes ses remarques, il m’a laissé le champ libre.

    Qui a eu l’idée des thèmes des couvertures de vos albums de Kriss ?

    J’ai fait des propositions sur les scènes emblématiques des albums et Grzegorz, avec son talent, a fait le reste. C’était magique de voir les croquis se transformer en véritables peintures ! Quel beau cadeau !

    Comment se passe la collaboration avec votre scénariste Mathieu Mariolle ? Est-ce qu’elle a évolué entre les deux tomes de Kriss ?

    Quand je suis arrivé sur le tome 7, le scénario de Xavier et Mathieu était bouclé, nous n’avons eu qu’à huiler l’ensemble lors de la phase de storyboard ! Sur le tome 8, Mathieu est parti de l’idée commune élaborée avec Xavier et nous a montré une ébauche précise sur laquelle nous avons rebondi avec notre éditeur Gauthier Van Meerbeeck. Il a ensuite réalisé le script final.

    Y-a-t-il des éléments du scénario auxquels vous apportez parfois votre touche personnelle ?

    Comme je suis souvent le premier lecteur, je m’attache surtout à la logique d’enchaînement des situations et des mécaniques scénaristiques. Il y a de multiples situations où cela fonctionne sur le papier machine… mais pas sur le papier Canson.
    Par exemple, – ATTENTION SPOILER – quand dans le tome 08 Magnus lance une liane au-dessus du précipice pour secourir Jolan. À l’origine il s’agissait d’une simple branche tendue, ce qui implique que Joril aurait pu aussi, par la suite, franchir le précipice. Tel que nous avons modifié la scène… ce n’est plus possible. Comme Xavier et Mathieu sont particulièrement à l’écoute, tous ces ajustements se font de manière tout à fait fluide !

    Ces albums ont la particularité d’être divisés chacun en deux histoires parallèles, celle de Kriss et celle de Jolan. Cela complique-t-il votre travail ?

    Pas du tout ! Ça fait plus de décors et d’ambiance à créer… c’est moins monotone pour le dessinateur !

    Avez-vous une préférence pour un des deux récits ? un des deux héros ? un des deux décors de l’histoire ?

    J’ai beaucoup aimé dessiner la partie de Jolan dans le tome 7 car mon style graphique commençait à évoluer comme je le voulais ! Sinon, dans le tome 8, j’aime bien la scène P30 qui est un hommage au tome 28 de Thorgal.

    Vous avez reçu l’aide d’un coloriste pour Kriss de Valnor. Ce n’est pas dans vos habitudes. Comment travaillez-vous avec Gaétan Georges ?

    J’ai toujours pensé mes planches en couleurs… pour Kriss, je pousse l’encrage un peu plus loin et je fais un petit document pour Gaétan dans lequel je décris toutes les intentions couleurs. J’y joins des illustrations pour montrer les ambiances et parfois je pose les valeurs en niveau de gris sur les planches. Après, Gaétan s’en inspire librement. J’ai beaucoup aimé son travail sur « Rock and Stone » et « La horde du contrevent ». Quand je reçois ses planches, je me dis souvent… Waow… ça le fait ! Ses couleurs participent grandement à rendre l’ensemble très thorgalien !

    Entre Neige et Kriss de Valnor, vos albums sortent tous les 6 mois. Comment tenez-vous un rythme pareil ? Allez-vous continuer à dessiner les séries dérivées de Neige ?

    Oui… 4 albums en deux ans, c’est pas mal… plus les couvertures « Mythologie », ça fait beaucoup… tout en maintenant un certain degré d’exigence… je n’étais clairement pas aux 35H !!
    La trilogie « Neige origines » étant bouclée, je vais me consacrer pleinement à Thorgal dans les années à venir.

     

    La série Thorgal

    Thorgal.com : Grzegorz Rosinski vous a désigné comme son successeur pour reprendre Thorgal. Comment avez-vous reçu la nouvelle ? Qu’espérez-vous apporter à la série Thorgal ?

    Fred Vignaux : C’est un immense honneur que m’a fait Grzegorz. C’est aussi une grande responsabilité : Je deviens avec Yann le garant de l’esprit et des valeurs de Thorgal. Graphiquement, j’espère apporter ce que Grzegorz apportait, c’est-à-dire un dessin vivant qui a évolué en fonction de ses sensibilités et envies du moment. Je suis constamment à la recherche de nouveaux moyens et façons de dessiner, mon style peut aussi évoluer…

    Grzegorz Rosinski a fait évoluer son style pictural tout au long de sa carrière. Allez-vous vous rapprocher d’un style en particulier ? Quels conseils recevez-vous de lui ?

    Je vais revenir à son style encré comme ce qu’il faisait avant le tome 29. Avec les couleurs de Gaétan qui sont à mi-chemin entre l’ancien et le nouveau style de Grzegorz, le lecteur ne sera pas perdu ! Sinon, Il m’a demandé de coller au plus juste les personnages… et m’a montré quelques trucs !

    Etes-vous déjà au travail sur le nouveau tome de Thorgal ? Peut-on connaître le nom du scénariste ?

    Oui, j’y travaille… et c’est Yann qui s’occupe avec talent du scénario !

    Nous sortons d’un long cycle des aventures de Thorgal ? Est-ce qu’on repart directement sur un nouveau cycle ?

    C’est une histoire indépendante faisant suite au futur tome 36, les lecteurs hardcore de Thorgal devraient se trouver en terrain conquis ! Est-ce que cela fait partie d’un cycle ?… L’avenir nous le dira !!

    Une petite anecdote sur ce futur album pour titiller l’appétit des fans ?

    Ah Ah !… Bien tenté !  Mais c’est encore trop tôt !

    Un grand merci Fred pour cette interview !

    Merci à toi pour tes longues heures dans les transports et le paquet de Schtroumpfs Haribo !

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    Interview dans le supplément du Casemate n°119 de novembre

    Lu sur Casemate en ligne : https://casemate.fr/vignaux-succeder-a-rosinski-sur-thorgal

    Vignaux : Succéder à Rosinski sur Thorgal…

    Casemate : Vous aviez 5 ans quand est né Thorgal. À quel âge l’avez-vous découvert ?

    Fred Vignaux : Dans les années quatre-vingt, lors de l’épisode des Archers, publié dans le Journal de Tintin. J’ai alors fait connaissance avec Thorgal, mais aussi Kriss de Valnor qui était la vedette de cette histoire. Il m’est arrivé plein de choses rigolotes dans ma vie. Ainsi, j’ai découvert une autre série mythique, Neige, de Gine et Convard, dans le même hebdomadaire. Plus tard, j’ai aussi travaillé sur cette série…

    L’album Les Archers m’a profondément marqué. Il détonnait totalement par rapport à toutes les autres aventures qu’on lisait dans le Journal de Tintin. Le fond était beaucoup plus adulte. Et même tellement adulte que, gamins, certaines scènes nous passaient un peu au-dessus de la tête. J’ai lu Thorgal jusqu’à la fin du magazine. Ensuite, ce fut mes années fac, pendant lesquelles je suis passé à la bande dessinée de SF et à la fantasy, bien présente aux éditions Delcourt.

    Comment définiriez-vous Thorgal ?

    Une grande saga familiale, thème très cher à Grzegorz Rosinski, se déroulant dans un monde viking. Et matinée de fantastique et de SF.

    Comment vous êtes-vous retrouvé à dessiner Kriss de Valnor ?

    Gauthier Van Meerbeeck m’a appelé alors que je m’approvisionnais au rayon électricité d’un grand magasin de bricolage. Il m’a expliqué que lui et les scénaristes Xavier Dorison et Mathieu Mariolle désiraient travailler avec moi. J’ai dessiné les deux derniers albums de la série Kriss de Valnor.

    Où Thorgal apparaît dans le tome 7.

    C’est amusant, en dédicace, je vois tout de suite ceux qui ont lu ce tome-là. Ils me demandent de leur dessiner un Thorgal alors que tous les autres veulent une Kriss de Valnor. Thorgal apparaît aussi dans une scène du Maître de justice, huitième et ultime tome de la série.

    Allez-vous faire évoluer votre dessin de Thorgal par rapport à ces scènes ?

    Kriss de Valnor a été dessinée d’abord par Grzegorz, dans la série principale, puis par Giulio De Vita et Roman Surzhenko dans la série qui lui est consacrée. J’ai pris le relais pour les tomes 7 et 8, où je l’ai adaptée à ma vision du personnage. Thorgal, lui, n’a été représenté que par Grzegorz. Il va donc me falloir essayer de coller à son graphisme, en y instillant ma propre énergie.

    Vous faites-vous une montagne de cette reprise ?

    Vu globalement, effectivement, on peut facilement s’en faire une montagne ! Il faut donc prendre les choses petit à petit, une par une. Vous verrez le résultat dès l’année prochaine.

    Grzegorz Rosinski vous a-t-il passé une bible à respecter ?

    Nous nous sommes vus au début du septième Kriss, alors que j’avais déjà réalisé quelques planches. Il a corrigé certaines choses, fait des propositions. Pareil pour Thorgal, nous nous verrons lorsque j’aurai terminé les premières planches. Et nous discuterons de ses envies. Le but est de publier un Thorgal annuellement.

    Finie la couleur directe ?

    Oui. Je reviens à des couleurs plus simples, comme au début de Thorgal.

    Vous reverra-t-on sur Neige Origines ?

    Non, j’ai réalisé la deuxième trilogie. A priori, une troisième verra le jour, avec un autre dessinateur. Je vais me consacrer essentiellement à Thorgal pendant les deux prochaines années.

    Votre contrat porte sur combien d’albums ?

    Un seul. Mais, s’il est concluant, en principe, je continuerai.

    Propos recueillis par Jean-Pierre FUÉRI – Supplément gratuit de Casemate n°119 – novembre 2018

    https://casemate.fr/vignaux-succeder-a-rosinski-sur-thorgal

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    Entretien sur Auracan paru en novembre 2018

    Entretien avec Fred Vignaux sur Auracan 

    http://www.auracan.com/Interviews/422-entretien-avec-fred-vignaux.html

    Auracan : Le tome 8 du spin-off Kriss de Valnor est le dernier, comment le vivez-vous ?

    Fred Vignaux : Paradoxalement, la fin de cette série est aussi, pour moi un autre commencement. Travailler sur Le maître de justice a été un vrai plaisir et l’album clôt un beau diptyque pour une histoire très cinématographique. Avec Mathieu Mariolle et Xavier Dorison au scénario, il ne pouvait qu’en être ainsi.

    Je m’en suis vraiment rendu compte à la fin car il y a eu des choses esquissées dans le tome précédent qui aboutissent ici. Au final, je trouve que ça se rapproche un peu des  Archers, dans la série-mère, qui constitue en soi un petit film. Et puis, comme cet album-ci s’inscrit dans la continuité de l’univers Thorgal, ce n’est pas vraiment une fin…

    Le maître de justice est fluide dans sa narration, mais n’en est pas moins dense. Certaines planches comportent beaucoup de cases et beaucoup de texte…

    Effectivement, mais ces dialogues permettent de caractériser la psychologie des personnages et il y a aussi des pages beaucoup moins denses. Je trouve que Neige était, de ce point de vue,  beaucoup plus contraignant. Je pouvais néanmoins utiliser les fonds perdus, il y avait des panoramiques… Là, la charte  de Thorgal est plus stricte mais néanmoins créative. C’était aussi un challenge qui ne m’a pas vraiment mis en difficulté. La densité peut aussi représenter un « plus ». Il ne faut que la BD soit lue en 20 minutes, pour moi, c’est important ! Quand on regarde les Thorgal, Van Hamme dit que la série comporte des albums de scénariste et des albums de dessinateur. Donc, quand il présentait un scénario à Rosinski, il lui disait « Tu vois Grzegorz, celui-ci sera un album de scénariste, ce qui veut dire qu’il y aura plus de cases mais la prochaine fois, je te ferai plaisir en te faisant un album de dessinateur ».

    Vous êtes le dernier arrivé dans l’équipe Thorgal et, on l’a appris, vous avez la charge et l’honneur de reprendre la série principale. Cela représente-t-il une grande pression ?

    Même si ça ne fait pas beaucoup, j’ai déjà posé le pied dans cet univers avec les deux albums de Kriss de Valnor. La bande dessinée est un métier solitaire, on est chez soi, on se bat contre soi, ses propres réflexions… Par contre, lors de séances de dédicaces avec les lecteurs de Thorgal qui sont parfois de véritables fans, incollables sur la série, là on se dit qu’effectivement avec Thorgal il faut se mettre un petit peu la pression.

    Comment cette reprise a-t-elle été décidée avec Rosinski ?

    Comme il l’a expliqué en conférence de presse, il retrouvait un peu de lui dans mon dessin. Je pense que c’est surtout cette énergie que l’on essaye de retranscrire. J’aime bien, même dans les paysages, que ça vive et je sais que lui, avec ses personnages, quand on lit un Thorgal, on lit dans le dessin  le reflet de ses émotions tout au long d’une année, tout au long de la création. Le personnage bouge beaucoup et n’est pas forcément constant, c’est ça qui est intéressant. En bande dessinée, on ne fait pas d’illustration, ni de dessin animé. J’estime, et c’est ce à quoi ils parviennent dans les mangas, toute proportion gardée, que le personnage doit vivre en fonction des cases, en fonction de ce qui se passe. Il n’est pas obligatoire qu’il soit toujours pareil, toujours constant. Le dessin des personnages est un peu le reflet de notre humeur du moment, sans que cela varie trop non plus.

    Rosinski est-il intervenu sur votre dessin pour Kriss de Valnor ?

    Il est intervenu sur le premier album, alors que je lui avais envoyé les dix premières pages.  Il a redessiné certaines cases en me montrant les émotions, les intentions, qu’il fallait faire passer, notamment sur le visage de Kriss.  C’était davantage didactique qu’autre chose. Ensuite, il m’a laissé poursuivre l’album. Quand je réalise une planche, je fonctionne en transparence, je l’envoie à Rosinski, aux scénaristes et à l’éditeur, je la soumets à tout le monde…

    De qui sera le scénario du prochain Thorgal ?

    De Yann, je suis  en train de travailler sur les premières planches. Un bon dialogue s’est instauré entre nous et, c’est assez amusant,  il propose des versions alternatives sur son synopsis. J’ai assez  souvent choisi celles-ci. Yann fait ensuite en sorte  de réajuster.  Une fois les ajustements effectués, il procède au découpage de l’album, ce que j’apprécie particulièrement car ça permet à chacun de tenir sa place. Ceci dit, je me suis demandé s’il ne s’agissait pas de perches qu’il me tendait pour voir comment je réagirais…

    Votre charge de travail, de dix à douze heures par jour ?

    Oui, d’autant plus cette année que j’avais aussi un Neige à réaliser ! Je m’étais engagé auprès des deux éditeurs, Glénat pour Neige et Le Lombard pour Kriss de Valnor, à respecter les délais de chacun. Maintenant, le challenge est de me consacrer entièrement à Thorgal pour les deux à trois années à venir, et aux couvertures de Mythologie car c’est un vrai plaisir de les dessiner… L’objectif étant de faire un album de Thorgal par an, sachant que je ne m’occuperai pas des couleurs. Je m’attacherai plutôt à travailler l’encrage, en pensant au sens des lumières et à ce qui va incomber au coloriste lors de l’étape suivante. J’essaye donc de lui fournir le maximum d’indications, de lui décrire au maximum mes intentions afin qu’il puisse ajuster son travail.

    Dans une interview accordée à un confrère, Rosinski annonçait qu’il continuerait à réaliser les couvertures de Thorgal. Est-il prévu que vous puissiez assurer cette partie du travail plus tard ?

    En fait, ça me fait extrêmement plaisir que ce soit Grzegorz qui les réalise. Thorgal, c’est la bande dessinée de mon enfance et j’ai toujours vu les couvertures de Rosinski et comme j’ai la casquette de « cover artist » pour la collection Mythologie (Glénat), cela ne me gêne pas que quelqu’un s’en charge à ma place. Au contraire, je trouve important qu’il y ait une homogénéisation des couvertures pour une série. De plus, certaines de ses couvertures sont quand même devenues quasi-mythiques. Pour moi, c’est plutôt un énorme cadeau. Par ailleurs, je sais que s’il arrête la bande dessinée, c’est qu’il a envie de se faire plaisir en se consacrant à la peinture.

    Vos albums de Kriss de Valnor étaient réalisés en numérique. Rosinski a-t-il apprécié cette technique et qu’en sera-t-il pour Thorgal ? 

    En fait, Rosinski est sensible à la nouveauté, il s’est toujours renouvelé au cours de sa carrière et je pense qu’il était un peu intrigué par cette technique. Mais on ne parle pas trop de ça entre nous. Par contre, les originaux revêtent une grande importance car pour ma part, j’ai appris la bande dessinée en allant voir des originaux, en regardant comment les coups de pinceaux étaient donnés,  avec quels outils le dessin avait été réalisé etc. A mes débuts, il n’y avait que la technique traditionnelle, papier, crayon et encre. Aujourd’hui je pense qu’il est très important d’y revenir pour continuer à montrer cela aux jeunes qui nous succèderont. Le traditionnel, le numérique, ne sont que des techniques qui ont pour finalité la création d’une BD. Je ne pense pas qu’aujourd’hui le lecteur se pose de question quant au choix de l’une ou l’autre, mais par contre il me semble important que l’on puisse continuer à voir et regarder des originaux pour Thorgal.

    Propos recueillis par B. Launois pour Auracan le 13 octobre 2018

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 mois par Tjahzi.
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    Entretien sur Ligne Claire en novembre 2018

    Encore une interview de Fred sur , toujours intéressante à lire car les questions sont complémentaires aux entretiens précédents. Extraits choisis sur : https://www.ligneclaire.info/fred-vignaux-79182.html

    Fred Vignaux prend la relève de Rosinski et sera en dédicace le 30 novembre chez Azimuts à Montpellier

    Fred Vignaux, c’est compliqué de reprendre le dessin de Thorgal ?

    C’est une immense joie mais on revient vite à la réalité, on sait que c’est une grande responsabilité. Il y a beaucoup de lecteurs de cette série. J’ai commencé par Kriss de Valnor mais il y avait déjà eu plusieurs dessinateurs. Thorgal, il n’y a que Rosinski qui l’a dessiné, d’où un challenge graphique.

    Vous avez eu un cahier des charges ?

    Le même que pour Kriss, respecter la charte de Thorgal, une mise en page assez normée. En termes de cadrage, le dessin de Rosinski est assez libre. J’essaye, moi, aussi de varier, avec des plongées, des contre-plongées. Grzegorz est fort dans le domaine.

    Yann maîtrise les deux scénarios. Vous savez où il veut aller ?

    Sur la suite, je n’en ai pas trop parlé avec lui. Pour le prochain Thorgal, le scénario est terminé et je commence les premières planches du story-board. Mais je ne peux pas en dire plus.

    Yann a parlé d’Aniel, personnage extraordinaire, et a dit qu’il fallait revenir à l’ADN de Thorgal, le tout dans des histoires en un album. Remettre en selle les personnages.

    Oui, c’est dans cette perspective, mais effectivement on repart sur les fondamentaux avec une petite part de fantastique ancrée dans la réalité. On ne revient pas sur ce qui avait été fait avant. Les anciens lecteurs vont retrouver leurs marques.

    Qu’est ce qui a été compliqué dans la reprise de Thorgal ? Le dessin empreint de la personnalité écrasante de Rosinski ?

    J’aime beaucoup son dessin fort et libre. Il puise ses origines dans la peinture, avec un encrage puissant. Il a une base beaux-arts, art déco, imprégnée de son passé politique aussi en Pologne. Quand on s’est rencontré pour Kriss, je lui ai demandé pourquoi moi. Il m’a dit parce que tu n’as pas de style. Je suis resté abasourdi. Et d’ajouter : « Oui, tu n’es pas calibré, comme moi, tu as ton style à toi. C’est que j’aime dans ton dessin ». Et j’ai compris qu’on ne sentait pas chez moi d’influences même s’il y a des codes de narration graphique.

    Avec la possibilité de vous libérer ?

    Et de m’adapter. Il regarde le dessin des planches. Il l’a fait pour Kriss.

    Le challenge c’est quand même Thorgal ?

    Oui, c’en est un. Sur Kriss au final, il y a eu plusieurs dessinateurs. Je ne me suis pas collé à leur style. Pour Thorgal, c’est différent. Je vais garder ma mise en scène. Pour les personnages au niveau des expressions des visages je vais me caler sur Grzegorz. Le Thorgal ne sera pas en couleur directe.

    Après votre désignation d’élu parmi les élus, il y a eu de la joie ?

    Oui mais en mettant les mains dans le cambouis, je réalise petit à petit que ce ne sera pas de la tarte. Sur la décision j’étais passif. Maintenant au travail et je ne vais faire que ça. Pour Neige, on va voir ensuite. Donc sur les deux ans à venir c’est exclusivement Thorgal. Sorti du premier dans un an et un titre provisoire, L’Ermite de Skellingar.

    Côté boulot, vous êtes un traditionnel ou un informatisé ?

    Je viens du traditionnel parce que j’ai un certain âge. Pinceau et crayon jusqu’au premier tome de Neige. Par contre les couleurs très vite je suis passé à la palette.

    Donc depuis le tome 2 de Neige, c’est du numérique ? C’est plus souple, plus simple pour vous ?

    Oui bien sûr, je dessine sur écran. C’est la même chose qu’en traditionnel mais ça autorise l’erreur. On peut expérimenter, être plus exigeant, corriger, se planter. En traditionnel, si on est pris par le temps, on ne fait pas cet effort. La BD, ce n’est pas de l’illustration. Tous les dessins ne sont pas exacts. L’avantage est la rapidité et modifier. Je pars du scénario et je fais des sortes de timbres-poste, des petits dessins de page et j’attaque le story-board avec un crayonné rapide au format final des pages. Avec bulles et textes. Je pousse le story-board et je le présente au scénariste et à l’éditeur.

    Des retours entre vous ?

    Oui, on discute. J’ai pu aussi faire des modifications de texte, ma propre mise en scène. Un peu d’huile dans les engrenages, voir ce qu’il peut se passer hors champ. Il ne faut pas tout montrer. La BD ce n’est pas du cinéma où on ne peut pas revenir en arrière. En BD, on peut s’autoriser à s’attarder sur une case tout en restant fluide. Avec Yann, j’ai en main le chemin de fer du prochain Thorgal, un synopsis détaillé. Il m’a proposé des options différentes pour des scènes et on a fait des choix. Il a tout raccordé ensuite.

    Au fait, vous n’avez pas de planches originales ?

    Non. C’est horrible (rires). Mais j’ai pu faire deux Kriss en un an. C’est un équilibre. Plus vite et pas d’original à vendre. Gregor m’a dit : « Fred il faut que tu penses à ta retraite ». Le prochain Thorgal sera en tradi avec des planches. Je vais retrouver le plaisir de la matière. J’ai appris la BD en allant voir des expositions de planche originales. On voit l’exigence du dessinateur. C’est un métier d’artisan et d’excellence.

    Quels sont les styles de BD que vous aimeriez faire ?

    De la BD d’aventure, le médiéval fantastique. Je n’aime pas trop dessiner la réalité. Je la vois tous les jours. Il faut que je m’évade comme dans Neige, que je créé des univers. La météo dot être adéquate avec ce qui se passe. J’aime la rendre palpable.

    Le jeu vidéo, vous êtes concerné ?

    C’est l’ennemi du dessinateur car chronophage. J’ai mis de côté mais je peux regarder des gens en train de jouer pour voir les décors. La créativité est aujourd’hui dans le jeu vidéo. C’est intéressant pour que ceux qui aiment le jeu viennent à la BD en sachant ce qui se fait. Pour bien travailler en BD, il faut éliminer les tentations et je travaille en atelier aussi pour ça avec plusieurs auteurs.

    Vous êtes à la base un scientifique de formation. Qu’est-ce qui vous a pris de passer à la BD ?

    Depuis mon enfance je dessine. Comme j’étais bon en maths, j’ai fait des études scientifiques et j’ai bifurqué mais elles m’ont donné une rigueur pour la suite. J’ai passé des concours dans l’administration, muté dans Nord. J’ai pris des cours du soir. Muté à Paris, j’ai continué. Je suis passé en temps partiel et j’ai commencé à développer mes projets. Actuellement hormis Thorgal, je fais les couvertures des albums Mythologie chez Glénat. Compliqué de faire des couvertures qui aient de l’impact. Pour Thorgal, c’est important que ce soit Grzegorz qui les fasse. Il a des envies de peinture. J’ai vu son atelier pas rangé et il y avait empilé toutes les couvertures de Thorgal. Un bonheur.

    Vous êtes quelqu’un qui sait où il va, carré, cadré.

    Ma formation sûrement scientifique mais je ne suis pas le seul en BD.

    Pour finir, ce n’est pas simple la vie pour les auteurs de BD ?

    C’est simple de signer un contrat en BD mais difficile d’en vivre. Avec la surproduction les enveloppes diminuent. Pour des générations précédentes c’était plus facile. Les jeunes acceptent des tarifs faibles et les statuts sont précaires. Les réformes récentes ont été unilatérales et pénalisent la profession.

    Source : Ligne Claire

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    Tjahzi a écrit

    Pour finir, ce n’est pas simple la vie pour les auteurs de BD ?

    C’est simple de signer un contrat en BD mais difficile d’en vivre. Avec la surproduction les enveloppes diminuent. Pour des générations précédentes c’était plus facile. Les jeunes acceptent des tarifs faibles et les statuts sont précaires. Les réformes récentes ont été unilatérales et pénalisent la profession.

    Source : Ligne Claire

    Et il ne faut pas oublier le passage de la TVA de 5,5% à 20% qui a mis un sacré coup à la profession, au marché de la BD et du livre en général…

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    En fait, quand Fred dit qu’il bosse 10 heures par jour, c’est parce qu’il répartit les tâches :

    – 9h pour les interviews
    – 1h de dessin (sauf si les interviews débordent)

    Ça doit être curieux à vivre cet ouragan médiatique. Mais il a l’air très à l’aise dans l’exercice.

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    Dédicaces

    Stéph, tu as oublié de tenir aussi compte des temps de dédicaces.

    Ah mince, il n’y a plus de temps pour dessiner Thorgal !  :o

     

    Fred Vignaux a participé le week-end dernier au Festival BD Boum à Blois.

    Il sera à nouveau en dédicace dans les prochains jours.

     
    – Le 30 novembre à 15h à la librairie Azimuts à Montpellier

    – Le 1 décembre de 14 à 18h à la librairie BD&Cie à Narbonne

    – Le 6 décembre à 14h à la librairie Ça va buller à Strasbourg

     

    http://www.lelombard.com/actualites-agenda-bd/dedicaces

     

    • Ce sujet a été modifié le il y a 2 semaines et 2 jours par Tjahzi.
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    Dédicace à Strasbourg

    Aujourd’hui, Fred fêtait la Saint-Nicolas chez Ça va buller à Strasbourg.  :)

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    Rencontre à Montpellier

    Au détour de sa séance de dédicace à Montpellier, Fred a répondu à un court entretien, où il parle un peu de son travail sur le prochain album de Thorgal.

    Source : Ligne Claire sur youtube

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    Fit

    Belle interview pleine de respect. J’ai une confiance totale en Fred Vignaux qui est conscient de sa responsabilité et qui a le talent nécessaire pour l’assumer !

    Immense « ? » sur le scénario en revanche. Si l’histoire n’est pas excellente, tous ses efforts seront vains.

     

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    La sagesse des mythes

    Fred a la chance de voir son oeuvre apparaître en grand format dans le métro parisien !  :D

    Fred a dessiné depuis 2016 les couvertures de La sagesse des mythes aux éditions Glénat. Cette collection sur la mythologie grecque, conçue et écrite par Luc Ferry, devrait compter 30 tomes. Les 10 premiers ont été présentés ICI l’année dernière. Voici les 5 albums illustrés en 2018 par Fred Vignaux.

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    Cool, il y a aussi des mythes un peu moins connus, comme Midas!

26 messages de 81 à 106 (sur un total de 106)


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