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La malédiction d'Odin

Collection - Jeu vidéo

Collection – Le jeu vidéo

Attendu avec impatience par les fans de Thorgal, le jeu vidéo « La Malédiction d’Odin » fut la première adaptation hors BD des aventures du viking balafré — en attendant les éventuels dessins animés ou films qui sont en projet depuis des années.

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Le jeu a été édité en 2002 par Cryo Interactive, société française disparue peu après. Il n’a existé que sur PC.
La version Playstation n’a ainsi jamais vu le jour, et le jeu n’a pas eu le support nécessaire après sa sortie, notamment pour corriger un certain nombre de bugs. On peut même penser que la phase finale de son développement a été tronquée…

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Le jeu a été réédité et proposé à petit prix en 2005 par The Adventure Company, notamment en presse. On peut parfois le trouver en vente en ligne ou sur les sites d’enchères, pour quelques euros. Une version américaine renommée « Curse of Atlantis : Thorgal’s quest » a tenté de faire connaître Thorgal outre-Atlantique.
Enfin, le jeu fut également distribué sous le nom de « Thorgal : Odin’s curse », avec une jaquette différente, et dans d’autres pays comme l’Allemagne ou la Pologne.

L’histoire

visuel jeu vidéo thorgal

Un village viking, sur une côte désolée.

Scrutant l’horizon dans l’espoir d’apercevoir le soleil, un homme se tient seul sur le ponton balayé par le vent. Cet homme s’appelle Thorgal, et il est bloqué depuis plusieurs jours déjà par une tempête qui n’en finit pas.

Ses pensées vagabondent… vers sa femme, la douce Aaricia…
Vers ses enfants, Jolan et Louve…
Vers l’île où sa famille l’attend, si proche et si lointaine à la fois.

Non ! Il ne restera pas un jour de plus ici !

Un jeu plutôt joli

Le jeu occupe un peu moins de 440 Mo. Il est maintenant ancien (2002) et fonctionne donc sans problème avec des ordinateurs datant un peu. Mais il a malheureusement beaucoup de mal à fonctionner sur les ordinateurs récents.

La malédiction d'Odin

Les graphismes sont le point fort du jeu.
Le pari a été d’intégrer des personnages en 3D dans un environnement 2D, et il est réussi. Les fonds d’écran sont fins et replongent bien dans l’ambiance des albums. Les personnages sont bien modélisés et facilement reconnaissables. Ils s’intègrent très bien dans les décors. Bon point aussi pour les ombres de ces personnages, qui suivent très bien les contours des décors.

La malédiction d'Odin

De courtes scènes cinématiques ponctuent les moments cruciaux du jeu. Elles sont bien réalisées, très agréables, mais les graphistes ont manifestement peiné à reproduire en 3D le visage de Thorgal, qui se retrouve avec une tête d’assassin un peu benêt. Bouh qu’il est vilain ! Il ferait peur, même en plein jour !

La malédiction d'Odin

Les fonds d’écran sont statiques mais les personnages s’y déplacent naturellement.

Un reproche : quand un personnage change de direction, le héros notamment, il tourne sur lui-même comme une toupie (tournicoti-tournicoton) comme s’il lévitait légèrement au-dessus du sol. Un mouvement plus naturel aurait été souhaitable, surtout pour Thorgal !

La malédiction d'Odin

Côté musique et sons, l’ambiance est assurée. Les bruitages sont rares mais corrects, les musiques très convenables. Les voix des acteurs sont agréables, bien que parfois un peu couvertes par la musique.

On peut choisir d’afficher les dialogues en bas de l’écran, ce qui est bien, de les faire passer avec un clic droit de la souris, ce qui est bien aussi, mais ils sont bourrés de fautes d’orthographe.

Une jouabilité en demi-teinte

Le jeu est très facile d’accès. Les habitués du jeu d’aventure « à l’ancienne » ne seront pas dépaysés. Tout se gère à la souris.
Vous incarnez Thorgal et le dirigez à travers des écrans fixes. Le passage d’un écran à l’autre est rapide. Le personnage réagit bien aux clics de souris et un double-clic le fait courir ou, plutôt, trottiner. Le jeu est divisé en plusieurs chapitres. Au fur et à mesure de la progression, des vignettes s’ajoutent dans le journal de bord du héros pour former des pages d’album en noir et blanc. En cliquant sur les vignettes de cet album, dessiné par Rosinski lui-même, on peut revivre l’histoire, narrée par Thorgal. Joli concept.

La malédiction d'Odin

L’histoire n’est pas particulièrement passionnante mais se suit avec plaisir, d’autant qu’elle permet de visiter de nombreux lieux emblématiques, du Deuxième Monde au vaisseau atlante, du royaume des ombres au village des Vikings.

Les scènes de combat sont rares. Le héros déteste la violence et essaie donc toujours de se débarrasser de son adversaire sans le tuer, en se servant de son environnement. Des casse-têtes ponctuent aussi le jeu et rompent la monotonie.
Le jeu est très linéaire. Pas question de sortir de la trame établie, d’aller se promener dans les bois ou de casser la croûte. Vous devrez suivre pas à pas, dans l’ordre, un cheminement précis. L’avantage est que les joueurs jeunes ou peu habitués sont susceptibles de bien s’en sortir.

La malédiction d'Odin

Mais malheureusement, il faut bien reconnaître que le jeu souffre de quelques défauts majeurs.
Tout d’abord, de nombreux bugs graphiques ternissent l’aspect du jeu. Thorgal traverse des murs, des rochers, des objets.
Autre point, plus ennuyeux. Les graphistes ont choisi une méthode originale pour trouver les objets disséminés dans le décor : au passage du curseur, l’objet devient plus clair. L’effet visuel est joli, mais le curseur ne change pas de forme. Alors on passe parfois son temps à fouiller l’écran, pixel par pixel, pour trouver le petit objet caché dont on a besoin. Irritant.

visuel jeu vidéo thorgal visuel jeu vidéo thorgal

Avant… …Après !

Mais cela n’est rien par rapport aux nombreux bugs qui viennent bloquer le jeu régulièrement, obligeant à repartir de la dernière sauvegarde (on peut heureusement sauvegarder à tout moment). Ces bugs auraient nécessité un patch correctif, qui n’est jamais venu… Pour 45 euros en 2002, la pilule passait plutôt mal. Le jeu serait-il sorti un peu tôt ?

Il a également une durée de vie très limitée. Les joueurs chevronnés le finiront en quelques heures. Là aussi, à 45 euros la galette, pas mal de joueurs ont grincé des dents.

Tout cela est ennuyeux, mais le plaisir est ailleurs. Beaucoup de ceux qui ont acheté ce jeu l’ont fait pour le nom qui est inscrit sur la jaquette : « THORGAL ». Et c’est bien là qu’est le vrai intérêt de ce titre : il nous donne l’opportunité de vivre une expérience dans le monde de Thorgal, en jouant son rôle. Il nous permet de le voir bouger, de l’entendre parler, de vivre autrement la passion que suscite la série de Van Hamme et Rosinski.

Le bilan

visuel jeu vidéo thorgalDes qualités graphiques et sonores indéniables, mais une jouabilité et une durée de vie limitées, notamment par les nombreux bugs.

Le jeu est ancien…

Malgré tout, l’univers dépeint vaut largement le détour !

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