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Les dieux ont mis un homme à l'épreuve

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Biographie

Frédéric Vignaux
© Bulles de Salon

Frédéric Vignaux

Fred Vignaux est le dessinateur de Thorgal depuis le tome 37, ainsi que de deux tomes de Kriss de Valnor.

D’origine toulousaine, il est né en 1972. Il vit actuellement en région parisienne.

Fred a toujours eu un crayon à la main, dessinant dans les marges de ses cahiers d’écolier ou se plongeant dans les séries à suivre du journal Tintin, dans les années 80. Il prend des cours de dessin, mais se rend vite compte que c’est bien l’univers de la BD qui l’intéresse. Il veut raconter des histoires, avec des images.

Mais le garçon est raisonnable — ou raisonné — alors il mène des études scientifiques, entre Toulouse et Montpellier, avant de devenir fonctionnaire dans l’administration et de partir dans le nord de la France, à Lille.

Le virus de la BD vient tout de même régulièrement le taquiner. Alors Vignaux opte pour le temps partiel et rejoint Paris. Il y découvre les ateliers de BD et le quotidien de ceux qui vivent avec un crayon, un pinceau ou une tablette graphique à la main. Une page se tourne.

Premiers projets

Vignaux suit alors les cours du soir de l’école Jean Trubert, à Paris. Il est accompagné par un ami, Éric Pailharey, rencontré au cours d’un jeu de rôle grandeur nature. Une autre passion de Vignaux. Ensemble, les deux camarades développent une histoire en se répartissant déjà les rôles : Fred sera au dessin, Éric écrira les scénarios.

Après quelques courts récits pour des concours et des fanzines leur permettant de parfaire leur collaboration, ils obtiennent un premier prix au festival BD d’Igny. Ils enchaînent alors avec un récit complet, L’ombre des anciens, qui sera le projet de fin d’études de Vignaux dans son école d’arts graphiques. Les deux amis se rapprochent alors des éditeurs pour leur présenter leurs travaux. Ils signent leur premier contrat, et c’est en juin 2002, chez Pointe Noire, que le premier tome de ce qui doit être une trilogie sort de l’imprimerie.

Mais au moment où l’album s’apprête à être distribué, l’éditeur doit cesser ses activités. « Voir Flarbeuf et déguerpir », le premier tome de L’ombre des anciens, ne sera jamais distribué. Et c’est donc Vignaux lui-même, au cours des mois qui suivent, qui assure la promotion et la vente de son album au cours de différents festivals BD. Nous sommes en 2002, l’année de ses 30 ans.

Un choix de vie

Après cette première expérience malheureusement incomplète, Vignaux ne s’éloigne guère du milieu de l’art et de la bande dessinée, mais il retrouve à temps plein son travail dans l’administration. Pailharey ayant rejoint l’Agence Spatiale Européenne, ils réalisent ensemble des albums institutionnels présentant de grands projets scientifiques du début du siècle, comme la mission Cassini-Huygens, Galileo, ou le grand collisionneur de hadrons. Les deux compères continuent à imaginer des projets communs, sans parvenir à les faire signer par un éditeur.

Vignaux rencontre alors le scénariste Jean-Christophe Derrien au cours d’un festival BD. Les deux hommes s’entendent bien et se mettent à évoquer l’histoire de deux jumelles qui remonteraient le temps pour remplir des missions, au service d’une organisation secrète. Les jumelles s’appellent Cybill et Cynthia, elles sont lycéennes le jour, voleuses la nuit, et leur duo fait son apparition en 2007 dans une toute nouvelle série, Time twins.

Derrien et Vignaux signent pour trois albums au Lombard. Pour le dessinateur, c’est le déclic, car plusieurs années de dessin seront nécessaires pour remplir ce contrat. Il quitte alors son poste de fonctionnaire pour devenir dessinateur à temps plein.

D’un projet à l’autre

Pour ses premiers albums, Vignaux développe un style graphique semi-réaliste proche de ce qu’il appréciait en BD au cours de son adolescence. On retrouve ce style dans la trilogie Time twins, dont les albums sont nommés en fonction des dates auxquelles les deux jumelles sont projetées au cours de leurs aventures. Ce sera donc « 15/02/29 », « 22/08/79 » et « 06/07/09 ».

La série n’est malheureusement pas poursuivie au-delà de ce premier cycle, clos en 2009.

Au cours de la même période, Vignaux est contacté par Raphaël Tanguy, un scénariste qui s’occupe d’un festival BD en Normandie et fait éditer des albums essentiellement destinés au marché régional. C’est ainsi qu’il participe à un album collectif, le tome 2 des Histoires et légendes normandes édité par l’association l’Eure du Terroir. Il dessine une adaptation de l’histoire « Le loup et les biquets » et illustre la couverture du premier tome de la collection.

Fred travaille ensuite sur un autre projet collectif, le tome 3 de l’adaptation en bande dessinée des aventures d’Arthur et les Minimoys. « La guerre des deux mondes » vient ainsi clore la trilogie. L’album est réalisé en un temps record, quelques semaines, avec des crayonnés de Cécile Brosseau et les couleurs de Camille, Vignaux étant chargé de l’encrage des planches (sur un scénario de Christophe Lemoine, adapté de l’œuvre de Luc Besson).

Vignaux rencontre alors Patrick Hourcade au Salon du livre. Hourcade est éditeur chez Glénat, et souhaite lancer un nouveau label nommé Drugstore. Fred retrouve alors son compère Éric Pailharey autour d’un nouveau projet commun, proposé à Glénat. Ce sera L’appel des légendes.

Dans cette nouvelle série, on suit une équipe d’aventuriers membres d’une agence gouvernementale française, spécialisée dans la traque de créatures surnaturelles. Seuls quelques humains, descendants de mages, sont capables de repérer ces créatures et de permettre une prise de contact avec leur univers. La série explore ainsi les mythes anciens de l’humanité, en misant sur l’action et l’aventure. Fred se charge également d’une partie de la mise en couleur.

La série s’arrête au tome 2, avec une histoire complète nommée « Opération Claymore », mais Vignaux va rencontrer chez Glénat des auteurs qui vont l’accompagner dans un bouleversement de son approche de la bande dessinée.

Réalisme et palette graphique

Dans L’appel des légendes, le dessin de Vignaux avait déjà commencé une mutation vers un réalisme plus présent, avec une mise en couleurs réalisée avec l’outil informatique. Le changement sera plus profond pour ses œuvres suivantes.

Chez Glénat, il rencontre Didier Convard, célèbre scénariste de Neige, Le triangle secret, Finkel, Brunelle et Colin… Avec lui et avec le scénariste Éric Adam, Vignaux réalise l’album Le pendule de Foucault. Plusieurs centaines d’années après une guerre apocalyptique, les vestiges de l’humanité émergent à peine des cendres de l’ancien monde. Les survivants obéissent désormais aux lois d’une religion unique qui les maintient dans l’ignorance. La jeune Kunnskap va entrer en lutte contre les règles établies, et partir à la recherche de preuves menant au progrès scientifique.

L’album paraît en 2012. Plus réalistes et détaillés, le dessin et les couleurs de Fred lui ouvrent de nouvelles possibilités. Toujours chez Glénat, on lui confie ainsi en 2013 la réalisation du deuxième tome d’une nouvelle collection ambitieuse, Ils ont fait l’Histoire. La collection réunit les biographies dessinées et romancées de grands hommes et femmes de l’Histoire. Parmi eux, Fred dessine le parcours du chef gaulois « Vercingétorix » (scénario de Convard, Adam et Stéphane Bourdin, paru en 2014).

C’est en observant le travail de Fred sur cet album que Didier Convard remarque et apprécie des paysages enneigés réalisés par son dessinateur. Cela tombe bien, car il recherche quelqu’un pour dessiner la préquelle de sa série phare. Le trio Convard-Adam-Vignaux se reforme alors pour le lancement de Neige origines.

Neige est une série mythique, dessinée par Christian Gine. Le premier tome date de 1987, et la série égraine depuis, peu à peu, une douzaine d’albums, lentement, auprès de fans attendant la suite avec espoir. Dans un monde post-apocalyptique, l’Europe est désormais recouverte de glace, à cause d’un dérèglement climatique majeur. Une horrible maladie nommée le mal d’Orion s’est répandue, et l’Europe a été coupée du reste du monde. C’est dans ce monde froid et misérable, revenu à un Moyen-Age technologique, que le jeune Neige grandit auprès d’un homme mystérieux et respecté, Northman.

Neige origines permet de revenir aux premières heures de l’histoire des personnages de la série originelle. Trois albums vont paraître de 2015 à 2018, « Les douze », « Eden » et « Le paradis perdu ».

Tout en tournant désormais son trait vers un réalisme détaillé, Vignaux choisit à partir du deuxième tome de Neige origines de travailler désormais exclusivement sur tablette graphique, aussi bien pour les crayonnés, l’encrage et la mise en couleurs.

Tête de gondole

Une chose en amenant une autre, ce sont cette fois-ci les couvertures de la série Neige origines qui plaisent énormément à Glénat et mènent Fred Vignaux vers de nouveaux horizons. On lui propose de participer à un nouveau projet très ambitieux, la création d’une collection nommée La sagesse des mythes.

Sous la direction du philosophe et ancien ministre Luc Ferry, et sur des scénarios de Clotilde Bruneau, la collection revisite les mythes les plus célèbres de l’Antiquité, Héraclès, Midas, Ulysse, Jason, Thésée… Chaque album étant réalisé par un dessinateur différent, les couvertures de Fred permettent à la collection de bénéficier d’une unité visuelle bienvenue, et surtout d’illustrations magnifiques et inspirées, qui contribuent largement à son succès.

Avec Neige origines et les couvertures de La sagesse des mythes, le dessinateur se retrouve en tête d’affiche de nombreuses librairies. Et c’est le moment choisi par Le Lombard et par le nouveau scénariste de Thorgal et Kriss de Valnor, Xavier Dorison, pour faire le tour des rayons BD à la recherche de nouveaux talents.

Thorgal, la divine surprise

En effet, en 2016, l’éditeur de Thorgal est à la recherche d’un dessinateur pour l’une de ses séries-phares, Kriss de Valnor. Après le départ de Giulio de Vita, Roman Surzhenko avait accepté de dessiner un tome — le sixième, « L’île des enfants perdus », paru fin 2015 — mais le dessinateur russe était déjà bien occupé avec les deux autres séries des Mondes de Thorgal, Louve et La jeunesse de Thorgal.

Parti en quête d’un nouveau camarade, Dorison est frappé par l’ambiance et la force visuelle des couvertures réalisées par Vignaux. Contacté par Le Lombard, celui-ci découvre qu’on lui propose de participer à un monument de la BD franco-belge, Thorgal !

Tout en continuant et terminant le cycle de Neige origines, en trois tomes, Fred rejoint donc l’aventure Thorgal avec tout d’abord un premier album de Kriss en 2017, « La montagne du temps », sur un scénario de Dorison et Mathieu Mariolle, avec des couleurs réalisées par Gaétan Georges. Puis il clôt la série en 2018, sans Dorison mais avec Mariolle. Ce huitième tome, « Le maître de justice », termine le long cycle d’aventures commencé près de 10 ans auparavant. Mais l’histoire ne s’arrête pas là pour Fred Vignaux.

Car un autre auteur est tombé sous le charme de son dessin. Grzegorz Rosinski, le créateur de la série.

Désireux de passer le flambeau à un nouvel dessinateur, Rosinski fait le choix de confier la série originelle, Thorgal, à une nouvelle équipe d’auteurs. Et c’est donc sur un scénario de Yann, avec des couleurs de Georges et un dessin de Vignaux, que « L’ermite de Skellingar », 37ème tome de la série, paraît en novembre 2019.

Vous trouverez tous les détails et anecdotes ayant marqué ces rencontres, dans un entretien bientôt en lien sur cette page.

Désormais pleinement consacré à Thorgal et à ses futurs albums, Fred Vignaux poursuit en 2020 le travail sur les planches du prochain album, tout en continuant à réaliser les couvertures de La sagesse des mythes quand il a besoin de remettre de la couleur dans son travail.

Et Thorgal poursuit sa route…

Dans l’atelier de Vignaux – Comparaison images/scénario de Kriss de Valnor 8

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