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Romans

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Des cases en mots

Collection - Romans

Première adaptation en roman

La première adaptation des aventures de Thorgal en roman a paru en novembre 2009. Ce fut une parution surprise, aucune publicité n’ayant précédé ou accompagné la venue de l’ouvrage. Après avoir acquis les droits de l’adaptation, les Éditions Milan — spécialisées en littérature jeunesse — ont proposé à Amélie Sarn, un auteur travaillant régulièrement avec eux, de relever le défi.

Une couverture signée Rosinski

Joli livre à la couverture souple, le premier tome profite tout d’abord d’une illustration superbe, réalisée par Grzegorz Rosinski spécialement pour le roman. On y voit Thorgal et Aaricia, enfants, affrontant de multiples dangers. Le dos du livre est très semblable à celui des albums avec ses frises et sa famille Aegirsson, accompagnés de quelques mots de Jean Van Hamme.

roman 1

Quelques chiffres ? Un prologue, 24 chapitres et 286 pages. Le livre est une adaptation des deux premiers albums de Thorgal (« La magicienne trahie » et « L’île des mers gelées »), précédés de certaines histoires extraites de « L’enfant des étoiles » (7ème album) et « Aaricia » (14ème).

Redécouvrir l’histoire

Amélie Sarn a choisi de rendre aux aventures de Thorgal leur chronologie naturelle. Le livre commence donc par un prologue qui pose l’ambiance, adaptation fidèle de l’histoire « Le drakkar perdu » extraite de l’album « L’enfant des étoiles ». Dès ce prologue, les caractères sont forts, la nature est dangereuse, le Viking est rude et tenace. Et Thorgal fait son entrée ! Tout en respectant l’esprit qui anime la BD, ce prologue est intéressant car grâce à l’espace et à la liberté qu’offrent les pages d’un livre, il va plus loin que l’histoire originelle. Un exemple ? Les hommes à bord du drakkar de Leif obtiennent un nom, pensent et agissent, ce qui leur permet d’exister davantage.

visuel illustration thorgal 1

La première partie du livre est peut-être celle qui s’éloigne le plus des albums, mais aussi certainement celle qui plaira le plus aux lecteurs de Thorgal. Sur les six histoires d’enfance des albums « L’enfant des étoiles » et « Aaricia », seules trois sont adaptées, assez fidèlement : « Le métal qui n’existait pas », « Les larmes de Tjahzi » et « Holmganga ». Les deux premières sont des purs moments d’heroic fantasy, des respirations dans l’histoire qui posent les bases du multi-univers qui est la norme dans Thorgal, avec sa magie, ses monstres et ses dieux.

Le reste, la majeure partie du début du livre, est une adaptation beaucoup plus libre de l’enfance de Thorgal. On y découvre sa maison, ses parents adoptifs, ses amis, ses jeux d’enfant. Profitant là-aussi de l’espace d’expression que libère le roman, Amélie Sarn nous offre une vision personnelle mais juste, et cohérente, de ce qu’a pu être l’enfance du héros. Quelques joies, mais beaucoup de drames, des blessures, et surtout une quête d’identité permanente au sein d’un peuple qui ne l’accepte pas. On voit grandir un enfant rejeté en permanence, mâture avant l’âge. L’auteur pioche des éléments dans la saga et les redistribue tout au long de son histoire en n’hésitant pas à remanier ce qui lui a paru illogique ou difficile à adapter tel quel. Ainsi, dans la deuxième partie du roman, la venue de Slive, et ses agissements, sont beaucoup plus cohérents dans le roman que dans la BD ! Le recul permet ainsi de mieux intégrer l’histoire de « La magicienne trahie », souvent perçue comme une introduction à la série. Autre exemple, si la rencontre avec Xargos (vue dans l’histoire « Le talisman ») a disparu, le disque blanc entrevu pendant cette rencontre devient un objet omniprésent que Thorgal s’efforce de préserver tout au long de sa vie. Avant, peut-être, d’en découvrir le sens dans le prochain roman.

Des seconds rôles étoffés

Si Thorgal — ou ponctuellement Aaricia — est au cœur de l’histoire, les seconds rôles vikings s’étoffent et s’imposent. Gandalf et Leif bien sûr, mais aussi Jorund ou Bjorn qui forment avec Thorgal, dès l’enfance, un triangle de haine et d’amitié, sur fond de rivalité politique. D’autres seconds rôles s’effacent (Hiérulf-le-penseur) ou s’affirment (Gunnar, le prêtre-sorcier du « drakkar perdu »), de nouveaux personnages apparaissent (Astrid, Ulf, Yvir, Olvir…) et deviennent des acteurs naturels de l’histoire.

 visuel illustration thorgal tome 1Le quotidien viking est retranscrit de façon réaliste et documentée, tel qu’on peut se l’imaginer. Une vie rude et fragile, rythmée par les saisons et par l’appel de la mer. Le village et les hommes évoluent au fil de l’histoire, de la vie tranquille et sobre sous Leif à la cruelle prospérité qu’apporte Gandalf. Thorgal change aussi, notamment dans ses rapports avec les Vikings. Sa soif de reconnaissance, balayée par la haine ou l’indifférence des siens, laisse place à la douleur, à la rage, puis à l’acceptation : ce n’est pas chez les Vikings que Thorgal trouvera sa place. Le jeune homme abandonne ses illusions et façonne sa vie autour d’une âme unique, celle d’Aaricia. De façon sûrement excessive puisqu’elle devient l’unique point d’ancrage de son univers, avec les conséquences que l’on imagine si elle venait à disparaître… A voir dans le prochain roman…

Une adaptation équilibrée

« L’enfant des étoiles » est un bon livre, bien écrit, pour tous publics.

Une BD qui devient un roman, la démarche est assez nouvelle, même si on s’habitue à voir les héros sur différents supports (films, jouets, jeux vidéo ou autres). On parle de plus ici d’une saga ayant trente années derrière elle, bien installée, bien connue. Avec un double risque, celui de rester trop proche de l’histoire ou celui au contraire de la trahir.
Trop proche de l’histoire, l’adaptation perdrait de son sens, d’autant que le rythme et le découpage d’une bande dessinée et d’un roman ne sont guère compatibles. Trop éloignée, l’adaptation aurait bien du mal à trouver son public chez les fans du Viking !

Amélie Sarn a su réécrire l’histoire pour nous en proposer une version fluide et cohérente, fidèle sans trop l’être, qui complète agréablement les albums et trouve sa place dans la bibliothèque du fan. C’est aussi un livre pour ceux qui ne connaissent pas Thorgal et pourront ainsi découvrir son univers.

visuel Couverture thorgal tome 1 planche

Au-delà des ombres

Paru en novembre 2010, le second roman s’intitule « Au-delà des ombres », du nom du cinquième album de Thorgal. Il revient sur les heures sombres qu’a connues Thorgal peu après son mariage avec Aaricia, jusqu’à sa première rencontre avec son fils au cœur de la forteresse de Shardar-le-puissant.

La couverture de Grzegorz Rosinski, une nouvelle fois magnifique, est un patchwork de personnages de la saga Brek Zarith. Un vrai bonheur de retrouver en images et en mots ces héros d’histoires appartenant aux premières heures de la série !

roman 2

Les aventures au pays d’Aran mises de côté, ce second roman se consacre donc tout entier au cycle de Brek Zarith qui marque le premier gros temps fort de la série. Comme dans le premier tome, les seconds rôles s’expriment particulièrement, notamment Galathorn, dont la fuite est le fil rouge du premier tiers du roman, et Wargan qui s’affirme et dévoile des talents insoupçonnés.

On y découvre les errements politiques du royaume de Shardar, la façon dont il a pris le pouvoir, la vie de Galathorn avant les événements dépeints dans la série. On suit aussi les préparatifs de l’assaut sur la forteresse… Les nombreuses zones d’ombre offertes par Jean Van Hamme à l’imagination du lecteur sont comblées par Amélie Sarn.
Certains albums de la collection des Mondes de Thorgal ayant la même vocation, il sera intéressant dans quelques temps de comparer les romans et albums pour juger de la cohérence d’un univers désormais décliné sous différentes formes. Une suite était attendue pour ces deux romans, mais l’éditeur n’a pas souhaité poursuivre l’aventure.

(illustrations extraites de l’album « L’enfant des étoiles » – Rosinski-Van Hamme / Le Lombard)

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