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Les dieux ont mis un homme à l'épreuve

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Xavier Dorison

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Xavier Dorison

Ce sujet a 152 réponses, 24 participants et a été mis à jour par Tjahzi tjahzi, il y a 2 semaines et 2 jours.

33 sujets de 121 à 153 (sur un total de 153)
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    Pennybridge a écrit
    Beaucoup d’hémoglobine bien flashy (la scène de fin du combat au pied de la montagne en est une belle illustration) et des onomatopées sorties de Lanfeust et consorts, à grand renfort de « SPA », « SPO », « SKRÖ », « SHROK », « KROK » et autres (et que je n’apprécie franchement pas, surtout dans un cadre historique bien défini).

    Pour le coup, que trouve-tu à ces onomatopées en particulier? Lesquelles auraient-tu préféré?

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    Fred r a écrit
    Pour le coup, que trouve-tu à ces onomatopées en particulier? Lesquelles auraient-tu préféré?

    Ben dans Thorgal par exemple, prenons la Chute de Brek Zarith, au hasard, quel bruit ça fait quand Thorgal met un bon coup de pied en pleine figure du garde qui surveille la muraille ? Et quand Aaricia assomme Thorgal avec un gros coup sur la cafetière, est-ce qu’on entend un « SPO »? Est-ce que c’est choquant de ne rien entendre?

    Personnellement, je ne trouve pas que les onomatopées des coups aient une grande utilité et qu’on peut s’en passer mais ce n’est que mon avis.

     

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    C’est vrai! Ca ne m’avait pas trop marqué.

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    Pennybridge a écrit
    En tout cas, ce point mis à part, le scénario est très prenant et bien écrit. Quelqu’un a un autre avis?

    Je l’ai lu, mais pas acheté. Notamment parce que le débordement d’hémoglobine m’a saturé. Et pourtant, l’aventure du Maître d’Armes est fameuse, teintée d’histoire, d’ésotérisme, de guerre de religion, et de fantastique, comme dans la grande majorité des œuvres de Xavier Dorison. J’apprécie ses scénarios, tout comme ceux de son complice Fabien Nury, dont les dialogues finement ciselés sont décoiffants. Mais chez les deux scénaristes, je ne supporte plus cet excès de violence, comme on en rencontre d’ailleurs dans beaucoup de séries actuelles. C’est aussi ce qui m’a fortement dérangé dans « Le Feu écarlate » de Thorgal.

    Pour autant, Xavier Dorison reste un des meilleurs scénaristes actuels, même si il se consacre de plus en plus à l’enseignement, comme on peut le découvrir dans cette interview qu’il a accordée à Casemate.

    Dans Casemate 120, Xavier Dorison et Joël Parnotte présentent Aristophania, conte de fées moderne plongeant à la fois dans le merveilleux et dans la violence crasse du début de l’ère industrielle française. Xavier Dorison explique notamment qu’il pense épuiser toutes ses envies de scénarios dans les quinze ans à venir. Et pourrait ensuite devenir professeur à plein temps, aidant des auteurs à monter leurs projets. Ce job de script doctor, il l’exerce déjà aujourd’hui, en particulier plusieurs fois dans l’année lors d’ateliers à la Nouvelle Revue française (NRF). Pour casemate.fr, il explique comment un scénariste de bande dessinée peut sortir de l’eau des romanciers en difficulté avec leurs propres histoires.

    La suite est ici dans Casemate : https://casemate.fr/dorison-est-ce-grave-script-doctor/

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    Aristophania, tome 1

    Sortie demain du tome 1 d’Aristophania, Le Royaume d’Azur, avec Joël Parnotte au dessin. J’avais parlé de cette nouvelle série ICI. Mais rien de tel que d’écouter Xavier Dorison en parler lui-même, c’est un conteur né ! 

    Vous avez entendu ? Le premier album de BD fantastique-bouddhiste ? 

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    Thorgal-BDthorgal-bdWebmestre

    Aristophania vient de s’inviter sur ma pile de BD, dans la chambre.

    Je vais le lire sous peu (j’ai déjà trois lectures simultanées, je vais d’abord en finir au moins deux). J’espère qu’il n’est pas excellent, parce que sinon ça va encore être difficile de se dire que l’ignoble Xavier nous a abandonnés pour écrire de belles histoires ailleurs.  

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    Moi j’avoue ça m’intrigue. Cet album a été tellement teasé que je veux savoir de quoi il retourne . Dis-nous si ça vaut la peine.

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    C’est surement hors sujet, mais je trouve cet interview intéressant sur l’investissement des auteurs dans leurs oeuvres

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    Au contraire Laurent, cette vidéo est tout sauf hors sujet. Elle illustre de manière impressionnante la passion qui unit scénariste et dessinateur autour de cette saga qu’est Long John Silver. Je n’avais jamais écouté Mathieu Lauffray en parler, et je te dis merci pour ce partage qui m’a immédiatement donné envie de me replonger dans cette incroyable histoire. Si un jour Mathieu et Xavier devaient se lancer ensemble dans une aventure de Thorgal, je suis convaincu qu’on aurait droit à un des meilleurs tomes de la série !

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    Un banquet avec les auteurs

    Un évènement très particulier est organisé le 1er mars à Paris. Un banquet réunissant Xavier Dorison et Fred Vignaux est ouvert aux fans de Thorgal.

    Plus d’infos sur le site de réservation ICI.

    Venez dîner avec les auteurs Xavier Dorison et Fred Vignaux pour l’aventure Thorgal !

    -Présentation et rencontre-débat avec les auteurs à l’apéro,

    -dîner viking (apéro + entrée + plat + dessert + café),

    -vente d’albums,

    -expo-vente de dessins de Fred Vignaux

    Et ex-libris inclus dans le billet !

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    Thorgal-BDthorgal-bdWebmestre

    Mais c’est dingue, comment fais-tu pour trouver tous cs trucs-là ?

    Ça a l’air très sympa. En plus je suis en vacances le 1er mars.

    Et à part ça j’ai lu « Aristophania ».

    Bon, je ne sais pas si le thème est original (des enfants, des pouvoirs, des secrets de familles, un méchant mystérieux) mais il s’agit encore d’un excellent album…

    Dorison s’éclate dans les univers qu’il crée.

    Et quand on sait que Joël Parnotte a semble-t-il fait partie des auteurs approchés pour faire du Thorgal, et qu’il en a même dessiné un paquet de planches sur lequel j’adorerais jeter un œil, on a là un duo qui aurait pu être en couverture du prochain Thorgal ! Curieuse sensation, à la lecture de cet album très bien écrit et très bien dessiné. Parnotte a un encrage, un travail sur la lumière, magnifique.

    Par contre, le ton, l’ambiance générale de l’album, ce n’est pas du tout du Thorgal. Ces deux auteurs sont peut-être plus à l’aise ici dans leur propre monde qu’ils ne l’auraient été chez Thorgal. Je ne sais pas.

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    Thorgal-BD a écrit
    Mais c’est dingue, comment fais-tu pour trouver tous ces trucs-là ?

    Héhé ! Voici une petite vidéo sympa de l’évènement au Verre Moutarde à Paris :

    https://www.facebook.com/100010283805477/videos/802722300080556/

    Mais tu n’en croiras pas tes yeux, si après ce banquet BD avec les auteurs de Thorgal, je te propose une croisière fantastique en compagnie du créateur de Thorgal ? 

    C’est à voir dans le sujet « La croisière fantastique » !

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 an par Tjahzi.
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    Aristophania vue par son dessinateur

    Joël Parnotte a répondu à deux interviews consacrées à Aristophania. On y apprend que la série scénarisée par Xavier Dorison se déclinera en 4 albums, dont les prochains tomes sont prévus pour octobre 2019, 2020 et 2021. Joël y dévoile son enthousiasme pour cette série.

      Entretien écrit sur Branchés Culture.

    Entretien audio sur RTBF Culture.

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    Thorgal-BD a écrit
    Et à part ça j’ai lu « Aristophania ». Bon, je ne sais pas si le thème est original (des enfants, des pouvoirs, des secrets de familles, un méchant mystérieux) mais il s’agit encore d’un excellent album… Dorison s’éclate dans les univers qu’il crée. Et quand on sait que Joël Parnotte a semble-t-il fait partie des auteurs approchés pour faire du Thorgal, et qu’il en a même dessiné un paquet de planches sur lequel j’adorerais jeter un œil, on a là un duo qui aurait pu être en couverture du prochain Thorgal ! Curieuse sensation, à la lecture de cet album très bien écrit et très bien dessiné. Parnotte a un encrage, un travail sur la lumière, magnifique. Par contre, le ton, l’ambiance générale de l’album, ce n’est pas du tout du Thorgal. Ces deux auteurs sont peut-être plus à l’aise ici dans leur propre monde qu’ils ne l’auraient été chez Thorgal. Je ne sais pas.

    Enfin lu aussi de mon côté, et fort apprécié !    Le contraste entre les différents lieux traversés est surprenant, mais j’aime être surpris de cette manière. Et je sens qu’au fil des épisodes de la série Aristophania, on ira de surprise en surprise ! Même si on reste un peu sur sa faim à la clôture de ce premier tome, Xavier Dorison a le talent pour garder pas mal de suspense pour la suite. Et puis ce dessin de Joël Parnotte, quel plaisir de s’y plonger !

    Est-ce que ces deux auteurs auraient pu nous donner un bon Thorgal ? J’en suis convaincu ! La profondeur des personnages rencontrés, la richesse des lieux qui servent de décor, l’intrigue humaine et passionnante, le suspense qui s’installe de page en page, tout cela aurait très bien pu se retrouver dans un album de Thorgal.   

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    Aristophania, couverture tome 2

    Le second tome d’Aristophania, la série de french fantasy de Xavier Dorison et Joël Parnotte, paraîtra en octobre prochain.

    Voici une interview de Joël pour « Un Amour de BD ».

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    Festival du Livre d’Issy-les-Moulineaux (F)

    Xavier Dorison participe samedi prochain au Festival du Livre d’Issy-les-Moulineaux près de Paris. Il sera présent pour une rencontre-débat avec le public de 13 à 14h à propos de la série Thorgal, puis il participera à une séance de dédicaces.

    Infos : Festival du Livre d’Issy-les-Moulineaux

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    Le Château des Animaux – tome 1

    Parution le 18 septembre de la nouvelle BD lancée par Xavier Dorison et Félix Delep : Le Château des Animaux. Présentation de la série par l’éditeur Casterman :

    Quelque part dans la France de l’entre-deux guerres, niché au cœur d’une ferme oubliée des hommes, le Château des animaux est dirigé d’un sabot de fer par le président Silvio… Secondé par une milice de chiens, le taureau dictateur exploite les autres animaux, tous contraints à des travaux de peine épuisants pour le bien de la communauté… Miss Bangalore, chatte craintive qui ne cherche qu’à protéger ses deux petits, et César, un lapin gigolo, vont s’allier au sage et mystérieux Azélar, un rat à lunettes pour prôner la résistance à l’injustice, la lutte contre les crocs et les griffes par la désobéissance et le rire… Premier tome d’une série prévue en quatre volumes, Le Château des animaux revisite La Ferme des animaux de George Orwell (1945) et nous invite à une multitude de réflexions parfois très actuelles…

    J’avais déjà présenté à la page précédente la Gazette du Château. Voici le visuel du n°2 dont on peut découvrir les premières planches ICI.

    Source : Le Château des Animaux chez Casterman

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    Critique en dessins sur 9ème Art
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    j’aime beaucoup les bd de Dorison… je pense que je vais aussi craquer pour celle-là…

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    Sortie du Château des Animaux

    Le 1er tome du Château des Animaux est sorti aujourd’hui en librairie, et au vu des premiers commentaires, c’est le plein succès pour les auteurs.    Ligne Claire fait la part belle à cette sortie avec une présentation de l’album, puis les interviews de Xavier Dorison et Félix Delep.

    Le Château des Animaux, faut pas prendre les bêtes du bon dieu pour des canards sauvages

    « Après une prépublication en gazette, dont Casterman a fait une habitude très agréable, Le Château des Animaux tome 1 est enfin dans les rayons des libraires. Répéter que c’est un des vrais évènements de cette rentrée finit par être un lieu commun. A craindre presque d’avoir été envoûté par le duo Xavier Dorison, émule de l’enchanteur Merlin, et le jeune Félix Delep, roi Arthur en puissance qui, en quelques traits, a délimité son nouveau royaume. Aller, revenons à cette fable, conte picaresque, animalier, hymne à la liberté pas obligatoirement au bout des fusils. Une dictature dure, pas pure, violente, sanglante, avec des références évidentes que Dorison ne cache pas mais dont l’espoir n’est pas absent. Félix Delep s’y est investi, talent, corps et âme. Le résultat est époustouflant sur tous les plans.

    On ne rigole pas au Château des Animaux. Depuis que les humains ont quitté les lieux et abandonné, allez savoir pourquoi, la basse-cour, tout a changé. Le pouvoir était vacant et la nature n’aime pas le vide. Le taureau Silvio a pris les choses du bout des cornes. Avec une milice de clébards dangereux, des croques vite qui ne font pas dans la dentelle si ce n’est sanglante. Silvio veut consolider, reconstruire la ferme, siège de sa nouvelle République dictatoriale. La peur règne sur vaches, poules, cochons, oies et… chat. Car Miss Bengalore est la seule du genre avec sa progéniture. Elle monte les pierres sur les échafaudages. Risqué. La révolte gronde. Faut pas prendre les bêtes du bon dieu pour des canards sauvages. Il y a de la révolte dans l’air. Seul César, le dandy lapin semble être heureux. Mais un rat va venir changer la donne.

    Une mère chatte qui défend ses petits, résiste même si elle pense que c’est une erreur, une marguerite comme symbole de liberté, un humain qui trafique, une horreur banalisée, Dorison joue la carte de la non-violence, de l’ironie en règle face au mépris et à la terreur. Delep le suit avec un dessin vivant, beau mais qui sait aussi montrer le pire. Impossible de rester indifférent. Le lecteur est un témoin acteur. On oscille entre envie de voir Silvio cuire à la broche ou prendre une tarte en plein museau. Au choix. On verra bien mais il va sûrement s’en passer des choses au Château, coup d’état, trahisons, comme chez les humains. Pour notre plus grand plaisir. »

     

    Interview : Quand Xavier Dorison a bâti Le Château des Animaux, parler de non-violence l’a motivé

    En signant le scénario du Château des Animaux (Casterman), Xavier Dorison savait-il qu’il allait créer une série qui ferait date ? Non seulement pour l’histoire, cette dictature animalière troublante, émouvante, violente contre laquelle les victimes vont lutter avec intelligence, mais aussi en donnant à un jeune dessinateur de talent la chance de faire ses premières armes, Félix Delep ?

    Xavier Dorison, le héros de votre Château des Animaux, Silvio le taureau, fait penser à un célèbre et discuté homme politique italien ?

    On pense à Berlusconi mais c’est surtout une allusion à tous ces dirigeants qui se sentent légitimes parce qu’ils ont de gros muscles.

    Pourquoi avoir choisi ce sujet-là, la dictature, l’oppression, sous cette forme animalière ?

    D’abord parce qu’il y avait l’envie de rendre hommage à ma façon à un récit qui m’avait marqué, La Ferme des Animaux d’Orwell. L’envie aussi de raconter une histoire qui montre que toutes les révolutions ne se terminent pas aussi mal que celles de la Ferme des Animaux ou d’autres. Enfin le souhait de parler de non-violence et cela était parfait avec un récit animalier.

    Vous n’avez pas vraiment fait une adaptation de la Ferme des animaux ?

    Absolument pas. Mon scénario est totalement original.

    Quand on lit l’album, on pense à la description d’un régime fasciste, totalitaire ?

    Bien sûr, il y a le fait que Silvio le taureau justifie ses actions par une menace, il y a toujours un ennemi extérieur qu’on évoque comme prétexte. Le dictateur se place comme sauveur face à elle. Pour les Américains, ce sont les communistes, pour les communistes, les Américains. Donc la force est nécessaire.

    Vous prenez le contre-pied. Au lieu de la force, il peut y avoir la dérision, l’humour pour retrouver la liberté ?

    C’est tout le fond des mouvements de désobéissance civile initiés entre autres par Gandhi, voire par le Christianisme à ses débuts. La violence est le pire des moyens pour changer les choses.

    Et c’est pourtant celui qu’on emploie le plus souvent ?

    Si on regarde bien quand la violence a été employée, on s’aperçoit qu’elle a parfois permis de résoudre les problèmes à court terme mais les a aussi reportés à plus tard. Les Allemands battent les Français en 1870 qui eux gagnent en 1918 puis sont battus en 1940. Une guerre mondiale, l’Allemagne capitule en 1945 et le bloc soviétique se met en place avec la Guerre Froide. C’est cyclique.

    On est dans un univers très concentrationnaire. Le travail rend libre, ironie, avec des exécutions, des violences permanentes.

    Pour monter une libération, il faut dans un premier temps décrire l’oppression que subissent ces animaux, montrer que leur révolution violente n’a aucune chance de marcher. Ce sont les dictateurs qui ont la force avec eux. Jouer sur ce terrain contre eux est illusoire. Il va falloir qu’ils trouvent des solutions dont l’unité, le ridicule. L’injustice triomphe car elle n’est pas exposée au grand jour. Leur travail pour se battre contre Silvio est de la rendre visible, ce qui dans une démocratie est le rôle de la Presse.

    Vous êtes sur combien d’albums ?

    Quatre pour bien décrire toutes les étapes de cette révolution. J’ai rédigé les quatre albums avec découpage compris. J’ai rarement été aussi porté par une histoire. La non-violence touche beaucoup d’aspects de la vie et me motive.

    Les personnages sont très typés, symboliques. Comment les avez-vous choisis ?

    Pour créer des personnages, le principe est souvent le même. On se demande quel est le thème de l’histoire, ici la violence et la révolution. Quel sera le personnage qui aura le plus de trajet humain à faire ? Le premier, c’est celui qui pense que baisser la tête est la solution, en l’occurrence Miss B. Après il y a les valeurs positives et négatives. Le taureau, personnage le plus puissant, c’est pour l’oppression. Ceux qui sont dans l’obéissance négative, ce sont les chiens avec des variantes. Ensuite quels sont ceux qui acceptaient la collaboration puis la refuse comme César ? Comment les gens vont se comporter face à une dictature ? Il y a toutes les nuances et je montre leur évolution.

    On a un humain qui est dans le jeu, l’homme, pourvoyeur du taureau que ce dernier paye en cadavres d’animaux ou œufs contre champagne et breloques.

    Je voulais montrer que les dictatures ne survivent que parce qu’elles trouvent des moyens à l’extérieur de le faire. Les dictatures pétrolières n’existeraient pas sans l’or noir. Il y a en a toujours qui se servent de la dictature pour s’engraisser. Je voulais montrer tout ça pour ça. Toute cette misère pour ces breloques.

    C’est une BD militante.

    Oui mais elle est optimiste. Je n’avais pas pour objectif de dire la dictature, c’est mal. On est tous d’accord sur cela. A tous les échelons. Comment le dire ? Comment on lutte ? Pas en étant plus violent. C’est l’axe du récit du Château des animaux. On est plus optimiste. Mais ce n’est pas pour autant qu’il n’y a pas de souffrance. La dictature cherche que l’opposition devienne violente. On l’a vu en Syrie avec au départ des manifestations sans violence. Assad est monté d’un cran et la réaction a eu lieu, ce qu’il voulait. En Égypte, ils n’ont pas tenu. En Tunisie oui mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas quand même de violence.

    La galerie des personnages est très riche en portraits comme celui de Bella la concubine du taureau Silvio.

    Au départ elle est bien contente d’avoir épousé Silvio mais elle va finir par comprendre que cela ne peut pas durer. La vraie difficulté sera que les animaux restent encore une fois non violents.

    On retrouve dans l’approche graphique des liens avec le monde de Nimh de Don Bluth.

    Oui mais ça il faut en parler au dessinateur.

    Justement alors. Passons au dessin. Vous connaissiez Félix Delep qui marque totalement cet album par son talent ?

    C’est une histoire amusante. J’ai écrit le Château il y a trois ans. Je souhaitais un super dessinateur. On a eu des planches d’essais très bien mais ce n’était pas ce que je voulais. Un jour, je reçois quatre dessins signés par Félix. Je tombe de ma chaise. C’était parfait. Mais qui était ce gars ? On me dit qu’il me connaissait parce que j’avais été son prof à l’école d’art Émile Cohl. Mais c’étaient des cours de scénario et pas de dessin. Donc je n’avais rien vu. Il est jeune et c’est son premier album. Il fait en plus des couleurs dingues. Une partie des planches est en en tradi, le reste sur tablette.

    C’est très agréable de travailler avec Félix, il est très exigeant. Je rends un scénario très précis, envahissant pour certains, très découpé. Des croquis, et ensuite on se voit avec Félix pour faire ensemble le storyboard, travailler les expressions des personnages. On invente des choses. On avance main dans la main. On a vraiment fait l’album ensemble. On a mis deux ans.

    Delep a un bel avenir.

    Un peu dans la ligne de Matthieu Lauffray ou Claire Wending.

    Quelques questions peuvent se poser comme où sont passés les humains du Château. On pense aussi à Calvo pour l’ambiance.

    Je donne des hypothèses mais les humains ne sont plus là, c’est le constat. Calvo, bien sûr pour la tradition animalière avec l’ennemi extérieur. En Italie, les migrants pour un risque de régime fasciste, en Turquie un pseudo coup d’état, en Russie les Tchétchènes, en Chine le Tibet. Aujourd’hui, les USA sont sur une mauvaise pente en matière de sécurité parce qu’il y a des terroristes, des ennemis désignés. C’est la stratégie du choc. Face à une menace, le réflexe des foules est de revenir à des gens qui représentent la sécurité. C’est très actuel en Europe.

    Hormis cette grande basse-cour quoi d’autre en train ?

    A la rentrée, j’ai le tome 5 d’Undertaker et Aristophania 2. Rien d’autre car ce n’est déjà pas mal mais je continue à écrire. Le tome 2 du Château est en cours, le scénario est fini. Il sortira dans un peu plus d’un an. L’édition luxe comportera mes storyboards.

    Votre Château a aussi sa dose d’humour qui permet des pauses pour souffler. Même si c’est très noir. Vous avez accompli avec Delep un sacré travail et une œuvre importante.

    Merci. Oui il y a des scènes terribles. On est dans une réalité très forte même si c’est parfois décalé, mais tant mieux si le but est atteint.

    Et pour l’interview du jeune Félix Delep sur Ligne Claire, c’est à lire ICI. Félix qui annonce sur sa page FB qu’il sera en dédicace avec Xavier Dorison jeudi à BDnet Bastille, vendredi et samedi à la librairie Bulle au Mans.

    Source : Ligne Claire

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    Le Château sur ActuaBD

    Encore un article très élogieux sur « Le Château des Animaux » sur le site ActuaBD. J’ai commandé l’album, je suis vraiment impatient de le découvrir plus en détails.

    « Le Château des animaux », la nouvelle référence pour la bande dessinée animalière

    L’une des sorties phares de Casterman, le premier tome du « Château des animaux » pour lequel Xavier Dorison s’inspire du célèbre roman d’Orwell, magnifié au dessin par un jeune auteur dont c’est pourtant la première bande dessinée. Attention : révélation(s) !

    Vingt mois après l’alléchante avant-première publiée dans leur première Gazette des Animaux, l’attendu Château des animaux arrive enfin en librairie. Cette nouvelle série fait bien entendu référence à l’un des deux romans les plus connus de George Orwell, La Ferme des animaux publié en 1945, une fable animalière, satire de la révolution russe, du régime communiste et du pouvoir dictatorial imposé par Staline. […]

    L’article est à lire ICI sur ActuaBD, très fouillé et richement illustré, le tout par C-L Detournay.

    Félix Delep & Xavier Dorison : un peu de douceur dans un univers plutôt rude

    Félix Delep & Xavier Dorison : un peu de douceur dans un univers plutôt rude

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    Au fait, est-ce que quelqu’un avait relevé que Xavier Dorison est dans le tome 3 de Abymes de Valérie Mangin (qui date de 2013)? Elle le croise dans la cour de l’école des Chartes (le pauvre voit ses feuilles s’envoler par un coup de vent!).

    Dorison a également fait l’école d’histoire des Chartes, comme Mangin? Ils sont de la même époque (né en 72 contre 73) donc ce serait possible.

    Ou alors ce serait encore un coup de Valérie Mangin de faire de la pub dans ce tome 3 pour tous ces amis (Lauffray, Griffo, Malnati, Arleston, Bocquet, il y a même Mourad Boudjellal) et ses bouquins.

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    Interview sur BFM TV

    Entretien fort intéressant avec Xavier Dorison sur BFM TV. Il y parle de ses projets, de l’influence de Jean Van Hamme, de son expérience avec Thorgal, …

    BD : qui est Xavier Dorison, le scénariste aux 3 millions d’albums vendus ?

    Le Troisième testament, Long John Silver, Undertaker… Depuis ses débuts, il y a une vingtaine d’années, le scénariste Xavier Dorison a vendu plus de trois millions d’albums (dans une vingtaine de langues). Cet héritier de Jean Van Hamme revient en octobre avec la suite d’Undertaker et d’Aristophania et une nouvelle série, Le Château des animaux. Qu’il s’attaque au western, au récit fantastique ou à la fable animalière, son ambition reste la même : « créer ou reprendre des mythologies purement françaises. »

    Xavier Dorison s’y est appliqué dans Le Chant du Cygne, sur les mutineries de 17, Aristophania, sorte de Harry Potter en Provence, ou encore Comment faire fortune en juin 40, un Ocean’s Eleven durant la drôle de guerre. « La France a dans son histoire beaucoup de mythologies dans lesquelles on pourrait puiser – le Moyen-Âge, le récit de cape et d’épée, la révolution, 14-18… – et on ne le fait plus. On a laissé à nos amis anglo-saxons le monopole des mythologies », déplore le scénariste, qui cite notamment l’exemple des Misérables adaptés en comédie musicale à Broadway puis au cinéma. Il poursuit :

    « Je m’inscris dans une sorte de sursaut français pour dire que nous possédons aussi des mythologies qui peuvent parler au monde entier. En audiovisuel, on les a complètement abandonnés depuis longtemps. Il reste la bande dessinée pour défendre ces genres typiquement français. On a une approche spécifiquement française sur un certain nombre de sujets et il est temps de raconter nos histoires. Je pense que dans le siècle qui vient, avoir des mythologies aura une valeur et un impact énormes. Je n’ai pas envie de vivre uniquement dans un monde où on me raconte des histoires de super-héros qui gagnent parce qu’ils sont américains et ont des gros muscles »

    Une ambition qu’il applique dans Le Château des animaux, sa nouvelle série. Xavier Dorison y rend hommage à un des romans anglo-saxons les plus célèbres, La Ferme des animaux de George Orwell, pour évoquer à travers une basse-cour la désobéissance civile. Ses personnages – des chats, des poulets et des rats – s’allient pour faire tomber leur tyran, le taureau Silvio. Cette thématique universelle s’inscrit dans une tradition historique dont les origines remontent à la Bible. « Jésus y pratique une forme de désobéissance civile et de non-violence, reprise ensuite par Thoreau, Gandhi », souligne le scénariste.

    Des méthodes utilisées depuis en Afrique du sud, en Pologne, en Serbie, en Tunisie…« Ce qui est frappant, c’est que ça a marché. Simplement, il y a des fois où on a voulu le faire, comme en Syrie, et Bachar Al Assad s’est arrangé pour que ce mouvement ne tienne pas », explique-t-il, en précisant pourquoi il a choisi des animaux pour porter son propos : « Paradoxalement, plus on s’éloigne des humains dans la représentation, plus on arrive à quelque chose d’universel. On comprend bien que c’est une vérité intemporelle puisqu’elle n’est pas attachée à une réalité. »

    L’ambition de Xavier Dorison n’est pas simplement de dire que la désobéissance civile peut fonctionner, « mais de le prouver sur quatre tomes » : « L’histoire a beau l’avoir prouvé un certain nombre de fois, quand vous parlez de désobéissance ou de non-violence, ça continue à susciter un certain nombre de ricanements. » Et c’est aussi beaucoup plus complexe à réussir : « C’est beaucoup plus dur de résister à sa propre violence que d’aller l’exprimer. »

    Cette dimension politique est présente dans les autres séries de Xavier Dorison. Il y a eu HSE, « sur notre rapport au capitalisme et plus précisément au consumérisme. » Plus récemment, le western Undertaker, grand succès de librairie, est tout aussi politique, mais « de façon moins évidente ».

    Le premier cycle, qui porte sur « la tension entre le moral et le légal », fait ainsi écho aux fameux 1% qui détiennent 99% des richesses de la planète. « Dans le deuxième cycle, on parle de l’utilitarisme et dans le nouveau, on s’intéresse aux personnes dont les valeurs ne s’adaptent pas au monde dans lequel ils sont. » En cela, Xavier Dorison est le digne successeur de Jean Van Hamme, capable comme lui au temps de XIII et Largo Winch de diluer dans des divertissements grand public des problématiques actuelles.

    « C’est quelqu’un qui par son travail et sa personnalité a énormément compté pour moi. J’ai commencé mon apprentissage de scénariste avec et en regardant Jean Van Hamme. Quand j’ai commencé à apprendre mon métier, une des méthodes que j’ai employées a été de prendre ses albums, un papier et un crayon et de regarder comment chaque page était construite, des dialogues à la mise en scène. »

    Comme Van Hamme, la comédie pure n’est pas son fort. « J’ai besoin d’évasion, d’une forme de fougue romanesque. » Comme Van Hamme, il écrit des scénarios très précis et a une appétence pour le dessin réaliste – « avec des nuances: certains sont plus dans la douceur, d’autres plus dans la force, certaines narrations sont très sur-découpées, d’autres plutôt classiques. » Comme Van Hamme, il lui incombe cette  » énorme responsabilité » de choisir le bon dessinateur pour la bonne histoire. « C’est très dur. J’ai mis plus d’un an à trouver Félix [Delep], avec qui j’ai fait Le Château des animaux. En ce moment, j’ai un scénario sous le coude depuis janvier et je n’ai toujours pas trouvé de dessinateur. »

    L’élève s’est dissocié du maître sur un seul point : Dorison connaît, lui, toute son histoire lorsqu’il débute une série. Un point fort pour mener à bien un projet, sauf lorsqu’on doit l’abandonner à contre-cœur. Un des rêves de Xavier Dorison était de travailler sur Thorgal, un des personnages cultes de Jean Van Hamme. Le rêve est devenu réalité en 2016. Malgré un album très réussi, truffé de références au mythique cycle de Qâ, il a rapidement quitté l’aventure, faute de pouvoir s’entendre avec le dessinateur de la série, Rosinski :

    « Je suis un peu triste de ne pas avoir pu mener jusqu’au bout la vision que j’avais de l’évolution de ce personnage », déplore-t-il.  » J’avais écrit la suite du Feu écarlate, qui chez moi s’appelait Les Naufragés du ciel. J’avais même écrit le synopsis du tome suivant. La vision que j’en avais allait être de plus en plus adulte, de plus en plus réaliste et ce n’était pas le désir de Rosinski. J’étais là pour servir Rosinski. Ce que je lui proposais ne pouvait plus le servir comme il l’entendait et j’ai préféré partir. Yann est beaucoup plus dans l’esprit de ce que voulait Rosinski. »

    Dorison, au contraire, veut se diriger vers des récits de plus en plus violents – et malgré son plaidoyer pour la désobéissance civique. « Montrer la violence n’est pas soutenir la violence, c’est reconnaître le monde tel qu’il est », précise-t-il. Il partage cette vision avec Fabien Nury, lui aussi scénariste à succès de polars brutaux et de fresques politiques sur les événements polémiques de notre histoire, comme l’Occupation et la colonisation.

    « La question à se poser est dans quelle mesure la violence est-elle la solution des problèmes », poursuit Xavier Dorison. « On peut croire que dans certaines histoires de guerre la violence est une solution. Ce que j’essaie de montrer en général, c’est que ce qui fait la victoire, c’est que le personnage a remporté une victoire non sur les autres mais sur lui-même. J’essaie de plus en plus – selon les genres – de ne pas confondre la violence et l’action. La violence, c’est court et horrible. Si on veut vraiment en parler, il faut en montrer les conséquences. L’action, c’est long et c’est presque un spectacle et c’est assez jubilatoire. Plus les années vont passer, plus je vais faire de récits violents et moins d’action. »

    Source : BFM TV

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    Prépublication chez dBD

    Après Le Château des Animaux, Xavier Dorison continue sur sa lancée avec une sortie simultanée chez Dargaud d’Undertaker tome 5 et Aristophania tome 2 ce 31 octobre. De quoi faire la une des 2 publications de dBD !   

    Source: dBD Magazine

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    Thorgal-BDthorgal-bdWebmestre

    Merci, comme toujours, pour tous ces partages.

    J’ai lu avec attention les divers entretiens. Et je suis comme souvent partagé. D’un côté, je me dis « bon sang, on avait Dorison, et on l’a perdu ! Les boules ! ». Ben oui, son départ est une catastrophe. Regardez les albums qui paraissent : Aristophania, Undertaker, le château des animaux… Ils vont cartonner, je vais tous les acheter, ils seront tous excellents, aux p’tits oignons.

    Et pourtant je reste partagé, quand je lis que Xavier souhaitait une série plus violente, plus dure, plus noire (c’est comme cela que je traduis, peut-être à tort, « plus adulte et plus réaliste »). Thorgal a toujours su l’être, tout en gardant un certain optimisme, un romantisme, une touche de rêve d’enfance.

    J’en reviens à la question qui me brûle sans cesse depuis 10 ans : pourquoi aucun repreneur, que ce soit chez les dessinateurs ou les scénaristes, n’essaie de faire du Rosinski et du Van Hamme ?
    Mais c’est peut-être moi qui ai une vision altérée de ce qu’est le Rosinski-Van Hamme.  

    Allez, je vais me relire le premier tome d’Aristophania avant d’aller chercher la suite.  

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    Entretien dans Le Figaro

    Nouvel entretien avec Xavier Dorison dans Le Figaro à l’occasion de la sortie cet automne de 3 excellents albums.

    Xavier Dorison, le scénariste aux mains d’or de la bande dessinée

    Porté aux nues dès sa première bande dessinée – Le Troisième Testament – Xavier Dorison a vendu plus de trois millions d’albums en vingt ans. Le tycoon du 9e Art transporte les lecteurs dans ses nombreux univers à chaque fois avec succès. Aujourd’hui 80% des créations de son catalogue ont été achetées pour des adaptations au cinéma ou à la télévision. Guillaume Lemans développe pour Canal+ Les Sentinelles, HSE est en projet à Londres. Le Troisième Testament est en développement en série télé également. Cet automne, il revient avec non pas une BD mais trois : Aristophania tome 2, Undertaker tome 5 et une nouvelle série Le Château des animaux.

    LE FIGARO – Vous souvenez-vous de votre première rencontre avec Jean Van Hamme ?

    Xavier Dorison – Je participais à l’organisation du festival BD des grandes écoles. Il était invité et mon rôle était de le guider et l’assister pendant toute une journée. J’étais béat d’admiration. J’avais mal aux joues à force de sourire sans discontinuer. Il m’a abreuvé de conseils. Je me souviens d’un en particulier. Un personnage qui a des emmerdes en permanence c’est le départ d’une série. Largo Winch est milliardaire. XIII a perdu la mémoire et est soupçonné d’avoir assassiné le président des États-Unis. Ils ont des emmerdes en permanence.

    Qu’est-ce qui vous différencie de lui aujourd’hui dans votre travail de scénariste ?

    Selon lui, j’ai une écriture plus complexe, plus compliquée. C’est positif et négatif à la fois. C’est en écrivant un récit dans son univers, La Mangouste, que j’ai compris nos différences. La chose qui m’intéresse le plus est d’écrire des paraboles, donner du sens, même caché dans un western, un contexte politique… Van Hamme lui préfère le romanesque. Le retournement de situation l’emporte sur le sens (même si ses histoires ont aussi du sens). À un moment, nous avons imaginé écrire un scénario à quatre mains : la suite de SOS Bonheur. Le projet n’a pas abouti, nos visions du monde divergeaient trop.

    De quels autres auteurs vous sentez-vous l’héritier ?

    Serge Letendre pour sa capacité d’écrire de belles paraboles et des récits d’aventures. Patrick Cothias pour sa maestria sur les grands récits historiques, fougueux et romanesques des plus passionnants. Chris Claremont, aussi ! Ses X-Men sont mon premier vrai «contact» avec le monde de la bande dessinée. J’ai vénéré ses paraboles, son sens du réalisme humain. Cette capacité à décrire la réalité humaine au sein d’une grande aventure. John Byrne dans la continuité de Chris Claremont, avec la capacité de faire du divertissement empreint de réalisme. Et Frank Miller. Quand je découvre son Daredevil dans Strange, je suis bouleversé en tant que lecteur. Il a révolutionné le genre avec son réalisme et l’utilisation du texte en voix off. Ils ont amené à chaque fois un nouveau niveau de réalisme Comme Sergio Leone pour le cinéma quand il a introduit ses cow-boys barbus et sales. Le Bon, la Brute et le Truand est tout sauf réaliste, mais c’est perçu comme un nouveau niveau de réalisme et ça fait avancer le genre. Aujourd’hui, celui qui me bluffe, c’est Mark Millar. Il amène un niveau de réalisme plus poussé dans les comics.

    Qui vous impressionne dans la nouvelle garde ?

    Félix Delep, qui n’a que 26 ans. Je n’ai jamais vu, en dehors de Claire Wendling, un niveau comme le sien aussi jeune. C’est rarissime. J’aurais pu le supplier de pouvoir faire Le Château des animaux avec lui, tellement il est bon.

    Undertaker semble installé comme une série régulière. D’où est venue cette envie ?

    L’idée du personnage est venue de mon dessinateur qui voulait une série avec un croque-mort. C’est la seconde fois que je réalise une série régulière. Il y a eu West auparavant écrit avec Fabien Nury.

    Est-ce que vous avez une approche différente pour une série ?

    On n’écrit pas du tout de la même façon une série récurrente et feuilletonnante comme Undertaker. Tous les deux albums, le héros a résolu un problème et il doit aussi évoluer à mesure que le lecteur découvre son passé. Il faut donc trouver un sujet qui se conclut tous les deux albums et avoir préparé, dans le même temps, une arche pour l’évolution du personnage et ses révélations de façon à nourrir dix albums.

    Combien avez-vous d’albums en stock pour Undertaker ?

    Avant de lancer la série, Dargaud m’a demandé une dizaine de cycles. On est actuellement dans le troisième cycle ; j’en ai encore sept en stock. Je pourrais en trouver d’autres si nécessaire.

    Un de vos titres n’a-t-il pas rencontré le succès escompté et mérite-t-il une seconde chance selon vous ?

    Le Chant du cygne. C’est une histoire que j’ai écrite avec Emmanuel Herzet, sur un groupe de soldat en 1917, dans la Bataille du Chemin des Dames. Ils décident de porter une pétition à l’assemblée nationale, pour faire connaître la réalité des offensives inutilement meurtrières… En chemin ils reprennent peu à peu goût à la vie mais l’armée est bien décidée à les arrêter. C’est une belle histoire qui mérite une seconde chance.

    Est-ce que vous rêvez d’adapter une nouvelle licence après XIII et Thorgal ?

    Rendez-vous à Noël 2020 avec un one shot d’après la licence qui me tenait le plus à cœur quand j’étais enfant. Et ce sera ma dernière adaptation de licence.

    Comment naissent des personnages comme le lapin «gigolo» dans Le Château des animaux ou l’ogre de Sutter Camp ?

    L’ogre est le personnage qui porte la thématique de l’arc narratif. « Est-ce que pour le bonheur d’un certain nombre on peut accepter le sacrifice de quelques-uns ?» Ce type a fait des choses atroces et il doit avoir l’air particulièrement sympathique. Ralph Meyer a sublimé la réalisation, il a pensé tout de suite à Bud Spencer. Les personnages les plus intéressants sont ceux où il y a un énorme écart entre leur caractère et leur apparence physique.

    Dans le cas de César le lapin gigolo, j’avais peur d’être trop lyrique ou trop emphatique dans Le Châteaux des animaux. Pour ne pas dire pompeux. César est le personnage totalement réfractaire à toute forme de grandiloquence. C’est mon garde-fou, inspiré d’un de mes meilleurs amis : Fabien Nury. Je voulais qu’il soit un peu provocateur, un peu iconoclaste.

    Votre dernier coup de cœur ?

    Je suis en train de lire The Lucifer Effect du psychologue Philip Zimbardo. C’est lui qui avait dirigé l’expérience de Stanford en 1971 sur l’autorité et l’obéissance pour laquelle une vingtaine d’étudiants se partageaient des rôles de gardiens et de prisonniers. L’expérience a été interrompue au bout de six jours. Il parle aussi du procès sur les tortures d’Abou Ghraib en Irak, pour lequel il a été consulté. Il montre comment la désagrégation morale peut arriver très rapidement. C’est à la fois angoissant et passionnant.

    Source : Le Figaro

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    Thorgal-BDthorgal-bdWebmestre

    Très intéressant comme toujours et, pour la partie qui nous concerne plus particulièrement, il est intéressant de voir qu’il a réfléchi aux différences entre ses travaux et ceux de Jean Van Hamme.
    Je suis curieux de savoir quelle série « patrimoniale » il va reprendre l’an prochain.

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    Spirou vu par Dorison ? ce serait surprenant !

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    Aristophania tome 2 – Progredientes

    Chronique sur Ligne Claire du second tome d’Aristophania dessiné par Joël Parnotte et scénarisé par Xavier Dorison.

    Aristophania T2, la pression monte dans l’Azur

    « La suite d’un conte fantastique qui joue à Mary Poppins – en plus hard – et à Peter Pan réunis. Xavier Dorison et Joël Parnotte au dessin ont reconstitué le duo du flamboyant Maître d’armes. Le récit d’Aristophania, qui en est à son second opus, a l’Azur pour roi. Des enfants en mal de destin hors du commun, un Roi banni dangereux et une vieille comtesse, Aristophania, qui vole à grand chapeau. Il y a dans cette saga beaucoup de recherche, de mystère, de combats des forces du bien contre celles du mal. On avait parlé de fantaisie pour le premier tome, mais de plus en plus dramatique, violente, et romantique aussi. Un beau mélange des genres bien mené par Dorison.

    Monsieur Cayenne soigne la mère des enfants qui a été interceptée par le Roi banni puis recouverte de Calamyrhs, catalyseur puissant empêchant l’énergie de regagner son corps. Cayenne leur raconte comment les membres de la cour Sombre, en manque d’Azur, le volent aux autres qui deviennent leurs esclaves. Seule la comtesse et ceux de la cour d’Azur peuvent attirer l’Azur qui est dans la nature. De retour, la Comtesse précise aux enfants que la femme qui est leur mère ne montre que sa part sombre à cause de la Calamyrhs et seule la source Aurore peut la soigner. Ses enfants peuvent la trouver. Mais la Comtesse Aristophania est en conflit avec la reine qui veut qu’elle renvoie les enfants chez eux, hors de l’Azur. Pas question d’en faire des disciples à moins qu’en sept jours l’un d’eux attire l’Azur à lui. Les expériences et les leçons peuvent commencer.

    Une drôle d’école, avec des énigmes, des épreuves, des pièges et l’histoire de l’Azur. Des pouvoirs magiques sont en jeu. Parnotte fait vivre avec brio cette histoire qui a maintenant bien pris ses marques. On sait où on va désormais et des personnages diaboliques envahissent la scène, la violence aussi, redoutable et impitoyable. On gravit un échelon et les enfants ont des caractères différents. La pression monte et la face noire prend la main. »

    Source: Ligne Claire et Dargaud

     

    Yves Schlirf partage déjà une planche du tome 3 parvenue chez Dargaud :

    • Ce sujet a été modifié le il y a 2 mois par Tjahzi.
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    Interview pour "Entrez sans frapper"

    Rencontre avec Xavier Dorison pour l’émission radio « Entrez sans frapper » de la RTBF belge, où il parle avec passion de son métier de scénariste. Durée : 8 minutes.

    https://www.rtbf.be/auvio/detail_le-feuilleton-les-9-xavier-dorison?id=2581668&t=199

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    Intégrale de Long John Silver

    Une nouvelle intégrale en 2 tomes de Long John Silver est sortie aux éditions Dargaud.

    Réalisé par Xavier Dorison et Mathieu Lauffray, « Long John Silver » est inspiré du fameux et redoutable pirate créé par Stevenson dans « L’Île au trésor ». En quatre albums, la série s’est installée comme un grand classique qui illustre à merveille la grande aventure. Ces deux intégrales sont complétées d’une interview des auteurs et enrichies de couvertures inédites.

    Source : Dargaud

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 mois par Tjahzi.
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    Article sur Branchés Culture

    Le webzine Branchés Culture revient sur les derniers albums de Xavier Dorison.

    Aristophania et Undertaker: Xavier Dorison en limousine tout-terrain, Ralph Meyer et Joël Parnotte en pilotes vertigineux

    Roi d’Azur mais également du désert, Xavier Dorison s’est forgé au fil du temps et des parutions une sérieuse réputation. Alignant les séries bien construites, spectaculaires sans jamais aller au-delà des limites du raisonnable, le scénariste ne néglige jamais le fond et s’appuie, pour la forme, sur les compétences de dessinateurs d’exception. Après vous avoir parlé de Delep, parlons de Ralph Meyer et Joël Parnotte.

    L’article est à retrouver ICI sur Branchés Culture.

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    Goldorak

    Fulguropoings   Rien n’arrête Xavier Dorison !    

    « Incroyable ! Le plus mythique des robots va faire son come-back dans une aventure inédite avec à ses commandes Denis Bajram et Xavier Dorison ! » C’est à découvrir sur Génération BD.

    « C’est sans doute l’une des annonces les plus chocs d’Angoulême 2020 :

    Connue juste par un cercle d’initiés sous l’intitulé « Projet G », les éditions Kana viennent de dévoiler cette Bande Dessinée inédite, en format BD, qui devra sortir dans quelques mois dans la collection « Kana Classic ».

    C’est dans cette nouvelle collection que sort actuellement le triptyque « Albator » de Jérôme Alquié.

    Et si donc Denis Bajram & Xavier Dorison officieront de concert au scénario, ce sera Brice Cossu et Alexis Sentenac qui referont vivre en images Actarus et son robot (avec Yoann Guillo à la colorisation).

    A GénérationBD, on n’a encore rien vu de ce projet phénoménal, mais on est complètement emballé !

    Imaginez seulement que ces grands malades de chez Kana assurent la promo de cet album comme ils l’ont fait pour Albator…  Go Nagai (l’auteur de Goldorak pour les incultes !) qui serait invité chez nous…  Le rêve !

    Attention : les photos ci-dessus sont toutes issues de la version de travail…. Pas d’emballements sur la forme donc, ce one-shot ne sortira que dans quelques mois !

    N’empêche…. On savait que Dorison et Bajram étaient des fans absolus de Goldorak, mais de là à se lancer dans un tel projet, avec en plus Cossu, Sentenac et Guillo….

    C’est sûr : on tient là « La nouvelle patrouille des Aigles » !

    Source : Génération BD

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