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Les dieux ont mis un homme à l'épreuve

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Une année de bandes dessinées (ACBD)

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Une année de bandes dessinées (ACBD)

Ce sujet a 47 réponses, 11 participants et a été mis à jour par Isis isis, il y a 9 mois et 3 semaines.

8 sujets de 41 à 48 (sur un total de 48)
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    Après les mangas, l'arrivée des manhwas coréens

    Mon enfance n’a pas croisé le Club Dorothée et ses dessins animés japonais, je n’ai donc jamais accroché aux mangas par la suite. Mais je reconnais que leur production industrielle est une très belle réussite, tout comme les séries télé américaines qui tiennent le haut du pavé depuis des décennies. Et la déferlante des manhwas coréens est pour bientôt !

    En complément des articles partagés par Stéphane, voici un autre entretien avec la directrice du Lombard, Christel Hoolans, dans le journal belge Le Soir.

    « Christel Hoolans dirige les éditions du Lombard et Kana, le principal label manga du groupe Média-Participations, basé à Bruxelles. Kana a été créé à l’initiative d’un éditeur bruxellois au nez fin, Yves Schlirf, en 1996. C’est la maison d’innombrables best-sellers comme Naruto, Death Note, Detective Conan, Yu-Gi-Oh !, Monster, La Rose de Versailles ou Le Sommet des dieux.

    L’an dernier, le chiffre d’affaires de Kana a progressé de 120 %, sans même prendre en compte le succès du roman graphique de Goldorak. Nous avons fait appel au « jutsu », la compétence de Christel Hoolans, pour tenter d’éclairer les raisons de ce « seiko ».

    Comment expliquer le « seiko », l’immense succès, du manga enregistré ces deux dernières années sur le marché du livre franco-belge ?

    Dès avril-mai, on a vu un frémissement dans les ventes. Le confinement, Netflix et les plateformes d’animes spécialisées ont provoqué un rush. Netflix investissait depuis cinq ans déjà dans la japanime. Ils avaient un catalogue énorme. Depuis 2014, la croissance des ventes des mangas était ininterrompue. En 2019, on avait déjà connu une année historique et, là, les mangas ont encore explosé les records. Pour moi, c’est clairement Netflix qui a permis cet avènement. Si l’on prend l’exemple de Naruto, le héros de manga le mieux classé au Top 10 des ventes, la ressortie de ses dessins animés sur Netflix a entraîné des demandes sur toutes les catégories de ses produits dérivés. Et des tas d’autres séries de mangas ont des tomes 1 dans le Top 100 des meilleures ventes de bandes dessinées. C’est le signe d’un recrutement massif de nouveaux lecteurs.

    Le tsunami des mangas s’explique aussi par le fait que les anciennes séries fonctionnent aussi bien, voire mieux que celles du fonds ?

    Naruto est une série terminée depuis 2016 et avec l’effet Netflix, la série retrouve un succès énorme. Trois tomes sont dans le Top 10. Globalement, les nouveautés représentent 27 % de ventes de mangas pour 73 % au fonds. Les ventes sur les anciens tomes ont augmenté de 100 % pendant la pandémie. Les élèves privés d’école se faisaient les séries comme Naruto sur Netflix, puis avaient l’envie de lire les mangas, d’autant qu’il y avait des épisodes différents de ceux que l’on peut voir en animation. L’un nourrissait l’autre comme dans un cercle de magie vertueuse. Par ailleurs, les consommateurs de mangas sont très communautaires : ils partagent leur passion, se prêtent les différents tomes… J’ajoute qu’en France, il y a eu un effet booster grâce au « Pass Culture », au point que la presse l’a renommé « Pass Manga ». Tous les jeunes de 18 ans avaient droit à plusieurs centaines d’euros pour acheter des livres, des places de cinéma ou de concert. Le Pass a été énormément utilisé pour acheter des livres et 60 % des livres achetés étaient des séries complètes de mangas !

    La Belgique étant elle-même une terre de héros de BD, elle a longtemps résisté à l’engouement mondial pour le manga. Là, les francophones ont craqué mais pas encore les Flamands ?

    La Belgique francophone vient de vivre un bond historique dans les ventes de mangas. Beaucoup d’acheteurs sont des jeunes issus de l’immigration. Les mangas les ont ramenés vers le livre car c’est de la lecture extrêmement addictive. Les séries paraissent avec une nouveauté tous les deux ou trois mois, et un nombre de tomes qui peut aller jusqu’à 100 volumes, voire davantage. Les gamins les enchaînent car on est aussi accro qu’aux séries télé américaines. Pour ce qui concerne la Flandre, aucune série n’est parvenue à être rentable depuis dix ans. C’est une exception mondiale ! Une explication tient au fait que les Flamands préfèrent lire majoritairement des créations flamandes. Une autre est de constater que ceux qui sont intéressés par les mangas préfèrent les lire en anglais plutôt que d’attendre leur traduction en néerlandais…

    Le succès des mangas ne met-il pas en péril l’avenir des auteurs franco-belges ?

    La bande dessinée traditionnelle souffre de la concurrence non seulement des mangas, mais aussi des séries télé, des jeux vidéo… Le rythme de publication de nos auteurs ne correspond plus toujours à la demande actuelle. Faire patienter le lecteur pendant un an pour un tome 2 est devenu plus difficile. Mais il reste de la place pour de vrais succès franco-belges, comme Mortelle Adèle, Les Légendaires… L’édition franco-belge est aussi en croissance. On voit des premiers tomes de nouvelles séries avec des tirages impressionnants comme Elle, vendu à 80.000 exemplaires, alors que sa jeune autrice était inconnue jusque-là, ou les 20.000 exemplaires des Omniscients, œuvre d’une dessinatrice dont c’est le premier livre également. Je pense que les mangas provoquent des impulsions salutaires dans l’édition franco-belge.

    Pour mieux résister à la concurrence des mangas, ne faudrait-il pas changer notre façon de créer de la bande dessinée ?

    Le problème, c’est que nous vivons dans un monde diamétralement opposé. En manga, on est dans un univers industriel, où l’on cible la création en fonction des goûts des lecteurs. On intègre directement les produits dérivés dans la réflexion. Je dirais que le manga est dans le divertissement, alors que la BD est dans le 9e Art. Chez nous, une BD n’est quasi jamais une commande d’éditeur mais un projet d’auteur. Et quand on dit à un auteur qu’il va devoir travailler avec quatre autres, que son nom ne sera pas en couverture, qu’il sera payé au mois et ne touchera pas de droits si c’est un succès… c’est difficile à entendre ! Dans le manga, avant même d’écrire la première ligne du scénario d’une nouvelle série, on élabore une bible graphique qui dit tout des personnages : leur généalogie, leurs mensurations, leurs amis, leurs goûts, ce qu’ils mangent… Les personnages sont testés dans des magazines, là où nous n’avons plus de véritable presse de bande dessinée pour lancer des séries innovantes… Plus de 70 % des héros de manga actuels sont nés dans des journaux, dont le célèbre Shōnen Jump, créé en 1968…

    Après les mangas, faut-il s’attendre à une vague de manhwas coréens ?

    Les manhwas coréens dépassent le succès des mangas sur le digital, où l’on assiste à un tsunami ! Il y a déjà des millions de lecteurs de ces webtoons coréens en français. C’est feuilletonnant, avec de la nouveauté en continu. Ils ont un Google coréen, Naver, qui met des tonnes de créations chaque mois sur le réseau. C’est un autre monde. Les Coréens sont à la conquête du marché mondial de la bande dessinée. Ils inondent le marché de créations gratuites et occupent le temps de cerveau des ados franco-belges pour qu’ils ne lisent plus que ça. Les auteurs de webtoons sont des employés de studio. Leur statut n’est pas du tout le même que celui de nos auteurs de bandes dessinées.

    Vous avez un manga initiatique à recommander pour ceux qui n’en ont jamais lu ?

    Lorsque nous vivions ensemble, de Kazuo Kamimura, un manga de niche, dans un style poétique un peu nouvelle vague, ou Sunny de Matsumato Taiyo, dont je suis une très grande fan. Il a un style proche du roman graphique. Il nous fait passer par toutes les cases de l’émotion : on pleure, on rit, on a des papillons dans le ventre. »

    Source : Journal Le Soir

    • Ce sujet a été modifié le il y a 9 mois et 4 semaines par Tjahzi.
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    Intéressante interview Tjahzi Contente de te voir revenir avec tes posts .

    Par contre lire que la BD franco-belge est « plus dans le 9eme art » lorsque on a lu les Mondes Thorgal… Voyons Madame, le franco-belge aussi aime l’argent .

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    Ça confirme un peu ce que je pense, que le manga et la BD sont deux produits complètement différents qu’il ne faut pas forcément comparer. Ce serait comme comparer le cinéma et les feuilletons télé et se dire que le cinéma doit s’inspirer de « Plus belle la vie » pour attirer les annonceurs.

    Le modèle franco-belge a toujours été une niche européenne, de toutes façons. Je suis d’accord avec Christel, d’un côté on a une œuvre, de l’autre un produit.

    Je n’ai pas trop envie que ça change en fait.

    Isis a écrit
    Par contre lire que la BD franco-belge est « plus dans le 9eme art » lorsque on a lu les Mondes Thorgal…

    Chipie. La démarche de départ n’était pas mauvaise et me semblait conforme aux attentes (il y avait deux ans entre chaque album à l’époque). Je pense que si d’autres histoires y avaient été racontées, on aurait eu une réussite différente. Je reconnais que je ne pense pas relire un jour dans ma vie la série Louve ou la Jeunesse… contrairement à Nicky Larson, Slam dunk ou Gunnm !

    Naruto par contre, j’ai essayé avec beaucoup d’envie mais j’ai trouvé ça pas bien. Mais je veux bien qu’on m’explique.

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    Je charrie. Tu as raison dans le fait que la démarche n’était pas mauvaise, mais qu’est-ce que c’est mal fichu. En relisant on dirait que tout est fait à la va-vite, sans organisation, sans relecture et sans recherche d’émotions. Je pense que ceux qui ont eu l’idée les Mondes ont trop pensé à l’argent et pas assez à l’oeuvre, justement. On a certainement pas une oeuvre, plutôt un produit mal fini qui ne peut même pas prétendre au produit de type manga 

    Tu as aimé Gunnm ? J’ai jamais osé y toucher parce que je lis partout que c’est extrêmement gore. Du coup c’est supportable ?

    • Ce sujet a été modifié le il y a 9 mois et 4 semaines par Isis.
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    Tjahzi a écrit
    Et quand on dit à un auteur qu’il va devoir travailler avec quatre autres, que son nom ne sera pas en couverture, qu’il sera payé au mois et ne touchera pas de droits si c’est un succès… c’est difficile à entendre !

    Dit comme ça c’est clair c’est choquant. 

    MAIS je connais aussi pas mal d’auteurs qui ne sont plus du tout auteurs. Il y a un paquet de graphistes dans notre pays qui ne sont plus du tout graphistes (dont moi) alors peut-être dans le lot il y en a qui préférais travailler comme salarié d’une boîte de prod, plutôt qu’être devenu plombier (ou instit   ) …. Il me semble que dans l’industrie du dessin animé on travaille déjà un peu comme ça (avec une spécialisation pour les dessinateurs : paysage, personnages, etc… ).

    Je ne dis pas que c’est mieux, je m’interroge. Choisir une orientation artistique comme voie professionnelle est soumis à beaucoup de questionnement sur la place de chacun dans ce bas monde. 

    Ce qui est certain, c’est qu’en Europe on fait sortir beaucoup d’artistes des écoles et que tout le monde  ne remplit pas le frigo avec son travail et son talent. Je ne sais pas si le fait d’avoir un heureux élu sur 100 est la bonne solution. Je ne sais pas.

    Ce qui serait bien peut-être ce serait peut-être de faire cohabiter les propositions, et que l’industrie rentable n’empêche pas les propositions créatives moins rentables.

    Il y a peu de places pour les artistes, mais il y a potentiellement plus de places pour les artisans. Finalement c’est la différence que je fais entre les 2 postures. Il faut aussi beaucoup d’humilité pour travailler comme ils le font dans le manga. Et je vous assure que dans les écoles d’art française ce n’est pas l’humilité qu’on apprend…

    Il faudrait reconsidérer la chose : est-ce humiliant de ne pas être auteur, et de créer quelque chose quand même, en tant qu’artisan employé, pour une création collective ?  Pour ce qui est de la question de la rémunération, le problème est le même pour tous les travailleurs. Mais ça ne peut pas être pire que la situation de pléthore d’illustrateurs indépendants.

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    Je sais que, pour ma part, une bonne partie des albums que j’achète le sont grâce au nom du ou des auteurs, même si le thème, l’univers, le traitement sont différents de ce qu’il fait d’habitude. Donc il me semble qu’un nom d’auteur reste pour moi un atout. Quand j’arpente les salons BD, j’ai envie de rencontrer l’artiste, l’éditeur restant plutôt pour moi un marchand.

    Isis a écrit
    Tu as aimé Gunnm ? J’ai jamais osé y toucher parce que je lis partout que c’est extrêmement gore. Du coup c’est supportable ?

    Non non, c’est dégueulasse. Personne n’a le droit d’y toucher chez moi, c’est à mettre sur l’étagère du haut. En fait je suis tombé amoureux du film d’animation, il y a bien longtemps, et j’ai lu les albums pour me replonger dans tout ça. La première saison est vraiment chouette, c’est aussi peut-être la moins gore selon moi (toutes proportions gardées). La suite est insoutenable et j’ai d’ailleurs fini par arrêter, je n’aime pas l’autoflagellation. L’auteur doit être cinglé.  

    C’est la seule série du genre que j’ai.

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    Ah oui forcément, lire Gunnm alors qu’on aime pas les trucs violents ;D

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    Il y a des auteurs connus aussi dans le manga. Les auteurs de Death Note se sont fait un nom, tout comme celui de Dragon Ball ou celui de XX Century Boy. Tous les auteurs de manga a succès se font des noms et je suppose qu’on leur laisse une liberté créative une fois qu’ils ont fait leurs preuves ?

    Thorgal-BD a écrit
    La suite est insoutenable et j’ai d’ailleurs fini par arrêter, je n’aime pas l’autoflagellation. L’auteur doit être cinglé.

    J’aime beaucoup le manga pour des raisons qui m’échappent un peu à moi-même, mais j’avoue que les japonais me semble avoir un vrai problème avec le sang, les démembrements et autres atrocités. Récemment j’ai vu un anime nommé Made in Abyss, que je trouve fascinant, mais l’auteur a un sérieux problème avec l’horreur gore… sans compter certains gags sur les enfants qui me semblent carrément répugnants.

    Après, des horreurs, on en a aussi en BD franco-belge. Je suis tombée un jour par hasard sur une BD dont je trouvais le dessin très beau, mais j’ai commencé à lire et j’ai été tellement horrifiée que j’en ais été mal une journée entière. Ça s’appellait Sang Royal d’un certain Jodorwsky apparemment très connu et tout et tout et nan… laisse tomber…

    • Ce sujet a été modifié le il y a 9 mois et 3 semaines par Isis.
8 sujets de 41 à 48 (sur un total de 48)


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