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Les dieux ont mis un homme à l'épreuve

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Une année de bandes dessinées (ACBD)

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Une année de bandes dessinées (ACBD)

Ce sujet a 26 réponses, 8 participants et a été mis à jour par Thorgal-BD Thorgal-BD, il y a 1 mois et 3 semaines.

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    L’ACBD, l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée, a sorti son rapport 2015 sur la production de bandes dessinées dans l’espace francophone européen : Rapport ACBD 2015 : l’année de la rationalisation. Des données très intéressantes pour les bédéphiles y figurent, je vous copie juste la synthèse ci-dessous.

    2015 : l’année de la rationalisation

    En cette période d’instabilité économique et politique, où les assassinats des dessinateurs du journal Charlie Hebdo au début de l’année sont encore dans toutes les mémoires, les acteurs du 9e art cherchent à maintenir les positions durement acquises en matière de parts de marché. Ils ralentissent quelque peu leur rythme de production ou adaptent leur politique éditoriale, en misant sur les valeurs sûres : d’où la conception de revivals modernisés ou le lancement de nouvelles séries référencées. Tout est fait pour satisfaire les goûts du plus grand public pour ne pas risquer de perdre des places dans les linéaires des libraires, quelquefois au détriment de la création et de l’innovation.

    I. Production – 5 255 livres de bande dessinée ont été publiés en 2015 (dont 3 924 strictes nouveautés) : un retrait de 2,9 % par rapport à l’année précédente, ce n’est que la deuxième fois, en 17 ans, que la forte poussée de l’offre éditoriale du 9e art s’accorde une pause.

    II. Édition – 368 éditeurs occupent le marché du 9e art en 2015, mais 3 puissants groupes et 12 autres importantes structures dominent l’activité du secteur, en totalisant 68,6 % de la production.

    III. Évaluation – La bonne orientation des ventes en 2015 devrait consolider la position économique de la bande dessinée sur le territoire francophone européen, alors que les tirages de la plupart des 98 principaux best-sellers de l’année subissent une nouvelle baisse.

    IV. Traduction – Le secteur s’ouvre de plus en plus aux productions étrangères, avec 2 305 nouveaux titres issus de 35 pays différents, même si 1501 bandes dessinées venues d’Asie et 524 des États-Unis (un chiffre en forte augmentation pour ces derniers) représentent 87,6 % des nouveaux titres traduits.

    V. Réédition – Avec 960 nouvelles éditions ou intégrales, l’exploitation du secteur patrimonial connaît une accalmie (98 titres de moins que l’an passé), mais on remarque, a contrario, une forte augmentation des reprises de héros d’autrefois, avec 49 séries qui se perpétuent au-delà des disparitions ou de l’abandon par leurs créateurs.

    VI. Prépublication – 71 revues spécialisées et 13 éditions particulières d’albums BD sont encore diffusées en kiosque, Maison de la presse ou Relay, malgré les difficultés et la concurrence accrue que subit ce réseau de distribution.

    VII. Information – En 2015, 25 revues papier, 43 sites spécialisés et 96 ouvrages sur le 9e art démontrent l’intérêt d’une partie du lectorat envers l’information, l’histoire et la critique de bande dessinée.

    VIII. Mutation – Même s’il progresse (évaluation légèrement supérieure à 1 % par la plupart des professionnels), l’ensemble du marché du numérique reste marginal : le passage à la bande dessinée digitale a donc toujours du mal à trouver ses marques.

    IX. Création – En ayant au moins 3 albums disponibles au catalogue d’éditeurs bien diffusés et un contrat en cours ou un emploi régulier dans la presse ou l’illustration, 1 399 auteurs réussiraient encore à vivre de la création de bandes dessinées sur le territoire francophone européen, alors que 1 602 dessinateurs ou scénaristes ont pourtant réussi à publier au moins 1 album en 2015.

    X. Adaptation – 28 bandes dessinées francophones ont donné lieu à des films, téléfilms et dessins animés, alors que 179 œuvres réalisées à l’origine pour d’autres médias et 98 ouvrages dépendant de licences issues d’autres supports ont alimenté la production des nouveautés du 9e art.

    Gilles Ratier, secrétaire général de l’ACBD

26 réponses de 1 à 26 (sur un total de 26)
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    Et Thorgal dans tout ça…

    5255 bandes dessinées publiées en 2015, ça fait quand même 100 BD par semaine, dont les ¾ de nouveautés. Je comprends maintenant pourquoi je suis perdu dans les nouvelles publications ! Bon, si on retire les traductions de BD étrangères, il ne reste plus que 25 nouvelles BD francophones par semaine, ça va déjà mieux…

    Parmi les nouveautés 2015, il y a bien sûr les 3 derniers albums des Mondes de Thorgal. Quelle santé, ce Surzhenko ! Regardons les tirages des 3 séries de plus près…

    En janvier, parution de « Skald », le 5ème album de la série Louve avec 75 000 exemplaires. Les tomes précédents ont été tirés à 140 000 ex. pour « Raïssa », 115 000 ex. pour « La main coupée du dieu Tyr », 100 000 ex. pour « Le royaume du chaos » et 85 000 ex. pour « Crow ».

    En avril, parution de « Runa », le 3ème album de la série La Jeunesse avec 80 000 exemplaires. Les tomes précédents ont été tirés à 140 000 ex. pour « Les trois sœurs Minkelsönn » et 90 000 ex. pour « L’œil d’Odin ».

    En novembre, parution de « L’Île des Enfants perdus », le 6ème album de la série Kriss de Valnor avec 85 000 exemplaires. Les tomes précédents ont été tirés à 200 000 ex. pour « Je n’oublie rien ! », 130 000 ex. pour « La sentence des Walkyries » et « Digne d’une reine », 95 000 ex. pour « Alliances » et 85 000 ex. pour « Rouge comme le Raheborg ».

    La baisse des tirages est importante, mais elle est généralisée au secteur. Comme le dit l’auteur du rapport, cette baisse s’explique en partie par le fait que les éditeurs ajustent mieux leurs coûts en imprimant ce qu’ils espèrent être les ventes d’une première année de mise en place (tout en tenant compte des ventes effectives des précédents volumes), le perfectionnement des machines d’impression permettant des retirages plus rapides et pour un coût moins important qu’autrefois. Dans ce cas, il serait intéressant à plus long terme de connaître les retirages qui seront faits des albums.

    Le dernier album de Thorgal, « Kah-Aniel », a bénéficié d’un tirage de 200 000 exemplaires en 2013. Qu’en sera-t-il du prochain prévu en novembre ?

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    150 000 ?
    100 000 ?
    90 ou 80 000 ?

    en tout cas, je trouve ça bien bas, déjà que la baisse avec Sente était énorme, alors là…

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    Le chiffre des vente serait plus parlant que celui des tirages. Mais là on ne parle plus de baisse, on en est à moitié moins, c’est vraiment beaucoup. A nuancer en fonction des réimpressions éventuelles, effectivement, mais une réimpression sert essentiellement à remettre le produit en rayon, à éviter le trou dans la collection du magasin. Le gros des ventes, c’est la nouveauté, disons le mois qui suit la parution.

    Ca me rappelle une interview d’Yves Sente (dans Casemate me semble-t-il) où le scénariste indiquait que les ventes avaient beaucoup chuté, mais que la multiplication des titres permettait de vendre autant de Thorgaux aujourd’hui qu’il y a 10 ans.
    Autant d’albums, peut-être, puisqu’on en est à 240 000 albums imprimés l’an dernier pour les trois nouveautés, c’est énorme. Mais le lectorat est donc de plus en plus réduit. Il vaut mieux 250 000 personnes achetant et lisant ces albums, que 80 000. D’autant que quand l’un de ces lecteurs laisse tomber, c’est 10 albums vendus en moins sur 3 ans.

    Je pense que l’éditeur va peut-être tenter un « coup » cette année au moment de la parution espérée-attendue-rêvée du nouvel album de Thorgal, avec une grosse mise en place, car il y aura Dorison et Rosinski sur la couverture, ça envoie du lourd. Mais mais mais pour que ça marche et que la série retrouve réellement les sommets, il faudra aussi que cet album soit très bon.

    Mais ce qui me trouble le plus, c’est le nombre de publications. En 2000, je trouvais déjà qu’on était un peu inondés de BD, pas facile à suivre, des tomes 1 qui n’avaient pas de tome 2. Mais depuis, le nombre d’albums a quadruplé !
    Est-ce un signe de bonne santé, indiquant que la demande a été multipliée par 4 et que la diversification est une attente du lectorat ? Ou est-ce une course concurrentielle ?
    On voit quand même sur le graphique que le marché du franco-belge est plutôt stable (très haut) depuis 8 ans.

    J’espère surtout que les auteurs réussissent à vivre de leur travail, il y a tellement de talent chez ces gens-là.

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    T-BD a écrit :
    Il vaut mieux 250 000 personnes achetant et lisant ces albums, que 80 000. D’autant que quand l’un de ces lecteurs laisse tomber, c’est 10 albums vendus en moins sur 3 ans.

    De plus que les Mondes de Thorgal vont bientôt se finir…

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    Tyseria a écrit :
    De plus que les Mondes de Thorgal vont bientôt se finir…

    On aura encore pas mal d’albums à savourer d’ici là

    Thorgal.BD a écrit :
    Il vaut mieux 250 000 personnes achetant et lisant ces albums, que 80 000. D’autant que quand l’un de ces lecteurs laisse tomber, c’est 10 albums vendus en moins sur 3 ans.
    Je pense que l’éditeur va peut-être tenter un « coup » cette année au moment de la parution espérée-attendue-rêvée du nouvel album de Thorgal, avec une grosse mise en place, car il y aura Dorison et Rosinski sur la couverture, ça envoie du lourd.

    Oui, le calcul de Sente est une vue à court terme, puisque ce sont les mêmes accros qui achètent toutes les séries, et le nombre de ces fidèles est en baisse. Il faudra un sacré battage médiatique autour du prochain Thorgal pour récupérer des lecteurs supplémentaires.

    Thorgal.BD a écrit :
    Mais ce qui me trouble le plus, c’est le nombre de publications. En 2000, je trouvais déjà qu’on était un peu inondés de BD, pas facile à suivre, des tomes 1 qui n’avaient pas de tome 2. Mais depuis, le nombre d’albums a quadruplé !

    Toutes ces BD qui ne vont pas au-delà du tome 1, je trouve que c’est un sacré gâchis. Même si elles me plaisent, j’en arrive à attendre pour voir si la série va continuer avant de l’acheter. Mais si tout le monde fait comme moi, plus aucune série ne pourra démarrer. Je trouve que les éditeurs manquent de courage en ne faisant pas une plus grande sélection dans ce qu’ils publient, et en soutenant les séries qu’ils ont choisies…

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    Ou alors il faudrait favoriser les histoires en 2-3 tomes, ou avec un tome introductif qui se suffit à lui-même. Si ça marche on continue, sinon on arrête. Mais on va au bout, on termine.

    Tyseria a écrit :
    De plus que les Mondes de Thorgal vont bientôt se finir…

    Non non, rien n’indique que les Mondes vont s’arrêter. La collection va continuer à évoluer, mais pas s’arrêter, a priori.

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    Et nos scénaristes dans tout ça…

    En-dehors de Thorgal et de ses Mondes, nos scénaristes participent à d’autres projets du neuvième art. Voici les tirages de leurs principales œuvres parues en 2015 (albums publiés à au moins 20 000 exemplaires).

    Jean Van Hamme : Largo Winch 20300 000 ex.

    Yann : Angel Wings 2 – 45 000 ex. et Dent d’ours 3 – 20 000 ex.
    Total pour Yann (y compris les Mondes de Thorgal) : 220 000 ex.

    Mathieu Mariolle : PSG Academy 5 – 22 000 ex. et PSG Academy 6 – 22 000 ex.
    Total pour Mariolle (y compris les Mondes de Thorgal) : 129 000 ex.

    Xavier Dorison : Undertaker 1 – 95 000 ex. , Undertaker 2 – 60 000 ex. , Comment faire fortune en juin 40 – 50 000 ex. , Le Troisième testament : Julius 4 – 45 000 ex. , Le Maître d’armes – 39 000 ex.
    Total pour Dorison (y compris les Mondes de Thorgal) : 374 000 ex.

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    Top 100 des lecteurs sur BDGest en 2015

    Après les publications, voici pour 2015 les chiffres du top 100 des lecteurs sur BDGest, le principal site BD sur internet : http://www.bdgest.com/news-1052-BD-Top-100-des-lecteurs-BDGest-2015.html

    Tout au long de l’année, les amateurs de bandes dessinées inscrits sur BDGest peuvent choisir chaque mois leurs 10 albums préférés, constituant ainsi le Top 5 mensuel. L’année révolue, ces votes constituent également un Top 100 des lectures préférées des visiteurs. Voici quelques chiffres et statistiques sur l’année 2015.

    Tout d’abord, on note un plébiscite massif des éditions Dargaud dans le haut du panier avec pas moins de 7 albums dans les 10 premiers, 9 dans les 20 premiers et carrément les deux tomes d’Undertaker en 1ère et 4eme position. Dargaud et Delcourt sont les éditeurs préférés du Top 100, Glénat en 3e position, est talonné par Soleil. En terme de groupes, Média Participation (Dargaud, Dupuis, Lombard, Urban Comics), Delcourt (Delcourt, Soleil) et Glénat (Glénat, Vents d’Ouest) se disputent 73% du top 100, laissant 12 éditeurs se partager les 27% restants.

    Les lecteurs sont volontiers curieux puisqu’un quart de leurs faveurs s’adressent à des tomes 1 ou à des one shot. Par contre, les habitudes sont résolument franco-belges avec 97% des albums préférés contre trois malheureux comics (dont deux Walking Dead) et zéro manga. Les séries et spin-off à sorties rapprochées ne semblent pas lasser les lecteurs puisque sept séries sont représentées en double : Undertaker, Nains, Elfes, Thorgal, Walking Dead, XIII, Chateau des étoiles. Enfin, la répartition par genre montre une nette préférence pour la Science-Fiction, dépassant de peu l’Heroic-Fantasy et le fantastique, les trois représentant 52% des albums.

    BDGest

    Dans le classement 2015 des lecteurs, « Runa » arrive 53ème et « L’île des Enfants perdus » 75ème.
    En 2014, « L’oeil d’Odin » se classait 40ème, « Crow » 43ème et « Rouge comme le Raheborg » 54ème.
    En 2013, « Les trois sœurs Minkelsönn » terminait 39ème, « Le Royaume du chaos » 45ème, « Kah-Aniel » 49ème et « Alliances » 70ème.

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    La bande dessinée en 2016

    Voici la synthèse du rapport 2016 de l’ACBD, l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée.

    2016 : l’année de la stabilisation

    À quelques dizaines de titres près (50 de plus), la production de bandes dessinées en 2016 est sensiblement la même que celle de l’année précédente. Au fil des ans, le 9e art s’est construit une place de choix au sein de l’industrie culturelle et ses acteurs ont su trouver un rythme de production, ainsi que des politiques éditoriales efficaces, dans un monde en constante mutation économique et artistique : d’où la multiplication des licences et des valeurs sûres allant dans le sens des goûts d’un large lectorat. Les tentatives innovantes ou risquées financièrement se raréfient, mais participent à la consolidation des marchés de niche et des nouvelles diffusions du livre : que ce soit par l’impression à la demande ou par la vente sur Internet.  

    I. Production –  Avec 5 305 livres de bande dessinée publiés en 2016 (dont 3 988 strictes nouveautés) — soit une légère augmentation de 0,9 % par rapport à l’année précédente —, l’offre éditoriale du 9e art se stabilise au-dessus de la barre symbolique des 5 000 publications.

    II. Édition – 384 éditeurs occupent le marché du 9e art en 2016, mais seuls 3 puissants groupes et 12 autres importantes structures dominent l’activité du secteur, en totalisant 67,3 % de la production.

    III. Évaluation –  Sur les 9 premiers mois de l’année, d’après les données Livres Hebdo/I+C, les ventes en valeur seraient supérieures à la moyenne de l’ensemble du marché du livre, mais les tirages initiaux de la plupart des 95 principaux best-sellers de l’année sont toujours en baisse.

    IV. Traduction – L’augmentation des titres venus d’Asie (1541) et des États-Unis (552), lesquels représentent désormais 90,9 % des nouveaux opus traduits, n’empêchent pas le secteur de s’ouvrir aux autres productions étrangères, puisque les 2 302 traductions de 2016 sont issues de 36 pays différents.

    V. Réédition – Avec 964 nouvelles éditions ou intégrales, l’exploitation du secteur patrimonial se stabilise également ; seul augmente le nombre des reprises de héros d’autrefois, avec 57 séries qui se perpétuent au-delà des disparitions ou de l’abandon par leurs créateurs.

    VI. Prépublication – Malgré une distribution dans un réseau confronté à une baisse régulière de sa clientèle (et donc de son chiffre d’affaires), 70 revues spécialisées et 14 éditions particulières d’albums affirment encore la présence de la bande dessinée dans les kiosques, Maisons de la presse ou Relay.

    VII. Information – L’information, l’histoire et la critique de bande dessinée intéressent toujours une certaine partie du lectorat, puisqu’il existe encore, en 2016, 24 revues papier, 44 sites spécialisés et 87 ouvrages d’études spécialisées sur le 9e art.

    VIII. Mutation – Malgré un catalogue de plus en plus complet et des offres attrayantes (80 % des nouveautés et 70 % du fonds récent sont désormais accessibles en version digitale), l’ensemble du marché du numérique n’arrive toujours pas à convaincre un large public.

    IX. Création – En ayant au moins 3 albums disponibles au catalogue d’éditeurs bien implantés et un contrat en cours ou un emploi régulier dans la presse ou l’illustration, 1 419 auteurs réussiraient encore à vivre de la création de bandes dessinées sur le territoire francophone européen, alors que 1 597 dessinateurs ou scénaristes ont pourtant réussi à publier au moins 1 album en 2016.

    X. Adaptation – 23 bandes dessinées francophones ont donné lieu à des films, téléfilms et dessins animés, alors que 184 œuvres réalisées à l’origine pour d’autres médias et 97 ouvrages dépendant de licences issues d’autres supports ont alimenté la production des nouveautés d’un 9e art qui poursuit, par ailleurs, une percée remarquée sur le marché de l’art contemporain.

    Gilles Ratier, secrétaire général de l’ACBD

    Parmi les 4000 nouvelles BD éditées en 2016, les principaux tirages (hors comics et mangas) sont Lucky Luke (500 000 ex.), Blake et Mortimer (400 000 ex.), Lou ! (320 000 ex.), L’Arabe du futur, Les Légendaires, Thorgal, XIII, Les Carnets de Cerise, Les Sisters et Seuls. Outre le nouvel album de Thorgal, on retrouve cette année 2 nouveaux tomes des Mondes de Thorgal.

    Dans la série La Jeunesse, « Berserkers » a été édité en avril à 75 000 exemplaires, tout comme « La reine des Alfes noirs » en septembre dans la série Louve. Le tirage de l’album « Le feu écarlate » en novembre reste aussi stable par rapport aux tomes précédents, avec 200 000 exemplaires pour Thorgal.

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    Aaah, les chiffres…

    Il est vrai qu’il est toujours intéressant d’observer ce marché, qui nous offre ici une part de son mystère.

    On voit que la production franco-belge est stable maintenant depuis 8-9 ans, depuis 2008. Il y en a quand même beaucoup. 1558 titres, ça fait 30 albums qui paraissent chaque semaine ! Combien de perles, dans cet océan, se retrouvent perdues ? Et combien d’albums moyens, aussi ? Il doit y en avoir pas mal.

    Si on ajoute les rééditions, disons 500 sur les 964 annoncées, on arrive à près de 40 albums de franco-belge par semaine.
    Pas facile d’être éditeur en 2017, j’imagine. Bon courage aux auteurs, aussi, pour sortir de la mêlée.

    Pour ma part, ce flot incessant a un effet notable, il a peu à peu tari mes envies. Je ne commence plus de nouvelles séries, ou rarement, avec la crainte d’un arrêt de la série ou, pire, d’une multiplication des titres, d’une franchise. C’est particulièrement vrai pour les comics, je n’y arrive plus, on n’y comprend plus rien. J’ai commencé avec Strange dans les années 80, il y avait un Spiderman par trimestre, c’était cool. L’attente était délicieuse. Aujourd’hui, c’est devenu tellement compliqué, des multivers, ils sont dans le passé, le futur, des présents alternatifs, des reboots…
    Ça me semble plus rationnel dans le manga, mais comme toujours il y a ce problème de la durée des séries, pas évident de se lancer la fleur au fusil dans une collection de 30 ou 40 albums dont certains ne font avancer l’histoire que d’une roue de brouette.

    Mon modèle préféré reste donc le franco-belge, toujours capable de surprendre et/ou d’attraper le train du souvenir. Mais là, trop c’est trop, les albums s’entassent et ne se lisent plus.

    On voit aussi que Thorgal reste stable, et que l’éditeur est à la fois raisonnable et ambitieux, en imprimant 200 000 exemplaires du dernier album.

    Je me pose une question. Dans ce modèle actuel, la BD se démocratise et devient le livre qui va dans toutes les maisons, tant mieux. Mais est-elle encore capable, dans ce modèle, de créer des héros intemporels ? Est-il encore possible de faire émerger un nouveau Thorgal, Astérix, Lanfeust ou Tintin ? Une BD d’aujourd’hui peut-elle prétendre devenir un jour un standard, un pan de notre culture commune ?

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    Très bonne question ! La BD se démocratise, mais elle reste quand même un budget important chez nous qui lisons des albums de qualité, alors que dans d’autres pays, les BD sont des produits beaucoup moins durables. Mais acheter des BD pour ne pas les lire, c’est quand même dommage… Donc je me suis depuis quelque temps tourné vers l’emprunt en bibliothèques, qui chez moi proposent des milliers, voire des dizaines de milliers de titres empruntables. Le seul problème, c’est la limite de 6 emprunts à la fois, donc je tourne avec 3 bibliothèques en parallèle. 

    Plusieurs raisons m’ont amené à cette manière de faire. D’abord, je parlais du budget. Mes emprunts me coûtent de 20 à 50 cents le tome, donc le calcul est vite fait, surtout pour des albums que je ne lirai qu’une fois. Puis je ne prends plus le risque d’acheter une BD que je n’aimerai pas. Je l’ai encore fait une fois ou l’autre en me fiant aux recommandations que j’avais lues, et j’ai été déçu. Un exemple ? J’ai acheté l’intégrale de « Il était une fois en France » car c’était une série incontournable. Je ne l’ai encore lue qu’une fois, parce que ce n’est pas le style d’histoire que je recherche, même si elle est d’excellente qualité.

    Un autre point qui me freine pour commencer de nouvelles séries, c’est la pléthore de l’offre qui noie les BD de bonne qualité dans un océan de livres plus éphémères les uns que les autres. Alors à qui faire confiance pour se dire que la série que je commence va continuer ? Pourtant je suis un lecteur (et acheteur) de séries qui constituent plus de 90 % de ma bibliothèque. J’ai d’autre part été touché par la fin de plusieurs séries que je suivais depuis des années. La pire fin est pour moi celle de Buddy Longway qui meurt  avec sa femme dans le dernier tome, au bout de 20 ans passés à partager leur quotidien ! Après, ça devient plus difficile de redonner sa confiance à de nouveaux héros, un peu comme avec des amis qui disparaissent. Avec le temps, c’est plus compliqué de se faire de nouveaux amis que quand on est jeune, sans doute parce qu’on devient plus difficile…

    Je ne suis pas sûr qu’il y aura encore des héros de BD intemporels à l’avenir, notamment parce que les auteurs qui veulent se consacrer à une série qui leur prendra tout leur temps deviennent plus rares. Ils ont envie de varier les plaisirs, ce que je comprends parfaitement. Tout comme les lecteurs sont moins fidèles à leurs héros que par le passé, ce que je comprends tout autant. Malgré tout, je me suis décidé à me relancer dans une nouvelle série que j’espère partie pour des années, celle de Undertaker. Mais je compte sur Xavier Dorison pour ne pas la lâcher de sitôt, sinon gare à lui ! 

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    J’ai bien peur que non…

    Avec tout les nouveaux media (TV , internet), la BD n’est plus aussi lue par les jeunes et surtout la quasi disparition des journaux (tintin, pilote) empêche de faire surgir un nouvel « héros » de nos BD.

    Tes exemples sont bons, et encore pour Lanfeust, je doute qu’on en parle encore dans 10 ans…

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    La bande dessinée en 2017

    On n’aura plus droit au rapport annuel de l’ACBD. Gilles Ratier, son rédacteur, a rendu son tablier l’année dernière et personne ne l’a repris depuis. Donc plus d’infos sur la diffusion des Mondes de Thorgal non plus. 

    Il reste l’institut d’études de marché GfK qui a fait un bilan global de 2017, avec une année record, à 43 millions exemplaires de BD vendues en France et 500 millions d’euros de CA en augmentation sur quasi toutes les familles de BD. Astérix reste la potion magique de la bande dessinée française.

    43 millions d’exemplaires vendus, soit 4 de mieux que l’année précédente (2017 : 39 millions, selon GfK) et un chiffre d’affaires qui passe le cap des 500 millions d’euros. Astérix pèse à lui seul 4% de ce segment qui s’avère plus dynamique que le marché du livre dans son ensemble (+9% contre 5%), le plus haut niveau depuis dix ans, alors que le chiffre se tassait ces deux dernières années.

    C’est la BD jeunesse qui explique en partie cette embellie : +18% cette année, avec un bon soutien des mangas (+10%) et une bonne tenue de la BD contemporaine grâce aux biographies et aux adaptations littéraires en BD (+5%). Le comics US, en revanche, se tasse (-6%).

    Alors que d’aucuns nous prédisaient la disparition des 48cc classiques, ce sont eux qui font le chiffre cette année avec le quatuor de tête : Astérix (1,6 millions), Titeuf (175.000 ex.), Tintin (oui, oui, les Soviets en couleurs : 169.000 ex.) et Le Chat (154.000 ex.).

    Derrière d’autres séries : Largo Winch et son nouveau scénariste Eric Giacometti s’en sort bien (144.000 ex.) et Les Légendaires (98.000 ex.). Suivent des outsiders plus trop surprenants : Les Vieux Fourneaux (153.000 ex., ils placent deux titres dans le Top 15), Les Culottées (117.000 ex.), Ki&Hi (106.000 ex. ; également 2 titres dans le Top 15) et une surprise : Marion Montaigne avec Dans la Combi de Thomas Pesquet (136.000 ex.). On remarquera la bonne tenue d’Astérix et la grosse glissade de Titeuf.

    Source article : ActuaBD

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    Ooooh, je viens de tomber sur ce sujet que j’avais raté les deux années antérieures. Quel dommage que le rapport n’existe plus. J’ai lu les antérieurs et j’ai trouvé ça passionant. Tjahzi, un grand merci pour le partage.

    Intéressant débat que vous avez eu d’ailleurs, Stef et Tjahzi.

    Ça me donne une idée de sujet.

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    C’est marrant, ça m’en avait donné aussi une, sur les éditeurs ! Toi c’est sur quoi ?

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    Mauvaise mine

    Sur France Info, article très intéressant sur les conditions déplorables dans lesquelles les auteurs de BD travaillent.

    Mauvaise mine

    Pas de chômage, pas de vacances, pas de couverture maladie : vis ma vie (compliquée) d’auteur de BD.

    Réaliser des BD, un métier de rêve… à condition de pouvoir en vivre. Pour la plupart des auteurs, la passion est souvent synonyme de galère. En 2015, une étude réalisée par les Etats généraux de la bande dessinée mettait en évidence une précarité galopante de la profession. Sur les 1 500 auteurs ayant participé à l’enquête, 53% touchaient moins que le smic annuel brut, et 36% se débrouillaient sous le seuil de pauvreté. Des chiffres qui cachent des réalités diverses, car même les auteurs établis souffrent. Des chiffres surtout qui contrastent avec la bonne santé du marché de la BD, dont le chiffre d’affaires a bondi de 20% en dix ans, et dont les fers de lance rachètent de grosses maisons d’édition. De quoi regarder d’un autre œil les auteurs mis en avant au festival d’Angoulême.

    Suite de l’article ICI sur France Info.

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    Déprimant comme article. Après, je me demande si un autre monde est possible ?

    Il n’y a jamais eu autant de BDs… donc je pense que cela signifie que plus d’auteurs qui publiés qu’avant. Mais du coup plus d’auteurs publiés = moins d’argent pour chacun ? Difficile de sortir d’un tel système . La solution serait éventuellement de réduire la quantité de série… mais du coup pleins d’auteurs ne seraient même pas publiés.

    Ou alors on enrichit les lecteurs pour qu’ils achètent plus de BD. Ouais, je suis partante pour cette solution . Bon, je plaisante un peu. Mais j’avoue que je ne vois pas trop quelles solutions pourraient exister. Je n’ai jamais été très calée en économie ni en sociologie…

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 an et 7 mois par Isis.
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    La base, c’est pour moi de payer correctement l’auteur pour son travail. Quand je lis un salaire de 2€ de l’heure, c’est choquant. Alors s’il faut engager moins de personnes pour pouvoir les payer correctement, c’est le travail de l’éditeur de faire les meilleurs choix possibles. Le modèle économique de la BD ne fonctionne plus, en tout cas pour les auteurs.

    Auteur dessin : Soulcié

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    La bande dessinée en 2018

    Sur base du rapport de l’institut d’études de marché GfK, Actua BD commente les résultats des ventes de bandes dessinées en 2018.
    Le marché de la BD a fait en 2018 son meilleur score depuis 15 ans
    Avec 44 millions d’albums vendus (+ 1 million par rapport à 2017) et un chiffre d’affaires de 510 millions d’euros (+ 10 M par rapport à l’année précédente) et + 2,5% en volume, le marché de la bande dessinée en France progresse en dépit d’une « surproduction » récurrente, de l’absence d’un « vrai » Astérix en 2018 et de l’effet « Gilets Jaunes » sur les fêtes de fin d’année.
    En novembre, les directeurs commerciaux des maisons d’édition suaient des grosses gouttes. Les premières manifestations des Gilets jaunes avaient entraîné la fermeture des magasins de centre-ville, en particulier des enseignes comme la FNAC. Coup dur pour un secteur du livre déjà fragile…
    Alors que le Lucky Luke de l’année, sorti une semaine auparavant, gardait son cap par rapport aux espoirs de vente, le dernier Blake & Mortimer avait dévissé. « Mais ; chose extraordinaire, nous avons tout rattrapé dans les derniers jours de fêtes, et la tendance du mois de janvier reste au-dessus de la moyenne » nous dit le directeur commercial d’une grosse maison d’édition.

    Stéphane Beaujean, directeur artistique du Festival International de la BD d’Angoulême, dans un commentaire sur sa page Facebook, se félicite d’une situation qui, selon un communiqué de l’institut de sondages Gfk, « confirme les tendances (croissance à deux chiffres du manga, croissance du comics, croissance de la création jeunesse contemporaine, de la non-fiction et fiction contemporaine, décroissance continue du récit de genre et des héros historiques francophones. »
    Mais il ajoute ce qui a l’air d’un plaidoyer pro domo pour une sélection d’Angoulême souvent jugée élitiste : « … l’effet de rattrapage lié au développement de nombreux publics et genres au début des années 2000 permet à la bande dessinée de maintenir sa croissance malgré un chiffre global du livre en berne depuis plusieurs années. En revanche, le public du socle historique de la bande dessinée, qui avait déjà atteint sa masse critique depuis de nombreuses années, décroit naturellement en suivant la courbe du livre papier. »
    Voire. Pour un secteur subclaquant, ce « socle historique » tient sacrément bien le haut du pavé cette année encore : les deux meilleures ventes de l’année restent Lucky Luke et Blake & Mortimer, des séries qui comptent plus de 70 ans aux chanterelles.

    Dans cette année sans nouveauté d’Astérix, le « 48cc » place 12 titres dans les 20 meilleures ventes. Et effectivement, ce Top 20 est bien diversifié : les mangas occupent 4 des 20 premières places, dont deux attribuées à Dragon Ball qui n’est pas non plus un perdreau de l’année…, Le roman graphique a comme seul représentant Riad Sattouf qui occupe deux places sur 20 et « l’effet cinéma » des Vieux Fourneaux lui permet de placer quatre titres dans le Top 20 des best-sellers.
    La nouvelle génération -quel que soit le secteur- confirme sa position : Marion Montaigne (Dans la combi de Thomas Pesquet) fait une très belle année pour un titre paru en 2017, Patrick Sobral (Les Légendaires) reste une valeur sûre, de même que Julien Neel (Lou !). On remarque aussi Ki & Hi des bloggeurs K. Tran & F. Antigny (Ed. Michel Lafon) qui vient confirmer pour la deuxième année l’émergence des « mangas français » dans le Top 20, une vraie tendance de fond qui enchaîne de plus en plus les succès.

    Mais pour revenir à l’enquête GfK, il y a en 2018, une nette progression des ventes en volume des mangas : +11%, qui atteint désormais 38% du marché gagnant 3% par rapport à l’année précédente. Les comics restent stables (6% de pdm) tandis que la BD jeunesse et la BD classique se tassent en cette année où la nouveauté Astérix est absente.
    Allez bon, à Angoulême, on peut faire la fête pour célébrer cette année exceptionnelle, avec des ventes records, le plus haut chiffre recueilli en France depuis 15 ans !
    Source : https://www.actuabd.com/Le-marche-de-la-BD-a-fait-en-2018-son-meilleur-score-depuis-15-ans

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    Merci pour ce partage, passionnant!

    Je m’étonne du résultat du « carnet de cerise », sorti en 2012 ?

    Il faudrait que je lise un jour « les légendaires », si je comprend bien, c’est la série d’aventure à succès du moment?

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    « Les légendaires » et « Les carnets de Cerise » ne m’attirent guère par leurs dessins, je n’ai donc jamais franchi le pas. Si mes filles étaient encore enfants, je leur aurais certainement offert la seconde série, que parents et enfants adorent. Voilà pourquoi je pense que le tome 1 est toujours autant offert par des fans qui veulent partager leur passion pour les aventures de Cerise. 

    Un peu comme « Les vieux fourneaux », mais à offrir plutôt à tes grands-parents ! 

    Moi, c’est l’absence de Thorgal qui m’a un peu étonné, enfin pas tant que ça finalement…

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    J’ai lu « Les légendaires », mon fils les a tous, c’est très sympa. J’ai découvert récemment « Les vieux fourneaux », le tome 1 est excellent !
    J’ai tenté « Ki & Hi », mais je n’ai rien compris.
    « The promised neverland », c’est un de mes coups de cœur 2018. Des enfants surdoués, un orphelinat mystérieux, une découverte abominable qui bouleverse leur vie, et un style graphique assez singulier. Le rythme de parution soutenu aide à l’addiction, déjà 5 tomes en 6 mois.
    Toujours pas lu « L’arabe du futur », il faudrait que je feuillette, tout le monde en parle.

    Je ne sais pas trop quoi dire sur ce classement 2018, je le trouve un peu plat, redondant… Par contre les gens lisent, et ça c’est bien. Pas de Dupuis ou Lombard dans le top 20, allez, en 2019 ça va le faire.

    Pas surpris par le manga, près d’un album sur deux sur ce qui se vend en France. J’en achète également de plus en plus. Ils savent cultiver l’addiction, toujours avec les mêmes ressorts mais ça fonctionne.

    Ça confirme aussi que Thomas Pesquet est l’une des stars de ce début de XXIème siècle, en France.
    Quant à Thorgal, je suis persuadé que le tome 36 n’est pas bien loin de ce top 20. Mais, il n’y a pas si longtemps, il aurait été dedans.

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    J’ai lu les trois premiers tomes de « L’arabe du futur », par curiosité devant son succès. C’était aussi mon entrée dans le monde des romans graphiques. Et là je me disais en feuilletant le livre : comment peut-on mettre 10 pages pour raconter ce qui prendrait 2 planches en BD franco-belge ? Tu as l’impression de tourner sans arrêt les pages pour qu’il se passe quelque chose. Tu t’arrêtes rarement pour admirer le travail graphique, parce que c’est avant tout un récit autobiographique raconté sous forme de dessins, très caricaturaux. Mais ce qui marche, c’est que l’auteur y partage ses souvenirs, ses sensations, les émotions de son enfance en Lybie puis en Syrie. Lui qui était blond grâce à sa mère française, apparaissait comme un extra-terrestre dans les contrées reculées des pays arabes. Et son père d’origine syrienne n’avait qu’une obsession : faire de lui l’arabe du futur, et aussi éduquer les masses ignorantes, car il était très fier de ses origines arabes. J’ai trouvé le contenu tellement critique vis-à-vis du monde arabe que j’ai pensé qu’il allait être mal reçu par eux, mais apparemment, il est apprécié partout. Je l’ai lu comme une curiosité, mais ce n’est clairement pas la collection que j’achèterais en BD. Par contre, j’ai craqué pour « Les vieux fourneaux » qui correspondent sans doute mieux à mes envies dans les dialogues, le rythme du récit et la qualité du dessin. Bon, c’est aussi très typé « franco-français », mais on s’attache aux personnages, et c’est jubilatoire à lire !

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    L’arabe du futur … j’adore. Les bd avec un enjeu social, une problématique humaniste très forte, ça me va. 

    Isis a écrit
    Après, je me demande si un autre monde est possible ?

    J’ai été Graphiste, illustratrice à mon compte et aussi salariée. Je suis sortie de BX-Arts en 98 et je suis de cette génération qui a vraiment vu le traitement réservé aux auteurs s’effondrer. Mais je suis aussi de cette génération de la formation de masse, avec en effet beaucoup, beaucoup d’artistes auteurs sortir de toute part de nos belles formations publiques comme privées. Beaucoup de ma promo de 5eme année sont devenus …. autre chose (plombier, prof )  et alors ? Moi je ne regrette rien même si j’ai changé de voie ensuite. Est-ce une raison pour voler les auteurs ? parce qu’il y en a plein ? se faire payer dans ce secteur revient à faire l’aumône à des gens qui n’entendent souvent rien du tout à la valeur artistique ou culturelle d’un travail. N’importe qui est payé n’importe quoi puisque ce n’est plus qu’une question de marché.   En plus, tous les métiers de la création et des sciences humaines sont sinistrés dans notre pays (je vis avec un chercheur en socio… et le souci c’est que ça augure d’une société où les valeurs humanistes ne sont plus dans aucune décision. Thorgal viendrait dans le futur il dirait : « bon sang toujours les mêmes problèmes ! j’me casse ».

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    Marché de la BD en 2018

    Commentaires intéressants à lire sur ActuaBD suite à la seconde partie de l’enquête menée par GfK pour le Syndicat National de l’Edition en France. La présentation complète de l’enquête est visible ICI.

    Marché de la BD 2018 : une fois de plus, le manga assure la croissance

    Le Syndicat National de l’Edition vient de sortir sa 2e étude GfK (avec un échantillon de 15 000 panélistes de 10 ans et plus) sur le marché de la BD en France. Les chiffres sont en hausse : 5300 nouveautés publiées et 43,6 millions d’exemplaires vendus. Non seulement les amateurs de BD tirent le marché du livre vers le haut en n’achetant pas que des BD, mais c’est le manga qui tire l’ensemble, recrutant à chaque fois de jeunes nouveaux lecteurs.

    « Une fois encore, le marché de la BD affiche son dynamisme en 2018. Il représente près de 15% du marché du livre (+2% par rapport à 2016) et 7,9 millions d’acheteurs. Soit environ 14% de la population totale (âgée de plus de 10 ans) qui ont acheté en moyenne 6 BD dans l’année, soit une de plus par rapport à l’enquête précédente.

    Les amateurs de BD sont aussi des acheteurs de livres : ils achètent en moyenne 18 livres par an pour un budget de 194€ dont 63 € sont alloués à la seule BD. Mais même s’ils ont acheté plus qu’en 2016, référence de la précédente enquête (+11%), il y a moins d’acheteurs au global (-2%), ce qui est un brin inquiétant.

    Le manga en pôle-position

    Tous les segments sont en progression, sauf le comics, et c’est clairement les mangas qui vivent la plus belle embellie, avec +22%, par rapport à 2016.

    Les acheteurs de BD sont majoritairement âgés plus de 50 ans ; ce sont des femmes (52%), qui offrent volontiers de la bande dessinée à des tiers (50% des achats), en général des jeunes âgés de 10 à 30 ans, principalement des hommes (64% des achats.) En clair : des mères de famille.

    Trois secteurs sortent du lot :

    – Le Manga (+22% en volume en 2 ans) avec le Shônen et le Seinen en pointe

    – La BD jeunesse contemporaine (+20% en 2 ans) majoritairement achetée par les 10-14 ans.

    – Les segments biopics, fiction contemporaine et documentaires de la BD de genre, portés par le format Roman graphique (+47% en 2 ans).

    La BD, porte ouverte vers la lecture

    On s’aperçoit que la BD est une propédeutique aux autres lectures : 88% des acheteurs de BD ont acheté des livres en dehors du rayon bande dessinée ; 50% des acheteurs de BD jeunesse ont aussi acheté des romans jeunesse ; 49% des acheteurs de mangas ont aussi acheté des ouvrages de romans jeunesse et 58% de Littérature générale ; 67 % des acheteurs de romans graphiques ont aussi acheté des ouvrages de Littérature générale. Qui a dit que la BD désapprenait à lire ?

    La BD franco-belge, que d’aucuns voyaient subclaquante, progresse cette année (+6% en volume) avec 6,5 millions d’acheteurs. Ceci est dû à la structure à plus de 50% familiale des consommateurs. La non-fiction (BD documentaire) se taille de plus en plus une part éminente, suivie par la fiction contemporaine, les adaptations de classiques et de biographies. En revanche, ce sont les segments traditionnels : histoire, humour, aventure, thriller… qui reculent. Décidément, les frontières traditionnelles bougent. »

    Source : https://www.actuabd.com/Marche-de-la-BD-2018-une-fois-de-plus-le-manga-assure-la-croissance

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    Thorgal est donc de la « BD patrimoniale ». Elles ne sont peut-être plus tant que ça, à avoir encore des nouveautés chaque année.

    Merci pour ce partage.

    Je suis pour ma part bien au-dessus du lecteur moyen, que ce soit en volume ou en montant des dépenses. Environ 50 BD par an. Moins de livres qu’avant par contre. Peut-être une douzaine par an. Mais il faut dire que j’ai tendance à lire les classiques sur liseuse. Encore que, je viens de m’offrir un George Sand papier dans une belle édition.

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