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Les dieux ont mis un homme à l'épreuve

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Le coloriste Gaétan Georges

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Le coloriste Gaétan Georges

Ce sujet a 20 réponses, 4 participants et a été mis à jour par Thorgal-BD Thorgal-BD, il y a 2 mois.

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  • #187722 Répondre | Citer

    Dans la série Kriss de Valnor des Mondes de Thorgal, nous découvrons l’arrivée d’un nouveau coloriste, Gaétan Georges. Il succède pour le tome 7 « La montagne du temps » à Matteo Vattani, coloriste des tomes 5 et 6 de Kriss. Il s’occupe de la mise en couleur des dessins de Fred Vignaux, également nouvel arrivant dans les Mondes de Thorgal.

    Gaétan est coloriste principalement aux Éditions Delcourt. Le dernier album sur lequel il a travaillé avec Éric Henninot est le tome 1 de La Horde du contrevent. Il sort aujourd’hui en librairie.

    http://www.editions-delcourt.fr/serie/horde-du-contrevent-01-le-cosmos-est-mon-campement.html

20 réponses de 1 à 20 (sur un total de 20)
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    Je crois que je vais craquer pour ce premier tome de la Horde du contrevent    Je viens d’en lire une critique passionnante ICI sur Cosmo Orbus. Voici le résumé et la bande-annonce de l’album.

    Le plus grand roman contemporain de science-fiction enfin adapté en bande dessinée. Avec ce premier volume, Éric Henninot nous propose une adaptation magistrale du livre-univers d’Alain Damasio.

    Après une formation impitoyable, et alors qu’ils étaient encore enfants, ils ont quitté Aberlaas, la cité des confins. Leur mission : marcher d’ouest en est jusqu’à atteindre l’Extrême-Amont, source mythique du vent qui balaye leur monde jour et nuit, sans trêve ni répit. Ils sont la 34e Horde du Contrevent. Golgoth ouvre la marche ; derrière lui, Sov, le scribe, sur les épaules duquel l’avenir de la Horde tout entière va bientôt reposer…

     

    Mais au fait, qui est Gaétan Georges, le nouveau coloriste de Kriss de Valnor 

    Sur son blog http://www.gaetangeorges.fr, l’artiste se présente ainsi :

    I’m a freelance digital artist, I mainly work on character design and environment. I love to play with atmosphere, colors and lighting. I can collaborate on comics, board games and video games.

    On peut découvrir une interview de lui sur le site Oncle Fumetti. En voici quelques extraits qui datent de 2014, lors de la sortie de l’album Rock & Stone.

    Bonjour Gaétan. On vous connaît peu. Présentez-vous. Qui êtes-vous ?

    Je m’appelle Gaétan Georges et j’ai 27 ans. J’ai quitté tard l’école car j’ai mis du temps à trouver ma voie… C’est donc en 2010, à la sortie d’études longues et un diplôme d’ingénieur en poche que j’ai décidé de me réorienter vers l’illustration et la bande dessinée. Je suis actuellement coloriste sur plusieurs albums édités en grande partie aux éditions Delcourt depuis un peu plus de trois ans.

    Comment devient-on coloriste ? Qu’est-ce que le métier de coloriste et pourquoi en a-t-on besoin ?

    Pour ma part, j’ai eu un apprentissage autodidacte en dessin et en peinture numérique, je me suis ensuite spécialisé dans la couleur par affinité et par facilité. J’ai participé à quelques essais, via des forums comme cfsl.net, j’ai eu très vite des retours positifs et les collaborations se sont enchaînées.

    J’aime l’idée du travail en équipe dans la bande dessinée, où les compétences se complètent. Être auteur de bande dessinée c’est choisir un métier solitaire donc en travaillant à plusieurs sur un album on y échappe un peu, c’est plus facile. On a plus de recul et il y a plus d’émulation, c’est très motivant ! Certains dessinateurs étant plus à l’aise au trait ne se sentent pas de faire les couleurs, d’autres, après avoir passé du temps sur le dessin préfèrent avoir le regard extérieur d’un coloriste pour finir les planches. C’est là que j’interviens !

    Parlez-nous de votre façon de faire votre métier. Quels sont vos outils ? Comment travaillez-vous ?

    Je travaille principalement avec des outils numériques et à l’aide d’une tablette graphique. Cela me permet d’être rapide et d’explorer plusieurs styles, plusieurs possibilités. J’aime trouver le style de couleur qui peut s’associer le mieux au trait du dessinateur, épuré ou détaillé, arrondi ou anguleux… En général, je lis le scénario en amont, je réfléchis sur la totalité de l’album pour définir les ambiances et les progressions de couleurs. J’essaie au mieux d’apporter une mise en couleur narrative qui permet de fluidifier la lecture et de mettre en évidence les éléments importants. Les ambiances sont réalisées à l’aide de références photos ou en m’inspirant de peintures, de films… Mes mises en couleurs sont alors discutées entre le dessinateur, le scénariste, le directeur de collection et moi- même.

    Quels sont vos univers ?

    J’aime être confronté à des univers complètement différents et varier les plaisirs, mais certains thèmes me parlent plus particulièrement. Je me suis plongé dans les univers super-héroïques avec Badass et masqué, J’ai relu pas mal de comics et j’en ai découvert également, ça m’a passionné. J’ai aussi un faible pour la science-fiction qui souvent est parfaite pour refléter notre présent. Pour le coup j’ai la chance de travailler sur Rock & Stone qui réunit tout ce que j’aime avec un mélange entre une quête initiatique et un road movie, le tout au milieu de robots et méchas… J’aime aussi m’inspirer des dessins animés qui m’ont marqué pendant mon enfance et après… que ce soit les films de Hayao Miyazaki, Mamoru Osada, les nombreuses collaborations franco-japonaises, les séries de super-héros américaines, les univers Pixar et j’en oublie…

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    La Horde du contrevent

    Un point positif que je découvre à la diversité d’auteurs qui ont rejoint Thorgal, c’est l’occasion qui nous est donnée de faire connaissance avec leurs œuvres. Je dois reconnaître que je ronronnais avec mes auteurs fétiches. J’ai pratiquement lu tout ce que Van Hamme et Rosinski ont produit, et c’est le cas avec les autres auteurs que j’apprécie depuis des années.

    Mais j’ai seulement découvert Xavier Dorison lors de son arrivée dans Thorgal. Il scénarise des BD depuis pourtant 20 ans ! Comme j’aime son style narratif, j’ai lu depuis lors la toute grande majorité de ses séries et one-shots. Ma seule difficulté avec ses scénarios est le niveau de violence qu’on y rencontre, et qui se retrouve également dans ses récits pour Thorgal et ses Mondes.

    Dans « La montagne du temps », le dernier tome de Kriss de Valnor, j’ai aussi découvert le coloriste Gaétan Georges. J’ai acheté l’autre BD sur laquelle il venait de travailler avec Éric Henninot, le tome 1 de « La Horde du contrevent ». J’ai adoré cet album !

    Dans la galaxie autour de Thorgal, on trouve déjà une collaboration entre Éric Henninot et Yann pour le XIII Mystery intitulé « Little Jones » dont vous pouvez voir les premières planches ICI.

    J’aimais déjà son dessin dans cet album, mais on quitte à présent les décors urbains pour se retrouver dans un espace naturel balayé en permanence par le vent, que je trouve encore mieux réussi. Pourtant, l’histoire en elle-même n’offre guère de diversité de lieux ou d’action : le but de la horde est de remonter à la source du vent qui souffle depuis toujours sur leur monde, afin de peut-être trouver le moyen d’en terminer avec lui.

    Éric Henninot présente bien mieux son travail que je ne pourrais le faire au travers de cette courte vidéo. Les couleurs de Gaétan Georges magnifient ses dessins, notamment dans les ambiances nocturnes ou les paysages désertiques. J’attends la suite avec impatience !

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    La Horde du Contrevent tome 2

    Le coloriste Gaétan Georges voit paraître ces jours-ci deux de ses publications majeures : le tome 37 de Thorgal et le tome 2 de La Horde du Contrevent : L’Escadre frêle. Sorti il y a quelques jours, ce dernier remporte un vif succès en se plaçant en tête des meilleures ventes d’albums : https://www.bdgest.com/top/ventes

    Voici la chronique de l’album sur BDGest :

    « Depuis son plus jeune âge, Golgoth a dû lutter pour montrer sa valeur et ses talents de traceur. Cela explique son inflexibilité et son absence totale de tolérance lorsqu’il est question de leadership de la trente-quatrième horde. Pourtant, il n’en inspire pas moins le respect parmi les membres : il faut un caractère et une poigne d’acier pour diriger une entreprise aussi risquée. Pietro pourrait en témoigner mais il n’est plus et comme en contrepartie, Coriolis a été admise officiellement dans le pack, Sov se doit donc maintenant responsable de la cohésion du groupe. Lors de la traversée de la steppe, ils rencontrent l’Escadre frêle sur leur vaisseau, la Physalis. L’occasion est belle pour prendre du repos et s’amuser. Cependant, malgré la liesse ambiante, le doute s’insinue dans l’esprit du scribe : trop de regards obliques et de faux-semblants. Que veut vraiment la flotte fréole : les aider à aller de l’avant ou les enfoncer ?

    Éric Henninot poursuit son excellent travail sur l’adaptation du roman d’Alain Damasio. Ce deuxième tome approfondit la découverte de ce monde complexe, non seulement par l’apparition de nouveaux protagonistes mais aussi en développant la psychologie des personnages existants. Les tensions sont toujours présentes au sein de la troupe et en dehors, avec d’autres ennemis potentiels et la Nature indomptable. L’intrigue se densifie, mettant en évidence l’opposition manifeste entre frivolité des partisans des airs et la détermination des Traditionnalistes, ainsi que la méfiance latente. Grâce à une construction habile et une narration possédant un certain lyrisme, la lecture se révèle relativement agréable et abordable.

    La prouesse graphique de l’auteur se manifeste dans l’appropriation remarquable de cet univers difficilement palpable. Dès le premier tome, l’artiste a su lui donner corps avec des illustrations réalistes très dynamiques, des plans variés et une mise en page aboutie. La colorisation assez légère, presque transparente, traduit l’aridité des panoramas, tout en laissant respirer le trait.

    Alors que les étapes antérieures se sont montrées extrêmement éprouvantes pour le collectif, le pire est encore à venir. Cette suite se hisse dans la lignée du précédent épisode. La horde du contrevent persiste et signe dans le registre des séries de grande qualité. »

    Sources : Editions Delcourt & BD Gest

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    Sacré dynamisme dans cette couverture !

    La planche est bien réalisée, mais dégueu. Beurk.

    Le premier Thorgal de Gaétan sort dans quelques jours, on va pouvoir partager nos avis. Les premières planches permettent déjà d’apprécier.

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    Thorgal-BD a écrit
    Sacré dynamisme dans cette couverture ! La planche est bien réalisée, mais dégueu. Beurk.

    Cette planche n’est pas trop représentative de la série, le premier tome était en tout cas plus soft. Vivement que j’ai ce nouvel album en main !   

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 an et 5 mois par Tjahzi.
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    Entretien avec Gaétan Georges – I

    Gaétan Georges est désormais un auteur bien installé dans notre petit univers thorgalien, puisqu’il a mis en couleurs quatre albums ces dernières années. Vous avez pu le découvrir dans ce sujet, notamment grâce à l’admirable Tjahzi dans les messages précédents.

    Je vous propose d’aller encore plus loin, de mieux connaître Gaétan, grâce à un entretien exclusif qu’il m’a accordé il y a quelques temps. J’avais mis de côté cet entretien pour pouvoir mettre en valeur le travail de notre scénariste au moment de la parution de son nouvel album. Il est donc temps !

    Voici donc notre saga de cette fin d’année, une rencontre que je souhaite vous distiller au cours des jours et semaines à venir, avec plein d’infos croustillantes sur notre coloriste qui, vous allez le voir, mérite d’être connu !

    Thorgal.com : Bonjour Gaétan, vous êtes le coloriste de la série Thorgal depuis deux albums. Pouvez-vous nous raconter comment cette aventure a commencé pour vous ?

    Gaétan Georges : J’ai tout d’abord travaillé sur la série « Kriss de Valnor  » pour le tome 7 et le tome 8. Frédéric Vignaux avait apprécié mon travail sur l’album « Rock & Stone » (chez Delcourt, en deux volumes). Il m’a contacté pour faire un essai sur Kriss de Valnor, au moment du tome 7, quand il a commencé à travailler sur la série. Ce que je lui ai proposé lui a tout de suite plu. On a donc entamé notre collaboration sur Thorgal via la série Kriss de Valnor, pour les deux derniers tomes.

    J’aime beaucoup ces deux albums. Je retrouvais dans le tome 7 tous les personnages iconiques, pas seulement ceux de « Kriss de Valnor ». Il y avait aussi Jolan, notamment. J’étais très content de commencer avec une histoire qui regroupait ces personnages et qui clôturait l’arc. Je n’avais pas vraiment relu Thorgal depuis la création des différentes séries, alors je me suis replongé rapidement dans les albums pour m’immerger à nouveau dans cet univers.

    L’album « La montagne du temps » m’a beaucoup plu, grâce notamment à Xavier Dorison qui est un très bon scénariste. C’était une belle occasion pour entrer dans cet univers. J’ai été ravi de pouvoir continuer avec le tome 8, puis le tome 37 de Thorgal quand Rosinski a passé la main. Fred Vignaux et moi, nous étions tous les deux très contents de poursuivre notre collaboration.

    Je me suis tout de suite très bien entendu avec Fred. Je pense que nous avons les mêmes visions artistiques, cela nous permet d’être complémentaires.

    Commençons par le commencement, et donc par la série Kriss de Valnor. Vous l’avez compris, si Gaétan a été mis à contribution uniquement pour les tomes 7 et 8, c’est parce que les albums précédents ont été mis en couleurs par d’autres coloristes :

    • Tomes 1 à 4 par Graza
    • Tomes 5 et 6 par Matteo Vattani, accompagné par Sara Spano pour le tome 5
    • Tomes 7 et 8 par Gaétan Georges

    Cette fabuleuse saga des auteurs de Thorgal est décryptée dans l’excellente page consacrée aux auteurs, sur le sublissime site Thorgal.com, que je vous invite à découvrir, car il donne les dents blanches et aide à une bonne cuisson des aliments.

    Auteurothèque

    Gaétan, est donc l’un des auteurs de Kriss de Valnor, pour les deux tomes que voici.

    Voici une planche extraite de l’album « Le maître de justice ». On peut notamment y apprécier le travail de Gaétan pour représenter la pluie, très complémentaire de l’encrage de Fred Vignaux.

    Beaucoup d’entre vous connaissent bien sûr déjà cet album, mais il est intéressant de l’observer du point de vue du coloriste, d’y chercher ses apports. Observez notamment la façon dont l’eau frappe le bois et les corps des personnages.

    Dans ce début d’entretien, vous découvrez sûrement (tout comme moi) l’album « Rock & Stone », ou plutôt les albums, puisqu’il s’agit d’un diptyque édité chez Delcourt en 2014 et 2016. Je me suis bien sûr renseigné et, ils ont l’air drôlement bien ! Le dessin de Yann Valéani est superbe, et je pense, au vu des planches, que la mise en couleurs de Gaétan a apporté énormément à ces albums (scénarisés par Nicolas Jean).

    2215. La planète de Caldoria a vu sa population exterminée par une Intelligence Artificielle expérimentale. Parmi les rares survivants, Stan, un jeune garçon, isolé depuis un an, reçoit la visite d’un robot de modèle industriel, qui, étrangement, ne semble pas obéir à l’IA. Stan l’accepte à ses côtés, et lui donne le surnom de Rocky. Ensemble, ils partent à la rencontre d’éventuels rescapés…

    Ce qui est aussi intéressant dans ce début d’entretien, c’est de voir que Gaétan et Fred sont finalement entrés dans la série dans les mêmes circonstances ! Apparemment ce sont leurs œuvres précédentes qui leur ont servi de vitrine professionnelle, plus que leurs connaissances au sein du monde de l’édition.

    Comme quoi, travail et talent, ça paye.

    La suite de l’entretien arrive bientôt, mais je compte sur vous, les gens, pour l’accompagner avec vos avis et vos questions.

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    Entretien avec Gaétan Georges – II

    Thorgal.com : Puisque vous nous parlez des personnages que vous étiez content de retrouver dans Kriss de Valnor, évoquons ce que Thorgal représente pour vous. Est-ce que vous étiez lecteur, dans votre jeunesse ou plus récemment ? Qu’est-ce que la série représente pour vous ?

    Gaétan Georges : J’ai découvert la série lorsque j’étais tout petit. Les albums étaient déjà à la maison avant ma naissance ! Ma sœur les collectionnait tous, et j’ai commencé à les feuilleter dès que j’ai pu accéder aux bandes dessinées. J’avais même commencé à les feuilleter sans les lire, comme ça, pour les images. Chaque année, un nouvel album rejoignait la collection. J’ai découvert la BD par Thorgal, mais aussi par Blueberry, Astérix, Tintin, Spirou… On avait toutes les séries un peu iconiques à la maison, Thorgal en faisait partie. Lorsque j’ai été appelé pour travailler sur la série, j’ai été ravi !

    J’adore les premiers tomes, avec les fabuleux scénarios de Jean Van Hamme. Un peu comme dans les films de genre, il y avait des tomes spécifiques. « Alinoë », par exemple, m’avait beaucoup marqué. J’étais très jeune, l’aspect horrifique m’avait frappé. J’adorais « Les archers », un album plus tourné vers l’action, l’héroïsme.

    Mon cycle préféré est celui du pays Qâ, très marquant avec toutes ces scènes tragiques et ce mélange de genres si thorgalien. J’ai relu tous ces albums au fil du temps, et ce cycle est vraiment devenu et resté mon préféré. Tant d’autres albums m’ont marqué également !

    J’ai moins suivi la série, quand j’ai fait mes études puis commencé à travailler. Avant de la retrouver pour mettre en couleurs « Kriss de Valnor ».

    Et je peux vous dire que c’est à ce moment de l’entretien que Gaétan m’a mis dans sa poche ! Rendez-vous compte, un auteur de Thorgal qui est aussi un lecteur, un amoureux de la série, c’est génial. Jusqu’ici, seul Xavier Dorison avait exprimé son admiration et se ferveur pour la série, au moment où il en avait brièvement pris les rênes.

    C’est pour moi le petit, le grand plus, qui peut donner à l’auteur un regard différent sur son travail, un regard imprégné de respect et d’affection pour la série.

    J’en profite pour vous présenter les réseaux sociaux de l’auteur, qui poste assez peu mais a tous les outils du moment. Tout d’abord, le site Internet où il présente son travail.

    http://www.gaetangeorges.fr

    Voici également ses comptes Instagram et Facebook. L’Instagram est pour l’instant léger léger, abonnez-vous pour l’inciter à faire mieux ! Et le Facebook est très intéressant pour découvrir un autre Gaétan, celui qui fait des acrobaties, de la musique et d’impressionnantes chorégraphies de capoeira.

    https://www.instagram.com/_gaetan_georges_/

    https://www.facebook.com/gaetan.georges.96

    En vous promenant là-dedans, vous verrez que Gaétan semble avoir une vie artistique très intense, tout comme Fred Vignaux. Au cours du prochain épisode, vous découvrirez comment Gaétan est devenu coloriste.

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    Entretien avec Gaétan Georges – III

    Thorgal.com : Vous avez donc grandi dans un univers où il y avait beaucoup d’albums, beaucoup de livres à la maison.

    Gaétan Georges : Oui, cela a fortement orienté mon parcours, jusqu’à me mener à ce que je fais aujourd’hui. Mes parents étaient lecteurs, avec une grande bibliothèque, des collections de livres, des BD. Elles étaient facilement accessibles, en bas de la bibliothèque. Nous n’avions pas de télévision, cela nous a orientés vers la lecture.

    Mais ma formation n’est pas du tout tournée vers la BD, mon attrait pour elle est revenu plus tard. J’ai commencé en autodidacte. A certains moments de ma vie, j’en lisais beaucoup, à d’autres moments j’en lisais peu. Malgré tout, mon enfance et mon éducation ont toujours laissé des traces dans mon parcours. Je remercie mes parents, pour cela aussi.

    Thorgal.com : Parlons justement de votre parcours. Vous êtes coloriste pour les albums de Thorgal et de Kriss de Valnor. Êtes-vous aussi dessinateur, illustrateur ? Quel est votre parcours personnel et professionnel dans le monde de la BD ?

    Gaétan Georges : Lorsque j’ai terminé mes études après un double cursus, ingénieur et architecte, je n’étais pas complètement épanoui. J’avais envie de créer, de dessiner, de plonger dans mes propres univers. Ce n’était qu’un hobby, mais je dessinais, pour le plaisir.

    Grâce à Internet et à des concours, j’ai commencé à mettre en couleurs des planches. Ça s’est très bien passé, et petit à petit je me suis retrouvé à travailler dans ce domaine, principalement en tant que coloriste. Depuis quelques années, on vient me chercher essentiellement pour des mises en couleurs d’albums de BD. Alors, à côté, je dessine ou je fais de l’illustration, mais pour le plaisir.

    Aujourd’hui, je vous propose de regarder quelques-unes des réalisations de Gaétan, piochées sur son site, et à divers moments de son parcours.

    Vous avez remarqué la dernière ? Eh oui, c’est « La Selkie » !

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    Entretien avec Gaétan Georges – IV

    Thorgal.com : Vous travaillez dans d’autres domaines que la BD ?

    Gaétan Georges : Il m’arrive de travailler dans le jeu vidéo, là aussi pour réaliser les mises en couleurs. Comme j’ai beaucoup de demande en tant que coloriste BD, j’ai peu de temps pour m’occuper d’autres univers, d’autres aspects du métier. Mais je pourrais travailler dans l’illustration, le jeu vidéo ou le jeu de société, ce sont des domaines assez connectés.

    Thorgal.com : Ingénieur et architecte, finalement, c’est terminé ?

    Gaétan Georges : Eh bien, oui et non. Grâce à ma formation d’ingénieur, je donne des cours depuis quatre ans en tant que vacataire, quelques heures par semaine, en BTS. Nous étudions l’enveloppe du bâtiment et le dessin, la structure, la thermique.

    Quand on est dans la création, dans la BD, on se met comme dans une bulle. Il est bon d’en sortir de temps en temps, notamment grâce à cet aspect pédagogique de mon activité. Cela me permet de trouver un équilibre dans mon quotidien, d’avoir du contact social, mais aussi de retrouver des aspects différents que j’apprécie, en lien avec ma formation.

    Thorgal.com : Vous avez donc commencé par des concours de mise en couleurs sur Internet ! Suite à cela, comment avez-vous accédé au monde de la BD ? Quels furent vos premiers contacts, votre premier album ?

    Gaétan Georges : Eh bien, là aussi, par le biais d’un concours sur Internet ! C’était pour l’album « 7 naufragés », qui fait partie de la collection des 7 chez Delcourt. Elle était dirigée par David Chauvel. Je terminais mes études et j’hésitais entre continuer en tant qu’architecte ou entrer dans un bureau d’études. C’est alors que David m’a contacté et m’a proposé de travailler sur d’autres projets.

    Après « 7 naufragés », il y a eu « Bad Ass », « Masqué » puis « Rock & Stone », tous chez Delcourt. Je suis toujours en contact avec David Chauvel, qui a donc été mon premier contact et m’a très bien guidé dans le métier. Il a su m’épauler. Par la suite, d’autres personnes venant d’autres maisons d’édition m’ont contacté et permis de travailler sur des projets différents.

    La collection des 7, sacrée porte d’entrée pour notre Gaétan ! Il s’agit d’une œuvre collective particulière. Chaque album est réalisé par une équipe différente, sur un thème différent, en des lieux ou temps différents. Seul point commun, il y a à chaque fois sept personnages principaux.

    Les albums sont réunis par sept en « saisons ». L’album « 7 naufragés » est le 4ème tome de la saison 2. Gaétan a été accompagné pour cet album par Mel Andoryss au scénario et Tony Semedo au dessin. Le synopsis est appétissant :

    Les habitants d’une petite île perdue voient leurs habitudes perturbées par l’arrivée du jeune Aràn. Ne tardant pas à se lier d’amitié avec six autres enfants, le nouveau venu sème néanmoins le trouble et la discorde en révélant le but de sa présence parmi eux : il est là pour éteindre le phare. Or la seule règle de l’île, c’est justement que le phare ne doit jamais, jamais s’éteindre.

    La particularité de cette mise en couleurs est qu’elle passe par des successions d’aplats consécutifs plutôt que des dégradés progressifs. Ça lui donne un look « jeu vidéo des années 90 » que j’aime bien.

    Je ne connaissais pas « Bad ass », par contre, une BD au look comics dessinée par Bruno Bessadi (dont j’ai lu l’an dernier l’excellent premier tome de « Amazing Grace » chez Glénat) et scénarisée par Herik Hanna (qui a travaillé aussi dans la collection des 7 pour l’album « 7 détectives »).

    Ces albums nous font rencontrer une bande de super vilains complètement déjantés. Ça a l’air drôle, rythmé et trash.

    La mise en couleurs est très précise, regardez un peu les différents effets de matière sur ces objets, la chaise, les serviettes, la bouteille…

    Gaétan en parle rapidement, mais il faut noter qu’il a quand même travaillé sur quatre tomes de « Bad ass », de 2013 à 2016.

    On continue avec la série « Masqué », que je ne connaissais pas non plus. C’est chez Delcourt, en quatre tomes également, parus à un gros rythme en 2013-2013. Le dessinateur est Stéphane Créty, je le connais surtout pour son superbe travail sur deux tomes de la série « Conquêtes », que j’adore, chez Soleil. J’en profite pour saluer au passage le magnifique travail du coloriste de « Conquêtes », Olivier Héban, un gars trop fort.
    Le scénariste de « Masqué » est Serge Lehman, qui a lui aussi bossé dans la collection des 7. Une grande famille, la BD.

    Blessé au cours d’une mission dans le Caucase, le sergent Frank Braffort regagne Paris après six ans d’absence. Il découvre une ville en pleine mutation orchestrée par le Préfet Beauregard : Paris-Métropole. Une ville où le gigantisme rétro fait fureur et où se multiplient les “anomalies”, évènements mystérieux que nul ne peut expliquer. Une ville qui va s’emparer de Braffort et lier leurs destins à jamais…

    Style rétro-futuriste, avec pour ces albums des couvertures qui déchirent.

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    Thorgal-BD a écrit
    La particularité de cette mise en couleurs est qu’elle passe par des successions d’aplats consécutifs plutôt que des dégradés progressifs. Ça lui donne un look « jeu vidéo des années 90 » que j’aime bien.

    Des styles de BD d’une grande variété pour ce très bon coloriste. Mais c’est son travail dans Thorgal que je préfère par dessus tout. On ne se refait pas.   

    • Ce sujet a été modifié le il y a 4 mois par Arnusse.
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    Entretien avec Gaétan Georges – V

    Thorgal.com : Comment gérez-vous ces univers et styles graphiques si différents ?

    Gaétan Georges :  Cela dépend du dessin. En fonction du type de projet, je vais m’adapter au trait et à l’univers du dessinateur avec qui je travaille puisque la même couleur ne peut pas fonctionner sur tous les supports. J’essaie d’entrer dans l’univers et d’obtenir une cohérence entre le dessin et la couleur.

    Thorgal.com : Dans la collection des 7, votre premier projet professionnel, y a-t-il une cohérence dans la mise en couleurs des albums, d’un tome à l’autre ? Comment avez-vous abordé cet album, avez-vous observé ce qu’avaient fait les précédents coloristes pour d’autres albums de la collection ?

    Gaétan Georges :  Pour « 7 naufragés », le dessinateur avait colorisé une planche. J’ai repris exactement le même style, c’était de l’adaptation complète. Et tout au long de l’album, j’ai essayé de conserver le style du dessinateur.

    Le style que j’avais suivi fonctionnait très bien avec le dessin particulier et précis de l’album, et j’avais bien sûr la liberté de choisir mes ambiances, mes lumières et mes ombrages. Mais après cet album, j’ai eu envie de faire autre chose, avec une patte plus personnelle, plus de liberté.

    Pour le projet suivant, « Bad ass », j’ai changé d’univers en passant dans le comics. Je me suis beaucoup référencé. C’était aussi une période où je lisais beaucoup de comics, j’essayais d’avoir un œil sur les parutions, sur les styles et l’évolution du dessin. Par exemple, je me suis beaucoup intéressé au travail de Laura Martin, une coloriste américaine très inspirante.

    Le dessin de Bruno Bessadi, pour l’album « Bad ass », est anatomique, très comics. Il fallait des couleurs un peu plus flashy, des modelés. Je me suis adapté au dessin. Je n’étais pas toujours satisfait du résultat au début, alors je peaufinais pour que cela fonctionne avec le dessin. C’est un travail qui se fait en duo. Il faut que je comprenne l’univers du dessinateur, pour que je m’adapte et que ça fonctionne.

    J’ai ma patte, mon approche et mes idées, mais je m’adapte pour chaque projet. Tout dépend donc des albums.

    Pour vous faire une idée de ces images et de ces albums, quoi de mieux que de les feuilleter ? C’est ce que vous propose l’admirable site BDgest, alors je vous invite à quitter Thorgal.com en cliquant sur les images ci-dessous.

    Mais vous revenez, après, hein. Vous me manquez déjà.

    Pour découvrir Laura Martin, citée par Gaétan, je vous propose également de nous quitter quelques instants pour lire un entretien sur le blog Comics have the power.

    Entretien Laura Martin

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre
    Entretien avec Gaétan Georges – VI

    Thorgal.com : Comment commencez-vous un album ? Vous réalisez une première planche, quelques tests, vous échangez avec les auteurs ? Ou vous vous lancez directement dans une mise en couleur complète ?

    Gaétan Georges :  Cela dépend, selon les dessinateurs et les éditeurs avec qui je travaille. Aujourd’hui, je ne fais pas toujours de test puisqu’ils connaissent mon travail. Mais par exemple, pour Kriss de Valnor, il y a eu un essai ou deux, sur deux planches avec des ambiances différentes pour voir comment j’abordais différentes atmosphères.

    Je n’ai pas fait d’essai pour Thorgal, c’était dans la continuité. Pour Kriss de Valnor, les deux essais m’ont permis de montrer ce que j’allais apporter, ma patte graphique. Il fallait à la fois sublimer l’univers de Rosinski, qui a évolué selon les albums, avec une touche traditionnelle, tout en apportant un peu de modernité. Le traitement graphique devait cumuler tout cela.

    C’est souvent ce qui change d’un album à l’autre, le traitement graphique. Mais en termes d’ambiance et de narration, j’ai toujours mon rôle à jouer. Même si le traitement varie, je me concentre sur certains aspects : la lisibilité de la planche, la narration, les séquences où l’émotion est primordiale, ainsi que les scènes d’actions, mises en relief par les lumières ou les teintes. C’est la méthode de travail que j’applique sur tous les albums. Mais le traitement graphique, c’est ce qui change d’un projet à l’autre, selon le dessinateur.

    Thorgal.com : Il est intéressant, de temps en temps, d’essayer de prendre du recul, d’observer la façon dont on travaille. On le fait au quotidien, sans forcément s’en rendre compte.

    Gaétan Georges :  Oui, et je sais que mon approche a évolué au fil du temps. J’ai appris beaucoup, alors même que je travaillais sur des albums. Je ne suis pas issu du milieu, beaucoup de choses sont venues en autodidacte.

    Au début, chaque ambiance était nouvelle. Maintenant, j’ai plus de certitudes. J’axe mon approche sur différentes choses. La narration, les lumières, les éléments qui vont apporter de l’émotion… C’est cela, le but ultime de la mise en couleur. Et de l’art en général !

    Quoi de mieux, pour illustrer ces propos, que de se replonger dans les albums de Kriss de Valnor ? Voici donc quatre planches, quatre ambiances, quatre temps de création.

    On commence avec une planche qui a pour premier mérite d’être la toute première dans laquelle nous avons découvert le travail de Gaétan, dans l’album « La montagne du temps ». Son second mérite est de proposer une scène habitée par la pluie, ce qui permet d’apprécier la complémentarité de l’encrage et du dessin.

    Cette seconde planche, une pleine page rarissime dans un Thorgal, montre comment on peut faire du blanc tout en créant de la profondeur, du relief, une belle ambiance.

    Changement de ton avec une planche nocturne. La lumière s’appuie sur l’encrage, avec un parti pris, celui que le fond de la fosse libère une lueur relativement intense, qui modèle les ombres et fait émerger des ténèbres les personnages qui lui font face. La fosse devient une entité émergeant de la nuit, qui attire les héros en son sein.

    Pour finir, voici une autre scène à double éclairage. Cette fois-ci, l’éclairage artificiel et l’éclairage naturel sont en concurrence. Cela impose une répartition des teintes particulièrement soignée dans la plupart des cases. L’écran éblouit tout autant le lecteur que les personnages. On peut aussi noter les nuances et le grain qui sont appliqués sur les murs de la pièce, un souci du détail qui participe largement à la réussite de la planche.

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    Entretien avec Gaétan Georges – VII

    Thorgal.com : Nous découvrons votre art dans les derniers albums de Thorgal. C’est un travail très élaboré, avec beaucoup de textures, de lumières, de teintes… Pas mal, pour un artiste autodidacte ! Voulez-vous bien partager avec nous vos secrets ? Comment avez-vous appris à travailler, quel est votre parcours artistique et personnel ?

    Gaétan Georges :  Ma première source d’inspiration est le monde dans lequel on vit. J’aime beaucoup voyager, j’aime la nature, mais aussi les villes, l’architecture. J’aime regarder les gens. L’inspiration vient de ces expériences, de ce que l’on enregistre en nous. En prêtant attention à tout cela, on se remplit d’énergie créatrice. Observer, prêter attention à ce qui nous entoure, à la nature, aux lumières, aux reflets sur les matériaux, c’est pour moi la première source d’inspiration, la plus importante.

    Il y a aussi bien sûr les lectures. On ne peut pas tout expérimenter. On a besoin aussi de témoignages graphiques ou d’histoires, qui vont nous apporter des éléments. La photographie fait partie de ces témoignages. Certaines photos me touchent : des paysages, des couchers de soleil, des soleils frappant des crêtes de montagne, des atmosphères, des profondeurs atmosphériques, ou des teintes avec des strates qui peuvent me toucher personnellement. C’est ce que j’essaie de retranscrire en couleur par la suite. Avec « La horde du contrevent » et « Thorgal », j’ai un espace de liberté idéal pour travailler cela !

    Je cherche aussi des références graphiques sur Internet ou chez des auteurs que j’admire. Elles peuvent venir de photographies, d’illustrations, ou de BD que je trouve bien réalisées. Enfin, comme je l’ai dit, les échanges avec le dessinateur sont aussi très inspirants. Il peut avoir certaines références, des photographies qui lui ont plu, des ambiances qu’il apprécie.

    Une partie de mon travail consiste donc à chercher des images. On a besoin de références. Elles nous nourrissent.

    Je ne vais pas vous parler aujourd’hui de « La horde du contrevent », évoquée par Gaétan, je garde ce joli morceau pour plus tard.

    Je vous propose plutôt, si vous ne l’avez pas encore fait, d’aller visiter l’atelier de l’album « L’ermite de Skellingar » dont une bonne partie est dédiée à la mise en couleurs.

    Atelier de Thorgal 37

    Thorgal

    L’ermite de Skellingar

      Album n°37  
    Novembre 2019

    Vers le milieu de l’atelier, vous avez un titre coquinou « Faire travailler la matière grise » qui ouvre une longue présentation de la mise en couleurs, d’abord avec un pas à pas pour une planche du début de l’album, puis avec deux éléments interactifs permettant de comparer différentes étapes de cette réalisation.

    C’est trop bien fait, purée le gars qui a fait cet atelier, il maîtrise.    

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    Entretien avec Gaétan Georges – VIII

    Thorgal.com : Fred Vignaux, dont vous nous parlez, est votre partenaire sur les trois albums que vous avez réalisés. Il travaille presque uniquement sur tablette graphique, tout comme Roman Surzhenko, l’autre dessinateur des mondes de Thorgal. Et vous, Gaétan, quelle est votre méthode, des pinceaux et une palette, l’informatique, les deux ?

    Gaétan Georges :  Je travaille principalement sur tablette graphique, via l’informatique. J’ai commencé comme cela, avec cette ère du numérique qui s’est développée notamment au sein de la BD. Lorsque j’ai débuté, cet outil était de plus en plus utilisé. Il permet d’approfondir les recherches, de faire beaucoup de modifications. Il a beaucoup d’atouts, il permet notamment d’aller plus vite, mais aussi de peaufiner à l’infini.

    Je suis très à l’aise avec cet outil qui m’a mené vers ce métier. Il m’arrive aussi de prendre des pinceaux, j’aime peindre pour le plaisir, mais ça reste anecdotique, ce ne sont pas des travaux que je montre. Les coloristes, mais aussi les dessinateurs, travaillent de plus en plus avec l’outil informatique. C’est l’outil que je maîtrise le mieux.

    En termes d’encrage aussi, il y a désormais des outils très accessibles, très élaborés, qui permettent de faire de belles choses.

    Quelques mots sur cette histoire de BD informatique ? Mais je vous en ai déjà parlé, bon sang, quand on a fait l’entretien avec Fred Vignaux ! Si vous n’avez pas lu cet entretien, je ne peux que vous le conseiller, car il est l’un des meilleurs entretiens parus en ligne ces vingt dernières années, d’après ce que m’ont dit plusieurs spécialistes de la Maison Blanche.

    Gaétan travaille avec une tablette graphique, directement, avec un stylet. Voyons voir à quoi cela ressemble.

    L’une des traditions dans ces entretiens, c’est bien sûr d’utiliser cette vieille photo d’un ami à moi qui s’appelle Roman S.

    Vous vous souvenez sûrement de ce coquinou de Fred, qui n’avait pas hésité à pasticher la scène. Roh alors.

    Eh bien l’ami Gaétan a fait de même ! Bien qu’il ait plusieurs kilos de cheveux en plus par rapport à Fred, cela fonctionne.

    Voici Gaétan au travail. Ce sera peut-être plus parlant que les montages photos.

    J’ai trouvé une vidéo sympa, susceptible de vous faire comprendre comment fonctionne l’outil (et d’imaginer le travail que représente la colorisation d’une planche). Le garçon qui nous présente tout ceci le fait fort  bien !

    Voici ce que ça donne chez Gaétan, sur une planche de Thorgal bien sûr.

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    Entretien avec Gaétan Georges – IX

    Thorgal.com : Puisque nous parlons de belles choses, sur quoi avez-vous travaillé ces derniers temps, ces derniers mois, ces dernières années ? A part Thorgal, bien sûr !

    Gaétan Georges :  Il y a un autre projet qui me prend beaucoup de temps, « La horde du Contrevent ». Avec Thorgal, c’est le projet sur lequel je passe le plus de temps. C’est un projet qui me tient beaucoup à cœur et pour lequel je fais beaucoup de recherches. J’ai adoré le roman qui a mené à cette adaptation. Il m’a passionné, il est pour moi un chef-d’œuvre de la science-fiction. Je suis fier de travailler sur l’adaptation de ce monde-là depuis trois ou quatre ans, avec Eric Henninot qui m’a proposé cette formidable aventure. Comme Fred, je crois qu’il avait aimé les couleurs que j’avais faites pour « Rock & Stone », avec Yann Valéani au dessin.

    A l’époque, je n’avais pas encore lu le roman. Je l’ai lu, j’ai aimé, j’ai découvert une œuvre formidable. J’ai réalisé très rapidement des planches de test et, depuis, c’est un projet pour lequel je travaille énormément. Le tome deux vient de sortir en même temps que le dernier Thorgal.

    Thorgal.com : Vous avez d’autres projets en cours ?

    Gaétan Georges :  Ce sont mes deux projets principaux. Il y a bien une autre chose, toujours avec Thorgal, mais je ne peux pas encore vous en parler ! On se reverra pour cela en 2022.

    Je termine également une série historique avec David Chauvel encore, qui s’appelle « Les trois Julia ». J’aide aussi un ami à réaliser des personnages de jeu vidéo. J’ai beaucoup de demandes à la suite des sorties récentes, mais j’essaie aussi de me garder du temps pour faire de l’illustration, pour continuer à jongler un peu entre les deux.

    Commençons par parler de la fin, avec « Les trois Julia », une courte série en trois tomes qui nous raconte les mois ayant suivi la mort de l’empereur Caracalla, à une période où, disons, les empereurs romains se succédaient très très rapidement. Pour être empereur en ces temps-là, il fallait avoir le cuir épais et de bons rétroviseurs.

    C’est l’histoire de la vengeance d’une femme, cherchant à reprendre un pouvoir qu’elle estimait devoir revenir à sa famille. J’aime bien ces couvertures, d’une part parce que le nom du coloriste y est associé à ceux du dessinateur et du scénariste (les italiens Antonio Sarchione et Luca Blengino, également vus dans la collection des 7 avec « Sept pistoleros » pour le premier et « Sept surivants » pour le second) et d’autre part parce que ces couvertures se superposent, se répondent. J’imagine que la troisième devrait compléter bientôt l’ensemble.

    Mais il est surtout plus que temps de parler de « La horde du Contrevent », le projet de cœur de Gaétan. Les albums sont des adaptations du roman d’Alain Damasio. Je ne l’ai pas lu, mais il faut reconnaître que Gaétan sait donner envie !

    Damasio, j’avoue ne pas connaître son œuvre, mais j’ai vu qu’il avait travaillé sur l’excellent jeu « Remember me » il y a quelques années (malheureusement jamais sorti sur PS4 ).

    Je vous livre un synopsis, non pas de la BD, mais bien du roman.

    Ils sont vingt-trois, forment la trente-quatrième Horde du Contrevent et ont entre vingt-sept et quarante-trois ans. Dans un monde balayé par les vents, ils ont été formés depuis l’enfance dans un seul but : parcourir le monde, d’ouest en est, de l’Aval vers l’Amont, à contre-courant face au vent, à travers la plaine, l’eau et les pics glacés, pour atteindre le mythique Extrême-Amont, la source de tous les vents.

    Tous différents mais tous unis, ils forment une horde autonome et solidaire, qui avance dans un seul objectif, luttant constamment contre le vent. Profitant du savoir et de l’expérience de huit siècles d’échecs, on la dit la meilleure et l’ultime Horde, celle qui atteindra enfin l’Extrême-Amont.

    La BD est encore chez Delcourt, l’éditeur avec qui Gaétan a réalisé le plus de projets. Deux tomes ont paru, « Le cosmos est mon campement » et « L’escadre frêle ». Cinq ou six tomes sont prévus.

    Franchement, l’histoire a l’air emballante, j’ai envie de me laisser tenter. Mais je crois que je vais plutôt me tourner d’abord vers le roman ! C’est d’ailleurs pour cela que je me suis abstenu pour le moment d’investir dans la BD, malgré l’envie. Comme il faudra plusieurs années avant de voir arriver la fin en BD, je me dis que je peux temporiser un peu. En attendant, voici les couvertures et un lien vous permettant de lire les premières planches du tome 1.

    Lire « La horde du Contrevent »

    Quelques mots de plus ? La numérotation du roman est inversée, on commence donc à la « dernière » page pour remonter jusqu’à la page 1. Pour ce qui est de la BD, le mieux est sûrement d’écouter parler son auteur, Éric Henninot, qui s’implique à 100% dans son projet. Je vous propose ce lien vers un entretien très intéressant sur BDgest.

    Henninot, vous l’avez peut-être déjà lu, puisqu’il est le dessinateur de l’album « Little Jones », le 3ème tome de XIII Mystery scénarisé par Yann.

    Entretien avec Éric Henninot

    Pour finir, une planche de l’album, colorisée par notre Gaétan bien sûr !

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    Entretien avec Gaétan Georges – X

    Thorgal.com : Avec deux ou trois albums par an, vous êtes coloriste toute l’année, ou vous faites de temps à autre des pauses dans cette activité ?

    Gaétan Georges :  Je pourrais avoir du travail toute l’année, mais depuis deux ou trois ans j’essaie de trouver du temps pour d’autres choses. On a besoin de donner du rythme à sa vie, de capter l’inspiration, de voyager, pour trouver un équilibre. Sans cela, on finit par perdre le souffle qui nous permet de réussir à créer. Il y a des moments plus ou moins difficiles dans la vie, il faut pouvoir les surmonter, notamment grâce au dessin ou à la couleur.

    Je fais aussi beaucoup de sport, notamment de la capoeira, que j’enseigne. J’aime aussi dessiner, illustrer, faire des croquis quand je voyage. Et j’essaie de rénover un appartement ! Ça me ramène à mon bagage antérieur, à mes études.

    Thorgal.com : Depuis combien d’années êtes-vous coloriste ?

    Gaétan Georges :  En 2020, cela fait 10 ans. Le temps a passé si vite…

    Thorgal.com : Alors, revenons maintenant à Thorgal ! Pouvez-vous nous parler de la mise en couleur des albums, du temps que cela vous prend, de votre méthode de travail ? Nous voulons tout savoir !

     Gaétan Georges : J’ai travaillé de la même façon pour Thorgal et Kriss de Valnor. Comme toujours, le travail du coloriste vient après celui du dessinateur. La contrainte principale est la date de parution de l’album, qui est plus ou moins impérative, pour pouvoir communiquer autour de la sortie de l’album. Par exemple, pour une sortie en novembre, l’impression des planches doit commencer au mois d’août, alors je dois terminer la mise en couleurs en juillet. J’étais donc dépendant de Fred pour ces premiers albums, d’autant qu’il lui a bien sûr fallu un peu de temps au début pour mettre en place le story-board et les premières planches. C’est normal lorsqu’on débute une nouvelle série.

    J’ai donc dû diminuer mes délais, travailler vite, avec parfois d’autres albums à côté comme « La horde du contrevent ». C’est pour cela qu’il m’a fallu seulement entre un et deux mois pour chacun de ces albums, un délai très court pour moi. Pour réussir cela, j’ai beaucoup travaillé, y compris les soirs, les week-ends ! D’autant que je continue à donner des cours en BTS et à avoir d’autres activités.

    L’un des avantages avec cette série, c’est que Fred fait un travail magnifique. Je suis guidé par son dessin. Nous nous entendons très bien, notre vision artistique se complète. La mise en couleur lui plaît, et il m’apporte des références. C’est aussi pour cela que j’ai pu travailler très vite. J’ai réalisé environ une planche par jour. Et parfois deux planches dans la même journée !

    On approche doucement de la fin de cet entretien, alors je vais me concentrer sur le travail de coloriste de Gaétan sur Thorgal et Kriss !

    Si vous voulez le voir faire de la capoeira, je vous invite à parcourir son profil Facebook, dans lequel vous trouverez quelques belles vidéos. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, la capoeira est un art martial brésilien, généralement présenté sous forme de chorégraphies plus ou moins improvisées au cours desquelles les participants évoluent sans se toucher, en prenant des appuis sur les mains ou les pieds. C’est acrobatique, c’est beau.

    Bon, j’ai dit que j’allais me concentrer sur le dessin, et finalement je vous parle d’arts martiaux ! Donc, on y va, avec une planche évidemment emblématique. Des détails, des gros plans, pour que vous voyiez l’étendue du travail que vos yeux parcourent habituellement en une picoseconde. J’ai retiré les dialogues qui ne sont, disons, pas le point fort de cette planche, et je vous ai ajouté en toute fin la planche encrée.

    La première image est une sacrée mise en route. Je vous invite à vous y attarder.

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    Merci pour cet entretien très riche avec Gaétan Georges, Stéph !    Je connaissais pas mal de choses sur notre coloriste, mais j’en ai appris bien plus encore ! 

    A l’origine, sa pratique de la capoeira me l’a rendu tout de suite sympathique !  J’avais une collègue qui était passionnée de cet art martial, au point de partir au Brésil durant ses congés pour y vivre des stages. Et par la suite, j’ai eu l’occasion de découvrir la capoeira au Cap Vert, avec des voltigeurs de haut niveau.

    Tout comme Fred Vignaux, Gaétan a une formation d’ingénieur. On exige à présent un sacré bagage pour travailler dans le monde de Thorgal !    Ses compétences d’architecte donnent envie de plonger Thorgal dans un décor urbanistique original, différent des espaces naturels habituels. Je le verrais bien dessiner les décors dans cet album, pendant que Fred s’occupe de l’action et des personnages. 

    C’est aussi la première fois qu’un coloriste m’amène à découvrir et aimer une autre de ses créations : je me suis tout de suite passionné pour La Horde du Contrevent ! Et je ne voudrais certainement pas lire le roman avant d’avoir terminé cette série, au risque de vouloir comparer les deux et surtout de me gâcher la fin de l’histoire. Je sais qu’on est parti pour des années avant d’en connaître le dénouement avec Eric Henninot, mais c’est justement ce que j’apprécie dans les séries en bande dessinée.

    J’aime les mises en couleur de Gaétan, encore plus dans ses derniers albums que dans ceux cités précédemment. On y découvre de plus en plus de nuances de couleurs, de profondeur, de jeux de lumière qui donnent de la consistance au récit. Petit regret sur le dernier Thorgal, l’absence de planches lumineuses, mais c’est bien sûr d’abord dû au scénario; j’aimerais aussi voir des planches plus contrastées entre-elles, pour apporter plus de rebondissements et d’intensité dans l’histoire.

    Mais à part ça, Gaétan, si tu passes par ici, je suis vraiment fan de ton travail !   

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    Je fais une parenthèse pour évoquer Bora Vocal. Beat entêtant avec la voix de Damasio s’enregistrant sur un dictaphone en plein processus créatif sur la Horde du Contrevent.

    Je viens de prendre connaissance de ce morceau alors que certains marins de retour du Vendée Globe nous font de la métaphysique maritime, et que la parole et les mots de Damasio ont accompagné l’un d’entre eux dans son voyage intérieur océanique.

    Voilà, j’avais envie de le partager, bonne écoute. Tout ça mis bout à bout me donne envie d’aller découvrir cette BD.

    https://www.youtube.com/watch?v=Dzrw52pTpso

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    Entretien avec Gaétan Georges – XI

    Tjahzi a écrit
    Je le verrais bien dessiner les décors dans cet album, pendant que Fred s’occupe de l’action et des personnages.

    C’est vrai que je ne sais pas dans quelle mesure Gaétan aimerait donner plus de place au dessin dans son travail. Je le verrais plutôt se lancer sur un album personnel, plutôt que travailler à quatre mains sur un Thorgal par exemple. C’est difficile le travail à quatre mains sur un dessin aussi personnel que celui de Fred (alors que ça paraît plus évident sur du Lucky Luke ou du franco-belge plus classique).

    Tjahzi a écrit
    j’aimerais aussi voir des planches plus contrastées entre-elles, pour apporter plus de rebondissements et d’intensité dans l’histoire.

    C’est effectivement l’une des caractéristiques de la mise en couleur dans nos Thorgal « classiques » ! J’ai toujours bien aimé. Deux des albums où je ressens le mieux cette alternance dont tu parles, sont « La chute de Brek Zarith » et « La cité du dieu perdu ».

    Justement, Gaétan évoque dans le passage qui va suivre comment il s’inspire de la série pour son travail.

    Hirondl a écrit
    Je fais une parenthèse pour évoquer Bora Vocal. Beat entêtant avec la voix de Damasio s’enregistrant sur un dictaphone en plein processus créatif sur la Horde du Contrevent.

    J’écoute en écrivant ces mots.  

    Thorgal.com : Une planche par jour, cela représente combien d’heures de travail ?

    Gaétan Georges :  Cela dépend bien sûr des planches, certaines sont beaucoup plus complexes que d’autres, notamment quand il y a une ambiance particulière. Il y a aussi des planches clefs dans l’album, sur lesquelles il faut particulièrement s’appliquer parce qu’il y a beaucoup de personnages.

    Le temps de travail varie donc beaucoup d’une planche à l’autre. Pour Thorgal, je ne compte pas trop les heures, mais c’est une journée normale de travail, de sept à huit heures. Pour les planches difficiles ou lorsque je fais deux planches par jour, c’est nettement plus. Mais dans l’ensemble c’est très variable, disons de cinq heures au moins à dix heures au plus.

    Thorgal.com : Les personnages de Thorgal, son univers, est-ce quelque chose qui est ancré en vous, qui vous inspire ? Vous êtes-vous inspiré des travaux de Graza, l’ancienne coloriste, ou avez-vous cherché à moderniser votre approche ?

    Gaétan Georges :  J’ai cherché à moderniser, tout en m’inspirant de tout ce qu’il y avait avant, que ce soit Graza ou Rosinski. Il y a des particularités dans les couleurs de la série, des teintes fortes auxquelles je n’étais pas forcément habitué mais dont je m’inspire, de façon peut-être plus moderne et nuancée.

    J’aime beaucoup le travail de Rosinski, depuis toujours, notamment son travail en couleurs directes. Évidemment, comme j’utilise des outils informatiques, le rendu est différent, mais j’essaie de me servir de brosses ou de textures qui vont donner un rendu travaillé, un effet texturé. Parfois « rough » (plus rapide, moins précis), parfois un peu plus précis, l’outil me permet de jongler entre tout ça ! Tout dépend de l’action, de la profondeur de l’image. Il ne faut pas aller trop loin dans les détails. L’important est d’abord d’avoir un rendu efficace, grâce aux teintes, avant de jouer sur les contrastes et les textures. Le contraste vient d’abord des teintes avant d’être approfondi grâce aux lumières. Je m’inspire des premiers tomes de la série pour définir cela.

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    Entretien avec Gaétan Georges – XII

    Et on arrive au bout de notre entretien avec l’ami Gaétan ! Là je vous préviens, il parle de vous, il parle de nous. On est des stars.

    J’en profite pour dire (ou redire ?) quel plaisir ça a été de rencontrer cet auteur, qui me semble avoir une approche de la vie qui me plaît beaucoup.

    Je vous livre au passage quelques dernières photos de notre auteur… et vous invite à commenter l’entretien ci-dessous si vous le souhaitez. Il sera réuni prochainement en un seul morceau plus digeste, dans une page dédiée.

    Thorgal.com : Êtes-vous présent sur Internet, avez-vous un site personnel ?

    Gaétan Georges :  Oui, je suis sur Internet, mais pas beaucoup, je le reconnais. J’essaie de faire des efforts, d’alimenter un peu plus, d’ouvrir un Instagram. Il est important d’être visible dans ce milieu, on a besoin d’être sur Internet. Et puis c’est un moyen de partager notre travail, sinon on reste un peu tout le temps dans notre monde, dans notre bulle. Mais j’avoue ne pas être un habitué des réseaux sociaux.

    Thorgal.com : Connaissez-vous le site officiel Thorgal.com ?

    Gaétan Georges :  Oui bien sûr, je le visite de temps en temps.

    Thorgal.com : Lisez-vous les avis des lecteurs ?

    Gaétan Georges :  Je n’y suis pas passé depuis un moment, mais quand les albums sont sortis, ou même avant, j’ai regardé le forum et les avis des gens. J’ai bien aimé lire ces avis, les retours, c’est amusant. Il faut que j’y retourne !

    Thorgal.com : C’est un public de passionnés. Des gens qui, comme vous, ont découvert la série il y a très longtemps, et qui continuent à la lire. C’est une série patrimoniale ! Avez-vous volé les albums à votre sœur ? Ils sont chez vous maintenant ?

    Gaétan Georges :  Non, il faudrait que je rachète la collection complète. J’ai les albums, mais en version numérique.

    Thorgal.com : Ça ne va pas du tout, ça ! Il faut investir.

    Gaétan Georges :  Oui je sais, les albums en numérique, c’était pour les couleurs ! Les albums sont toujours chez ma sœur. Et maintenant, je lui offre les nouveaux tomes puisque je travaille dessus. Elle est très fière, c’est une grande fan. Ces albums sont à elle, ils m’ont passionné mais ils lui appartiennent, ils ne sont malheureusement pas à moi !

    Il faudrait investir… et trouver de la place dans ma bibliothèque.

    Thorgal.com : Non non, pas d’excuse. D’autant que maintenant, vous pouvez même les signer et les dédicacer ! Merci beaucoup Gaétan pour toutes ces réponses qui nous ont permis de connaître votre parcours et de découvrir votre métier.

    Gaétan Georges :  Merci à vous, à très bientôt !

20 réponses de 1 à 20 (sur un total de 20)


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