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Les dieux ont mis un homme à l'épreuve

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Masterclass et entretiens avec Fred Vignaux

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Masterclass et entretiens avec Fred Vignaux

Ce sujet a 121 réponses, 12 participants et a été mis à jour par Thorgal-BD Thorgal-BD, il y a 1 an.

40 sujets de 81 à 120 (sur un total de 122)
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    Je voudrais pas faire mon pressé mais c’est pour quand la suite de l’entretien ? Trois questions tout les 10 jours ça fait un peu long quand même…    

    • Ce sujet a été modifié le il y a 2 ans par Abeloth.
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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre
    Entretien – III

    Oups ! Je ne suis pas passé du week-end. Voilà la suite.

    Rosinski a donc fait partie d’un panel de dessinateurs classiques intéressants à observer, à étudier.

    Oui, c’est ça. Je ne suis pas un grand lecteur de bande dessinée, je suis plutôt quelqu’un qui aime le dessin, le style BD, la narration en bande dessinée. Un dessin précis, concis, qui fait passer une idée avec une seule image. C’est cela qui m’intéresse.

    Alors je n’ai pas forcément lu beaucoup de bande dessinée, mais j’en ai beaucoup regardé.

    Vous dessiniez dans votre jeunesse ?

    J’ai toujours dessiné, depuis l’enfance. Mais j’ai eu le malheur, ou le bonheur, d’avoir de bons résultats dans d’autres domaines que le dessin, dans les matières générales, notamment les mathématiques et les sciences. Alors je me suis tourné vers des études scientifiques.

    Je dessinais, je caricaturais mes profs… J’ai pris des cours de dessin très tôt, mais j’ai aussi arrêté très vite, parce que je voulais faire de la bande dessinée. Quand on va dans les cours de beaux-arts, il faut prendre une toile, réaliser une nature morte, etc. Mais ce qui m’intéressait, c’était de raconter des histoires avec mes dessins.

    Ce n’est qu’après être devenu autonome financièrement que je me suis replongé dans le dessin, une passion qui me poursuivait depuis toujours. J’ai pris des cours sur Paris, dans une école de graphisme, en cours du soir. C’était à l’école Jean Trubert, du côté des buttes Chaumont. Elle propose un véritable cursus en bande dessinée, illustration et design.

    Vous aviez réalisé des bandes dessinées de jeunesse, avant cette démarche-là, ou c’était finalement quelque chose d’assez lointain dans votre parcours ?

    Non, j’ai seulement réalisé des histoires courtes de quelques planches, pour le plaisir. Par contre, je suis arrivé à Paris dans l’école Jean Trubert avec Éric Pailharey, un copain rencontré quand je faisais du jeu de rôles grandeur nature. Nous avons développé ensemble une histoire, pendant que je faisais mes études. Ça a été mon projet de fin d’année, et nous l’avons proposé par la suite à des éditeurs.

    Ce projet s’appelait « L’ombre des anciens » et nous l’avons signé chez Pointe Noire. C’est le premier projet que j’ai signé chez un éditeur, en 2001-2002.

    Alors, pour l’école Jean Trubert, je vous laisse suivre le lien si vous êtes intéressés.

    On reparlera de « L’ombre des anciens » dans le prochain extrait d’entretien, mais en voici déjà la couverture et une planche.

    On voit que Fred a radicalement changé son approche du dessin.

    Quant au jeu de rôles grandeur nature… Comment imaginez-vous notre dessinateur ? Plutôt ambiance Sherlock Holmes, ou guerrier sauvage ?

    (Pour ceux qui ne seraient pas attentifs, je vous signale que ce sont des montages !)

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    Ahhh merci pour la suite !!!   

    Ouah c’est incroyable la différence des dessins entre maintenant et ce qu’il faisait avant. C’est tellement moins détaillé.   

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    surprenant ce dessin aux origines de Vignaux… heureusement qu’il n’a pas dessiné thorgal et kriss dans ce style-là !

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre
    Entretien – IV

    Premier projet BD, à l’aube de la trentaine. C’est devenu votre métier du jour au lendemain ?

    A cette époque-là, j’étais dans l’administration. J’avais passé des concours, puis j’avais été muté sur Lille. Pour suivre ma formation au sein de l’école et réaliser le projet, je suis passé à temps partiel pendant deux ans.

    Lorsque nous avons signé pour « L’ombre des anciens » chez Pointe Noire, j’ai poursuivi ce temps partiel pendant un an, pour pouvoir réaliser cette bande dessinée.

    Vous pouvez nous dire quelques mots sur ce premier album ?

    Malheureusement, l’éditeur Pointe Noire a mis la clé sous la porte à ce moment-là, peu après la fin de la réalisation de l’album. J’ai réintégré l’administration à temps plein, et pendant quelques années j’ai fait de la BD institutionnelle, de la BD de communication, pour des projets spatiaux. Mon compère Éric Pailharet travaillait pour l’Aérospatiale. Nous avons notamment travaillé sur des projets comme Cassini-Huygens, Galileo ou le LHC au CERN. C’était vers 2003, 2004.

    En parallèle, nous avons présenté des projets qui n’ont pas été signés. Un jour, je me suis rendu à un festival BD et j’ai rencontré le scénariste Jean-Christophe Derrien. Nous avons préparé ensemble un projet qui s’appelle « Time twins ». Nous l’avons présenté chez Le Lombard.

    Nous allons parler de « Time twins », mais cet album chez Pointe Noire, qu’est-il devenu ?

    L’éditeur ayant mis la clé sous le paillasson, l’album n’a pratiquement pas été diffusé en librairie.

    Il a donc existé, malgré tout.

    Oui, et comme l’éditeur m’aimait bien et n’avait pas pu beaucoup me payer, vu ses difficultés, il m’a autorisé à prendre une partie du stock. J’ai rempli mon Punto, et pendant un an je me suis rendu dans les festivals avec mon stock d’albums à dédicacer !

    Eh oui, pas de suite pour « L’ombre des anciens »… Il y avait pourtant espoir et motivation, puisque la 4ème de couverture annonçait déjà la suite.

    Si vous voyez passer un Punto rempli de BD, vous saurez de qui il s’agit.

    Quelques mots sur les albums scientifiques. Cassini-Huygens, vous n’avez pas pu passer à côté (enfin, je l’espère) parce que c’est une mission d’exploration spatiale dont on parle depuis… les années 80 ! Elle aura duré 20 ans, avec pour objectifs principaux de nous permettre de mieux connaître Saturne, les anneaux de la planète et une partie de ses nombreuses lunes.

    Vous trouverez sans peine sur Internet des tas de clichés magnifiques pris au cours du voyage, notamment parce que le vaisseau est passé suffisamment près de Jupiter pour faire le paparazzi des étoiles. La sonde Huygens s’est même posée sur Titan, le plus gros satellite de Saturne (plus gros que la planète Mercure, pour donner une idée). J’imagine les mecs qui ont glissé un cheveu à bord pour avoir un p’tit bout d’eux là-bas. Le vaisseau Cassini a brûlé dans l’atmosphère de Saturne il y a 2 ans, quand ses réserves d’énergie n’ont plus permis de poursuivre la mission.

    Par contre les conclusions scientifiques semblent estimer que les anneaux de Saturne sont provisoires et devraient s’estomper dans les millions d’années à venir… Comme on ne sera pas là pour le voir, je préfère imaginer qu’ils seront toujours là, ce serait dommage de priver le système solaire de pareilles merveilles.

    Galileo, eh bien, je ne sais pas ! Je n’ai pas demandé à Fred. Soit c’est le fameux programme de GPS européen que vous utilisez peut-être (mais j’imagine mal une BD parlant du sujet il y a 15 ans alors qu’on commence à peine à voir les premiers systèmes utilisant Galileo) soit il s’agit de la sonde Galileo, une ancienne star de l’exploration spatiale, qui a observé Jupiter autour des années 2000. Je parie pour la sonde !

    Le LHC, je ne connaissais pas l’acronyme, en fait c’est tout simplement le Grand Collisionneur de Hadrons de Genève (donc moi je dis plutôt GCH sur ce coup-là). L’accélérateur de particules, vous savez, un des plus gros et ambitieux projets scientifiques de ce début de siècle. Je me souviens les craintes de création d’un trou noir, quand il a été mis en service. Je me souviens aussi, pour ma part, d’une grosse déception quand il a multiplié les avaries les premiers mois… Genre gros pschit, le hype qui retombe aussi sec. Depuis, il tourne, là-bas sous la montagne… Bon, le hype est vachement retombé en fait.
    Si vous regardez Big bang theory, vous en entendez parler au moins 2 fois par saison.  

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    Thorgal-BD a écrit
    Si vous voyez passer un Punto rempli de BD, vous saurez de qui il s’agit.

    Tu crois qu’il reste du stock au fond du coffre ?    

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre
    Entretien – V

    J’espère surtout que Fred aura plus de chance avec « L’ermite de Skellingar » parce que s’il doit caser 150 000 albums dans son Punto, il va avoir besoin du sac de Sport Billy (vous connaissez Sport Billy ?).

    On continue ?

    Vous démarrez ensuite une nouvelle aventure avec la réalisation de « Time twins ».

    Oui, un nouveau projet que nous avons signé en 2004, pour une parution entre 2005 et 2007.

    Toujours à mi-temps ?

    Eh bien, nous avons signé pour ce projet au Lombard. Je ne sais pas si c’est toujours le cas pour les nouvelles séries aujourd’hui, mais à l’époque l’une des particularités est que nous avions signé pour trois tomes, avec une possibilité de continuer si tout se passait bien.

    Je me suis dit que j’avais 3 ans de boulot pour réaliser ce projet, alors j’ai préféré prendre une disponibilité en 2005. J’ai donc pu faire de la bande dessinée à temps plein pendant 3 ans. A la fin de cette période, nous avons demandé à l’éditeur si nous allions continuer mais il nous a dit qu’il faudrait arrêter là, à la fin de ce tome 3.

    Il me restait une dizaine de pages à réaliser, je savais qu’il ne me restait plus que quelques mois de travail. Je me suis demandé ce que j’allais faire, réintégrer l’administration ou pas ? J’ai alors rencontré au Salon du livre Patrick Hourcade, qui était à l’époque éditeur chez Glénat. Il m’a dit qu’il montait un nouveau label, « Drugstore », et que je pouvais lui présenter des projets. Avec mon ancien compère de « L’ombre des anciens », Éric Pailharey, nous avons préparé un projet qui s’appelait « L’appel des légendes », et nous l’avons signé chez Drugstore. Je n’ai pas eu de temps mort entre les deux projets, j’ai donc pu continuer.

    La disponibilité a fini par devenir définitive ?

    La disponibilité continuait, continuait… Nous avons sorti deux tomes de « L’appel des légendes ». Nous n’avons pas réussi à faire les ventes nécessaires pour pouvoir poursuivre, mais Patrick Hourcade m’a permis de rencontrer Didier Convard. Scénariste émérite, connu et méritant, du « Triangle secret », de « Neige » et de beaucoup d’autres choses.

    « Neige » était aussi une série que j’avais lue dans le journal Tintin.

    Moi aussi. Une série formidable.

    Oui, une histoire extraordinaire. Didier m’a proposé « Le pendule de Foucault » chez Glénat, en partenariat avec le Musée des arts et métiers. J’ai réalisé un tome avec Didier Convard et Éric Adam, puis nous avons réalisé une nouvelle histoire, « Vercingétorix », pour laquelle on m’a demandé de faire un dessin plus réaliste. C’est là que j’ai commencé à faire des recherches graphiques un peu plus poussées et que j’ai essayé d’infléchir mon style pour aller vers quelque chose de plus réaliste.

    Petite pause pour vous présenter les trois projets successifs dont vient de parler Fred.

    « L’appel des légendes » : Cathya Mac Findly, spécialiste des contes et légendes, vient d’obtenir un travail plutôt original : diriger la section Phoenix, une équipe de quatre enquêteurs qui travaille au sein du Groupe d’Intervention Cryptozoologique, inconnu du grand public et spécialisé dans les événements surnaturels…Car les créatures du bestiaire des mythologies du monde entier existent bel et bien, mais sont invisibles au commun des mortels. Seuls les descendants des anciens mages, des humains dotés d’un talent spécial que l’on nomme les « oreilles d’or », permettent de les rendre visibles aux yeux des hommes. Le travail du G.I.C. consiste à éviter que la panique ne se répande lorsque les êtres de légendes sont découverts par les humains, et ce grâce à leurs talents spéciaux et à des armes bien chargées. Ils récupèrent également les objets magiques et féériques pour les mettre en sécurité. C’est d’ailleurs le but de leur première mission : récupérer Excalibur, l’épée légendaire, en Écosse !Découvrez un savoureux mélange de Men In Black, Hellboy et Merlin l’Enchanteur, une série d’aventures surnaturelles hyper vitaminées et sexy, qui mélange magie, monstres, action et humour dans un cocktail explosif !

    Contrairement à « L’ombre des anciens », vous n’aurez pas de mal à trouver ces albums si vous les cherchez.

    « Le pendule de Foucault » : Dans un monde post-apocalytique, la redécouverte de la science… La jeune et impétueuse Kunnskap enrage : comme tous les autres habitants de la Plateterre, elle est obligée de se soumettre à la doctrine de la Voie, la religion en place. Dotée d’une intelligence supérieure, elle brûle de s’affranchir de cette domination oppressante et de permettre enfin à tous d’accéder aux connaissances scientifiques. Elle appartient à une communauté secrète de rebelles hérétiques qui recueille le précieux témoignage d’un voyageur… Celui-ci affirme qu’il existe une population ayant choisi de ne pas suivre la Voie, et dont les membres se nomment les Foucault. Ces derniers détiendraient de quoi faire tomber le clergé : la preuve irréfutable que la terre tourne… Sur une planète Terre où l’humanité repart à zéro, cette bande dessinée nous emmène à un moment clé où l’audace d’une poignée d’hommes permettra à ses pairs de s’affranchir de l’obscurantisme.

    « Vercingétorix » : À l’âge de cinq ans, Vercingétorix vit son père condamné au bucher par les siens pour avoir osé se prétendre roi des peuples gaulois. Nourri de la même ambition, le jeune Arverne apprend la discipline militaire en réalisant ses classes auprès de la puissante armée romaine. De retour en Gaule, il déploie son talent militaire et son éloquence pour unir les tribus gauloises et repousser l’envahisseur romain. Fier, courageux, discipliné et ingénieux, Vercingétorix est pour les célèbres légions l’un de ses plus terribles adversaires. Mais, sans cesse, il est confronté à un stratège plus redoutable encore : Jules César… Découvrez les campagnes de ce premier héros mythique de l’Histoire de France dont la Guerre des Gaules, récit de propagande à la gloire de César, est la seule source écrite existante.

    Le camarade Tjahzi avait déniché un court entretien avec Glénat, 3 questions sur cet album, que je vous reproduis ici.

    Que vous inspirait le personnage de Vercingétorix avant de débuter cet album ?

    Frédéric Vignaux : Un personnage moustachu avec un casque ailé : une imagerie très « BD », forgée par des années de lectures de revues plus ou moins bien documentées. Un roi à la tête d’un peuple de « barbares » celtes chevelus, qui résistait à l’oppresseur romain en cherchant à unir la Gaule. On est effectivement loin des théories historiques actuelles !

    Il existe très peu de témoignages sur la vie du chef gaulois, si ce n’est la Guerre des Gaulesde Jules César, et encore moins de matériel iconographique sur lequel s’appuyer. Comment avez-vous procédé pour retranscrire fidèlement une époque aussi lointaine malgré le manque de sources ?

    F. V. : Le manque de sources sur le sujet est flagrant… mais c’est aussi un avantage ! Cela laisse un peu de latitude pour la création. Les principales sources de documentation sont La Guerre des Gaules, les reportages de vulgarisation, les fouilles archéologiques et surtout les troupes de reconstitutions historiques qui postent pléthores de photos sur leurs sites internet. Il existe aussi quelques revues et BD récentes qui abordent le sujet. Il faut savoir qu’en dehors de La Guerre des Gaules de César et de quelques bas-reliefs sculptés, beaucoup de choses restent de l’interprétation ! Ainsi, pour la décoration des boucliers, c’est plutôt la culture celte qui est prise pour modèle. On part aussi du principe que les civilisations gauloises et romaines n’étaient pas si éloignées que cela… ce qui permet de combler les manques.

    Vous avez également travaillé sur d’autres projets de type « fantastique ». Adaptez-vous votre style de dessin selon le type d’histoire qui est racontée et son degré de véracité ?

    F. V. : J’essaie dans la mesure du possible d’adapter mon style au sujet de la BD. Avec l’expérience, mon dessin tend vers plus de réalisme tout en gardant ce côté dynamique qui m’est cher… ce projet tombait donc à point nommé !

    Pour finir ce petit tour, j’imagine que certains d’entre vous se demandent encore qui est Sport Billy…

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    Bonjour,

    Le pendule de Foucault, c’est une histoire en plusieurs tomes ?

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    Salut Chris, l’album semble avoir dû s’inscrire au départ dans une série ou une collection (les chroniques de Plateterre) mais je ne crois pas que d’autres albums ont été réalisés.

    Je t’invite à jeter un œil à la vidéo juste au-dessus (Convard-Vignaux) les auteurs y développent la présentation du concept.

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre
    Entretien – VI

    Si on regarde « Time twins », effectivement, le dessin propose une approche très différente.

    Le dessin y est beaucoup plus caricatural.

    Ce changement de style radical vers un dessin réaliste est plutôt un choix personnel, ou un choix collégial, entre vous et vos partenaires ?

    Cela s’est fait assez naturellement, peut-être avec mes partenaires du moment… Au départ, j’étais marqué par mon époque Soleil, le dessin semi-réaliste correspondait à mes lectures de jeunesse. Mais petit à petit, je me suis tourné vers des dessins à l’encrage fort et au rendu plus réaliste.

    Je pense qu’on dessine ce qu’on aime, ce qu’on lit. C’est peut-être aussi une question de confiance. Le réalisme, il faut le tenir sur tout un album. Mais le style « gros nez », même s’il y a une économie de traits, n’est pas moins difficile. Je suis incapable de dessiner Tintin, il y a tellement peu de traits qu’il suffit que le crayon bouge à peine pour que ce ne soit plus Tintin.

    Le style réaliste demande d’avoir des notions d’anatomie, de perspective, beaucoup de choses très poussées. Je ne dis pas que ce style est plus facile ou plus difficile, mais mes connaissances n’étaient pas assez poussées lorsque j’ai commencé la bande dessinée, pour pouvoir faire du réaliste. J’ai souhaité évoluer petit à petit vers cela.

    « Vercingétorix » marque un tournant dans votre carrière.

    Quand on a fait « Vercingétorix », je crois qu’une scène a particulièrement plu à Éric Adam et Didier Convard. C’était une scène avec une paysage enneigé. Ils ont flashé sur cette scène-là, notamment quand je suis passé à la couleur. Ils sont venus me voir et m’ont dit que Didier Poli arrêtait « Neige Fondation », et qu’ils s’apprêtaient à créer une nouvelle série, « Neige origines ». Je leur ai dit oui tout de suite !

    Je vous remets une planche de « Time twins » pour comparaison avec le trait actuel réalisé par Fred.

    Je vous propose également un lien vers un entretien sur Planète BD avec Fred Vignaux et Jean-Christophe Derrien. L’entretien donne envie de découvrir cette série Time twins !

    Mais il est aussi et surtout intéressant de s’arrêter quelques instants sur cette fameuse planche enneigée, qui semble avoir à elle seule ou presque changé l’avenir de Fred, de Thorgal, de la BD.

    J’ai lutté contre vents et marées, et réussi à la retrouver au fond d’une malle conservée dans les archives secrètes de Glénat (ou alors j’ai demandé à Fred, à vous de choisir).

    Il est intéressant d’imaginer la scène sans ses couleurs. Peu de traits, ciel blanc et sol blanc, et pourtant la mise en couleurs donne une belle profondeur à l’image.

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    Thorgal-BD a écrit
    J’ai lutté contre vents et marées, et réussi à la retrouver au fond d’une malle conservée dans les archives secrètes de Glénat (ou alors j’ai demandé à Fred, à vous de choisir).

    Ça m’étonnerait fort qu’au fond de cette malle, on retrouve sous l’album Vercingétorix la couverture du tome 37 de Thorgal 

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre
    Entretien – VII

    Ils sont fourbes chez Glénat ! Ils ont les couvertures de Thorgal un an à l’avance pour faire de la contrefaçon chinoise made in France.

    Le monde de la BD est impitoyable, d’après la rumeur.

    Vous évoquez la mise en couleurs de vos albums. Pouvez-vous nous parler de cette étape de création très particulière ?

    Quand je me repenche sur les premiers dessins que j’ai réalisés, je me rends compte que je les ai toujours pensés en couleurs, avant même de faire le trait. Mais tant que ma maîtrise ne m’a pas semblé suffisante, j’en suis resté au trait.

    Après avoir suivi les cours de l’école Trubert, j’ai compris que l’outil informatique pouvait permettre de réaliser des choses formidables. Je me suis lancé dans le numérique, et les logiciels que j’ai découverts m’ont aidé à trouver les bonnes méthodes, à réaliser de belles ambiances. J’ai notamment apprécié Photoshop, un outil très intuitif. Il permet l’erreur, et surtout il propose une gamme de couleurs très étendue, facilement accessible.

    Je n’ai pas réalisé les couleurs de « Time Twins » parce que j’avais l’impression de ne pas maîtriser le côté girly, cartoon, de ces albums. Par contre, pour « L’appel des légendes », j’ai tout de suite souhaité réaliser la mise en couleurs de mes dessins.

    L’outil informatique s’est imposé rapidement dans votre travail, aussi bien pour le dessin que pour la mise en couleurs ? Il y a eu un moment « charnière » dans votre parcours ?

    L’outil s’est rapidement imposé pour les couleurs, mais pas pour les crayonnés ou l’encrage. C’est venu bien plus tard dans mon parcours. Avant le deuxième tome de « Neige origines », je réalisais l’encrage et les esquisses préalables avec des techniques traditionnelles. Mais à partir de cet album, je n’ai plus travaillé qu’avec l’outil informatique.

    Pour quelles raisons ?

    Je crois que tout est venu du matériel. Avant « Neige », je travaillais avec une tablette graphique et un écran pour les mises en couleurs. Mais pour cet album, j’ai choisi d’utiliser une Cintiq, un outil qui est à la fois une tablette graphique et un écran. On trace directement sur l’écran, sans la décorrélation du geste entre la tablette et l’écran. Avec cet outil, si on veut par exemple tracer un cercle, on peut le faire, alors qu’avec une tablette classique il est beaucoup plus difficile de réaliser un geste parfait.

    Pour la mise en couleurs, j’ai dû m’adapter à ce nouvel outil. Ma main cachait en partie mon travail, alors qu’avec le duo tablette-écran que j’utilisais auparavant, seul un curseur apparaissait sur l’image. Mais pour moi, cela permet en fait de retrouver un geste naturel, celui du dessinateur dont la main est posée sur sa planche. Et le geste est beaucoup plus précis.

    Dans le tome 2 de « Neige origines », les premières planches sont réalisées avec un encrage traditionnel. Je passe totalement au numérique à partir de la page 5 ou 6.

    On ira vérifier !

    Normalement, on ne voit pas la différence, ou à peine ! Et j’ai poursuivi mes travaux avec l’outil informatique, y compris pour les couvertures.

    Alors là, je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais pour ma part j’ai eu tout de suite très envie d’aller voir ce qu’est une Cintiq.

    Tout d’abord, voici l’espace de travail traditionnel du dessinateur de BD travaillant en numérique avec une tablette graphique et un écran. C’est une vieille photo d’un ami à moi qui s’appelle Roman S.

    Bien sûr, comme je vous sais coquinous, j’imagine que vous avez tout de suite pensé à réaliser un montage photo didactique. Vous êtes impayables.

    Étant, comme je le disais, très curieux, je suis allé sur le site de Wacom pour voir à quoi ressemble une Cintiq. Le site m’a agressé à grands coups de popup, mais j’ai fini par réussir à y accéder. J’y ai notamment trouvé cette vidéo de présentation, malheureusement entièrement numérique. Ça donne quand même une idée, mais le procédé de présentation est curieux. Un bras virtuel fait un dessin virtuel sur une tablette virtuelle.

    Mais ne vous inquiétez pas, la tablette existe vraiment, et coûte un bras.

    Le meilleur pour présenter l’outil, c’est bien sûr Fred.

    Bien ! Maintenant, je vous invite à aller vérifier dans « Neige origines » si vous voyez une différence à partir de la page 5.

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    Thorgal-BD a écrit
    Bien sûr, comme je vous sais coquinous, j’imagine que vous avez tout de suite pensé à réaliser un montage photo didactique. Vous êtes impayables.

    Rhooo… après les fausses planches du tome 37, voici le faux atelier de son dessinateur. Mais où va-t-on ?   

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre
    Entretien – VIII

    Mais que s’est-il passé ? Un trou fabuleux de trois mois dans la diffusion de ce fantastique entretien !

    Ce procédé de diffusion unique, propre au site Thorgal.com et à son webmestre, est en fait d’une efficacité redoutable. La longue attente vous a tous placés dans une sorte de fébrilité cotonneuse, un peu comme en état de stase diffuse prénatale, juste avant le grand saut, le big bang de la création de vous-mêmes.
    Bref, vous l’aurez compris, grâce à moi vous voici pleinement prêts à suivre la suite dans les meilleures conditions. Je vous envie, vous avez trop de la chance.  
    Bisou. Et, heu, où en étions-nous ?

    On en vient d’ailleurs à ces fameuses couvertures de « La sagesse des mythes », qui ont tant plu à Xavier Dorison quand il cherchait un nouveau dessinateur pour Kriss de Valnor.

    Lorsque j’ai travaillé sur « Neige origines », la première et la seconde couverture ont beaucoup plu à l’éditeur. On m’a proposé de réaliser les couvertures d’une série naissante, « La sagesse des mythes », chez Glénat.

    « La sagesse des mythes » est une collection, avec des parutions régulières.

    Oui, c’est une collection qui a énormément de succès, et on m’a proposé d’en réaliser toutes les couvertures. Il y a un scénariste commun à tous les albums, il y a un directeur artistique, mais chaque album est réalisé par un dessinateur différent. On a cherché à unifier visuellement la collection, notamment pour pouvoir l’exposer dans les rayons des librairies. C’est pour cela que je réalise toutes les couvertures.

    La collection s’étoffe rapidement, une vingtaine de tomes sont disponibles.

    Je crois que la première année, il y a eu huit tomes. Deux par trimestre. Aujourd’hui on en est à 18, et de nouveaux albums doivent paraître bientôt.

    Ces couvertures sont vraiment très belles.

    Merci ! Elles m’ont permis de bien progresser.

    Que représente ce travail pour vous ? Le plaisir de peindre, une pause entre deux encrages de planches ?

    C’est tout à la fois. Comme je ne mets pas en couleurs les albums de Kriss ou de Thorgal, je prends beaucoup de plaisir à travailler sur ces couvertures. J’ai une grande sensibilité à la couleur. Quand je réalise mes dessins en noir et blanc, et leur éclairage, j’ai en tête la couleur à venir. Je pense aux modelés, aux masses de noir. Le coloriste doit pouvoir retrouver les sources de lumière en fonction des informations que je donne. Quand je dessine, je sais où se trouve mon éclairage, je sais quelles seront les ambiances, où sont les rehauts, etc. Je pense ma planche en couleurs.

    Il est plus que temps de les montrer, toutes ces couvertures dont on vous parle depuis des mois le début de cet entretien !

    Grosse pub pour Glénat dans un site du Lombard, mais bon là les enfants, attention, c’est quelque chose, vous allez voir. Plus de bla bla, c’est de l’art, alors vous avez droit au grand format et à la contemplation.

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    Thorgal-BD a écrit
    Ce procédé de diffusion unique, propre au site Thorgal.com et à son webmestre, est en fait d’une efficacité redoutable.

    Ah, enfin la suite    Pour la redoutable efficacité du procédé de diffusion, j’ai des doutes…   

     

    J’adore les couvertures de la série « Neige origines ».   

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    ça ne doit pas être simple de penser les planches en couleur, puis de transmettre ses idées au coloriste, par exemple pour les sources de lumière…

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    Entretien – IX

    Nils a écrit
    ça ne doit pas être simple de penser les planches en couleur, puis de transmettre ses idées au coloriste, par exemple pour les sources de lumière…

    Alors là, la perche est parfaite pour aborder la suite de l’entretien. Je me suis posé la même question, au même moment.

    Vous avez travaillé avec Gaétan Georges, pour le nouvel album de Thorgal qui vient de paraître (le tome 36, « L’ermite de Skellingar ») ainsi que pour les deux derniers tomes de Kriss de Valnor. Comment se passe votre collaboration ?

    Pour chaque album, je prépare pour Gaétan un document regroupant toutes mes idées pour la mise en couleurs, tout ce à quoi j’ai pu penser pendant la réalisation des planches. J’ajoute de la documentation pour certaines scènes, des images que je glane sur Internet, des dessins d’ambiance.

    De temps en temps, je joins une planche en niveaux de gris, des « niveaux », c’est-à-dire que je traduis en valeurs de gris l’éclairage de la planche. Gaétan reçoit également le scénario, pour savoir s’il fait jour ou nuit, quelle est l’ambiance… Le scénario lui permet aussi de lire les textes, parce que je lui envoie des planches muettes, avec des bulles vides.

    Ce document me permet d’expliquer mes intentions, de donner mon avis sur la mise en couleurs, de proposer des pistes.

    Mais Gaétan est totalement libre d’interpréter mes propositions comme il le veut. Et ce qu’il fait est juste, et bon, à chaque fois. Après avoir mis les planches en couleurs, il revient vers moi pour me présenter ses travaux, et plutôt que de noter et lui envoyer les petites choses que j’aimerais modifier ici ou là, je prends ma tablette graphique et je retouche ce qui me semble devoir être modifié. Ensuite je lui soumets ces modifications, pour savoir si elles lui conviennent, ou s’il pense pouvoir mieux traduire mon intention.

    Je pense que le document que je prépare est important, pour que Gaétan sache ce que j’avais en tête et pour qu’il appréhende au mieux ma façon de placer les noirs, les blancs, les volumes et toutes les informations que j’ai laissées dans la planche.

    J’ai prévu de rencontrer Gaétan prochainement, on aura l’occasion de discuter de tout cela.

    C’est quelqu’un de zen. J’adore ses couleurs, il est extrêmement sérieux.

    On reparle de « Neige origines » ? Combien de tomes allez-vous réaliser ?

    Trois tomes sont prévus, au total.

    Et après, vous pensez continuer ?

    Non, « Neige origines » est une trilogie. Elle se termine avec un cliffhanger, dans le troisième tome, mais c’est intentionnel. Il est placé là pour relancer la fin de la série principale. Christian Gine et Didier Convard vont s’en servir pour continuer et terminer leur série.

    Mais alors, que reste-t-il, après tous ces projets terminés ?

    Thorgal !

    L’entretien avec Gaétan, dont je parle plus haut a été réalisé. Il est cool. Vous y aurez droit juste après la fin de celui-ci, donc logiquement cette année !

    Voici une photo prise pendant l’entretien. Vous constaterez qu’il s’agit bien de Gaétan, avec tous ses cheveux, et non de Gontran, un célèbre mythomane qui prend parfois la place de Gaétan au cours des manifestations publiques (d’après la rumeur, en laquelle on peut toujours avoir confiance).

    Voici également une illustration de la démarche décrite par Fred, une planche sur laquelle des niveaux de gris ont été placés pour définir l’ambiance du lieu. Prenez vos crayons de couleurs et faites donc une mise en couleurs à la Gaétan. Vous avez 10 minutes.

    La scène à retenir, pour moi, est celle de la case centrale, que je vous invite à explorer. Les ombrages, déjà bien amorcés au moment du travail d’encrage, sont indispensables pour une bonne compréhension de la scène, notamment parce que la brume a effacé une bonne partie du paysage.

    A moins que ce ne soit un oubli de Fred ? Si vous le voyez en dédicaces, n’hésitez pas à lui tendre l’album pour lui demander de finir la montagne.

    Le rôle du chas de l’aiguille est aussi très intéressant dans cette planche, mais ça, on en reparlera une autre fois.

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    Très intéressant tout cela !   

    C’est la première fois que je lis un article abordant la collaboration entre Fred et Gaétan.

    Pauvre Gaétan, qui a failli perdre sa légendaire chevelure sous les trait de Gontran.

    C’était ICI, sur un site vraiment pas sérieux !   

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    Tjahzi a écrit

    Thorgal-BD a écrit
    Ce procédé de diffusion unique, propre au site Thorgal.com et à son webmestre, est en fait d’une efficacité redoutable.

    Ah, enfin la suite    Pour la redoutable efficacité du procédé de diffusion, j’ai des doutes…    

    Alors, comme je suis prof et que je vous aime aussi je vais vous dire comment cela s’appelle : créer un horizon d’attente.

    Voilà c’est comme ça qu’on appelle le fait de faire lambiner son prochain et l’invitant à se faire tout un tas d’images mentales de la suite à venir.

    Et tout comme dans le cas présent ça marche bien quand le sujet passionne les foules. Parce que oui cette interview est bel et bien passionnante.

    Les couvertures de Neige Origines et des Mythologies sont sublimes, je les adore, mais je l’ai déjà dit. Je le dirai surement encore d’ailleurs. J’ai acheté le coffret de l’Iliade juste pour les couvertures en fait.

    Officiellement notre nouveau dessinateur Thorgal est notre nouveau doudou. On l’aime, on ne peut plus se passer de lui.

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre
    Entretien – X

    Hé hé, Hirondl a tout compris ! C’est parfait.

    Mais alors, que reste-t-il, après tous ces projets terminés ?

    Thorgal !

    Thorgal ! Et les couvertures de la sagesse des mythes. Parlons de Thorgal et de ses Mondes. On peut remonter à 2017.

    Eh oui, avec en 2017 le tome 7 de Kriss de Valnor, « La montagne du temps ». Et le tome 8 « Le maître de justice » en 2018.

    Oui, les tomes 7 et 8, parce que la série a connu plusieurs dessinateurs, Giulio de Vita, Roman Surzhenko et vous. Il y a eu plusieurs coloristes également, et plusieurs scénaristes. Xavier Dorison et Mathieu Mariolle ont repris conjointement la série.

    Mathieu et Xavier ont scénarisé la série à partir du tome précédent, le tome 6, dessiné par Roman. Ils ont poursuivi l’aventure avec moi. Ils m’ont présenté un scénario déjà ficelé, j’ai pu commencer directement à travailler dessus.

    Avant cela, j’avais réalisé quelques croquis d’essai, parce que mes travaux auraient pu ne pas convenir, malgré la volonté de Xavier de me faire venir sur le projet. On retrouve ces recherches à la fin du tome 7, dans un cahier graphique. J’avais dessiné plusieurs croquis de personnages, et une planche.

    Il y a bien une planche, dans le cahier graphique du tome 7, la planche 5 de l’album, accompagnée du story-board et de recherches.

    En fait, pour planche d’essai, j’ai choisi de réaliser tout simplement la première planche de l’album, avec ce visuel du temple sous la pluie, que j’aimais beaucoup. Ils ont vu la planche, et ils m’ont dit que j’étais engagé. Je pense qu’elle a été montrée à Grzegorz et Piotr Rosinski, et qu’elle a correspondu à ce qu’ils recherchaient.

    Oh, ces propos invitent encore à montrer plein de choses ! Tout d’abord, je vous invite à visiter l’Auteurothèque si vous êtes un peu perdus dans la riche saga des auteurs de Thorgal. En plus je viens de la mettre à jour avec les albums des mois passés et à venir. Quelle réactivité.

    Auteurothèque

    Voici maintenant les fameux croquis issus du premier album auquel Fred a participé, « La montagne du temps ».

    Et bien évidemment, la fameuse planche test, devenue planche star.

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    val

    Cette planche est magnifique, il faut que Vignaux continue dans cette veine pour le prochain album de Thorgal !

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    F. Vignaux a dit
    En fait, pour planche d’essai, j’ai choisi de réaliser tout simplement la première planche de l’album, avec ce visuel du temple sous la pluie, que j’aimais beaucoup. Ils ont vu la planche, et ils m’ont dit que j’étais engagé. Je pense qu’elle a été montrée à Grzegorz et Piotr Rosinski, et qu’elle a correspondu à ce qu’ils recherchaient

    Tu m’étonnes. Et j’ajoute ils ont même du dire  » Waw p****** ta mère ça déchire grave. »

    enfin moi c’est ce que j’aurais dit.

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    Tu es sûre que tes petits élèves ont entre 3 et 5 ans   

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    Entretien – XI

    Quand on observe votre dessin, d’un album à l’autre ou plutôt d’une série à l’autre, on voit un travail polymorphe, très différent à chaque fois. Comment avez-vous abordé le travail sur Kriss de Valnor, quelles ont été vos inspirations, vos choix, vos éventuelles difficultés ?

    Comme vous l’avez dit, plusieurs dessinateurs se sont succédés pour cette série. Il y avait, pour moi, deux possibilités. Soit j’essayais de m’inscrire dans ce qui avait été fait, sois je créais quelque chose de nouveau. Dans le premier cas, la difficulté est qu’il y avait déjà eu trois dessinateurs, Giulio, Roman et Grzegorz. Pour Grzegorz, c’est même encore plus délicat parce que son dessin a beaucoup évolué. Quelle Kriss choisir, celle du début dans « Les archers », celle qu’on retrouve bien plus tard dans « Kriss de Valnor » ?

    J’ai choisi une démarche mêlant les deux approches, avec un dessin que j’espère respectueux du travail de mes prédécesseurs, mais aussi très personnel. Je me suis efforcé de respecter l’esprit de la série et des personnages. Kriss de Valnor a un caractère fort, on doit pouvoir la reconnaître immédiatement, notamment grâce à ce scénario qui la met en valeur. Elle est très emblématique. J’ai essayé de créer ma propre Kriss de Valnor, en espérant que les gens retrouvent dans mon personnage l’aventurière qu’ils connaissent depuis si longtemps.

    Je pense que mes prédécesseurs ont eu la même approche.

    Petit plongeon dans l’histoire graphique mouvementée de Kriss de Valnor.

    1985 – Grzegorz Rosinski

    1986 – Grzegorz Rosinski

    1993 – Grzegorz Rosinski

    1996 – Grzegorz Rosinski

    2004 – Grzegorz Rosinski

    2010 – Giulio de Vita

    2014 – Giulio de Vita

    2015 – Roman Surzhenko

    2017 – Fred Vignaux

    2019 – Grzegorz Rosinski

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    Sympa le défilé des kriss. La dernière de Rosinski a un faux air de Salouma je trouve. Ma préférée est sans conteste la première, mais elle y est très jeune, elle devait évoluer. Il y en a une qui a un strabisme non ?

     

    Tjahzi a écrit
    Tu es sûre que tes petits élèves ont entre 3 et 5 ans

    Oui !  Cela dit en me relisant je me disais que ma phrase donne une idée de l’état de délabrement mental dans lequel je suis à la fin de la période scolaire.       

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    Entretien – XII

    Avez-vous eu le même regard sur Thorgal, ou la série nécessitait-elle une autre approche ?

    C’est assez différent, parce qu’il n’y a eu qu’un seul dessinateur de Thorgal. On peut bien sûr tenter de tout changer, mais avec le risque de désarçonner le lecteur. Je pense qu’il faut garder une certaine unité avec la série originelle.

    Mais je crois que, si Grzegorz a souhaité que je réalise la série, c’est parce qu’il ne voulait pas que je me contente de copier l’une de ses époques, l’un des styles qu’on retrouve à un moment ou un autre de la série. Il fallait une continuité, mais pas seulement. Tout au long de sa carrière, son dessin a constamment évolué. Je ne crois pas qu’il voudrait qu’on revienne à un style qu’il a déjà expérimenté. Je l’ai compris ainsi, et j’ai essayé de réaliser un dessin qui soit dans le prolongement de ce défi d’évolution permanente, mais sans que la rupture soit trop forte.

    Avec tout cela en tête, je me suis plus inspiré du dessin de la série Thorgal que je ne l’avais fait pour Kriss de Valnor.

    On en est donc au 37ème tome d’une série qui a une longue histoire. Vous y découvrez un scénariste, Yann, un nouveau compagnon pour vous, mais pas pour les lecteurs des Mondes de Thorgal qui le connaissent depuis très longtemps avec les séries « Louve » et « La jeunesse de Thorgal ». Comment se passe votre collaboration ?

    Je ne connaissais pas Yann, effectivement. Notre rencontre s’est très bien passée. Il a fait quelque chose d’étonnant, peut-être pour apprendre à me connaître. Il m’a proposé une histoire avec une ligne principale définie et, à certains moments de l’arc narratif, il m’a proposé des scènes alternatives.

    C’était intéressant, parce qu’en fonction de sa sensibilité, on peut être plus attiré par la scène originelle dans le tronc principal, ou par la scène alternative assez différente. J’ai souvent choisi la scène alternative !

    Yann a ensuite retouché le scénario en intégrant les scènes alternatives que j’aimais bien. Je pense que c’était une façon, pour lui, de voir comment je fonctionne, ce qui me plaît. C’est aussi une approche qui permet d’intéresser davantage le dessinateur, de se sentir tout de suite investi dans l’histoire qu’on lui propose.

    Ce sera la même chose pour le prochain tome ?

    Cette fois-ci, nous en avons discuté bien plus tôt, en amont, et il écrit le scénario en tenant compte de ce dont nous avons discuté. J’aime cela, j’ai l’impression qu’il a une réelle envie de prendre en compte les aspirations du dessinateur. C’est une véritable collaboration.

    En illustration de cette collaboration évoquée par Fred, je vous propose la première page du scénario rédigé par Yann, suivie de la planche finale réalisée par Fred. Et puis allez, soyons fous, en couleurs et en noir et blanc ! Roh les bonus de feu sur Thorgal.com, ça doit bien vous émoustiller tout ça. Bande de chanceux.

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    Intéressante collaboration entre Vignaux et Yann. Je compte parmi les sceptiques concernant les scénarios de Yann, du coup j’adhère forcément à cette souplesse d’écriture, d’autant que Vignaux a certainement la critique utile et constructive. Pour moi cette coopération est une bonne nouvelle pour la suite. (Je me demande parfois comment Yann vit toutes les critiques à l’égard des scénarios précédents, alors qu’au contraire Vignaux est encensé de compliments sur son travail.)

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    Oui, cet étrange binôme a l’air de fonctionner, ne nous en plaignons pas.   

    Revoir cette planche qui inaugure l’album ne me procure pas que de la joie. Il était prévu que les lecteurs de la série mère ne seraient pas obligés de lire les séries parallèles pour comprendre le récit, mais là avec l’origine de la guenon dans la série « Louve », c’est raté. Cette histoire-là aurait dû être bouclée depuis longtemps !

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    Entretien – XIII

    Puisqu’il semble que le prochain tome sera beaucoup consacré à Louve, j’imagine que le cas du singe y sera peut-être réglé.  Un petit texte introductif « à la Dorison » pourrait éventuellement permettre de contextualiser.

    Et pour répondre à Hirondl, je pense que Yann ne passe jamais par ici.

    Vous avez retrouvé dans ce nouvel album Jolan et Kriss, des personnages que vous aviez déjà dessinés dans la série « Kriss de Valnor ». Louve, Aaricia, Thorgal et quelques autres viennent s’y ajouter. Il vous a fallu un peu de temps, des esquisses, des recherches ?

    J’ai surtout dû travailler pour Louve ! Thorgal et Aaricia apparaissent un peu dans « Le maître de justice » alors j’avais déjà des idées pour les réaliser.

    Il y a un peu de trac, au moment de reprendre le dessin de ces personnages. Il fallait être attentif à eux, et que j’essaie de les dessiner un peu plus à la façon de Rosinski. Dans Kriss de Valnor, c’était davantage une interprétation, d’autant que Thorgal et Aaricia apparaissent à chaque fois au cours de songes ou de moments ésotériques ou fantasmés, ce qui n’est plus le cas dans « L’ermite de Skellingar ».

    Vous avez échangé avec Rosinski ?

    Oui, je suis allé voir Grzegorz à deux reprises pour des séances de travail pendant la réalisation de l’album. La première fois, c’était en avril 2019. La moitié des planches étaient réalisées. J’avais préparé de belles impressions des planches. Il a pris un marqueur noir et du blanc, et il a modifié ce qu’il jugeait utile de modifier. J’ai retouché ensuite mon travail en tenant compte de ses conseils.

    J’y suis retourné une seconde fois avec toutes les planches, pour qu’il voie la fin de l’album et ce que j’avais modifié après ma première visite. Il a fait à nouveau des modifications. Ce qui a été très important pour moi, c’est qu’il a jugé que mon travail était bien dans l’esprit, qu’il était « thorgalien » et que j’avais saisi ce qui fait, pour lui, qu’un dessin correspond bien à la série.

    Les deux éléments importants étaient d’une part la ressemblance des personnages, d’autre part l’esprit d’aventure, l’ambiance des planches, les masses de noir, ce qui fait qu’on se sent tout de suite chez Thorgal.

    L’idéal me semble, ici, de replacer différentes photographies mises en ligne au cours des mois passés. La première série est issue d’une rencontre autour de planches de Kriss de Valnor, la seconde vient de l’une des deux rencontres en Suisse, décrites par Fred ci-dessus.

    Et bien sûr, les personnages dont nous parlons ici, se réincarnant dans les mains de Fred Vignaux.

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    moi aussi, je trouve que les dessins de Vignaux sont très thorgaliens, par les ambiances qu’il crée, par le dynamisme qu’il insuffle, par les émotions qu’il fait naître !   

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    Entretien – XIV

    Tu as raison Arnusse, Fred se présente parfois dans ses entretiens comme un besogneux, mais il y a bien plus que du travail dans ce qu’il fait ! Ça me rappelle un peu Grzegorz Rosinski qui, malgré la qualité de ses travaux, a tendance à minimiser ses propres qualités.

    L’artiste nous livre quelques astuces de création, dans cette dernière partie de l’entretien. Il nous dit surtout l’importance qu’il donne à la réalisation du story-board. On en reparle un peu plus bas.

    Comment préparez-vous les planches ? Travaillez-vous case après case, ou avec une approche globale de la planche ? Comment imaginez-vous la scène, quand il y a du mouvement, quand vous voulez représenter une scène d’action ? Comment placez-vous les regards, les caméras ?

    La création se fait tout d’abord au stade du story-board. Le cheminement de l’œil au sein de la planche est très important. Le placement des bulles est important, puisque l’œil va forcément d’une bulle à l’autre. Selon l’emplacement des bulles, l’œil va parcourir toute la case, ou seulement une partie de la case.

    Par exemple, sur un panoramique, si la bulle est à gauche, l’œil va traverser la case en diagonale et ignorer ce qui est sur la droite, sans avoir forcément vu les informations semées sur la droite de la case.

    Vous réfléchissez BD dès le départ.

    Oui. Je ne fais pas de la BD parce que j’ai des envies de cinéma, mais bien pour la BD. Les règles de cadrage sont universelles, les compositions, les valeurs, les fuyantes… L’avantage de la bande dessinée est que le cadre n’a pas un format unique, 16:9 ou autre.  Chaque case a son propre format. La forme des cases se choisit en fonction de ce que l’on veut placer dedans. Le rapprochement avec le cinéma ou la photographie peut se faire dans un second temps, avec les ambiances, l’éclairage, ce qui se met en place par la suite.

    Il est important aussi que la planche s’anime. Il faut éviter d’aligner les personnages, il faut faire des compositions en triangle avec des masses différentes. Sachant que dans une planche classique de Thorgal il y a quatre à sept cases, peut-être un peu plus aujourd’hui. Par exemple, si on a trois portraits dans la planche, j’essaie de faire en sorte de ne pas les aligner d’un côté, d’équilibrer les masses des portraits. Une composition en triangle, cela peut être un petit portrait en haut au milieu, un portrait de moyenne valeur en bas à gauche et un portrait de plus grosse valeur en bas à droite.

    Ensuite, pour qu’une planche soit dynamique, il faut faire en sorte que les mouvements soient cohérents au sein d’une page. Par exemple, si on jette un objet, la trajectoire dans la planche doit correspondre à la trajectoire possible dans la réalité. Il ne faut pas qu’un objet soit jeté vers la droite, et qu’on le voie partir vers la gauche dans la case suivante. Ce sera la même chose quand on coup de poing est donné, quand quelqu’un court, etc. Tout soit être logique, il y a beaucoup de petites astuces assez techniques, qui doivent être gérées au sein d’une planche.

    Il y a également la recherche de la « belle case », le beau paysage. J’essaie de faire en sorte qu’il y ait dans chaque planche au moins une ou deux cases emblématiques, assez fortes. Un grand décor, un beau regard, ou même une belle ambiance colorée. On doit se dire pour chaque planche qu’elle est belle, sans forcément chercher à savoir pourquoi. Mais cet effet ne doit pas se retrouver dans chaque case, sinon il n’y a plus d’étonnement.

    Émotionnellement, la lecture d’un album doit être en dents de scie, avec des temps calmes, des moments surprenants, des temps forts. On trouve cela dans la narration, mais on doit aussi le ressentir dans le dessin.

    Pour bien penser une planche, il faut avoir tout étudié dès le story-board.

    Merci pour ces éclairages et cette immersion dans l’esprit du créateur de bande dessinée. Le nouvel album est en route ?

    Oui, on retrouvera Thorgal en 2020.

    Avec grand plaisir ! Merci Fred, et à bientôt sur Thorgal.com.

    Voilà, c’est fini, nos deux mains se desserrent de s’être trop serrées, la foule nous emporte chacun de notre côté.

    J’espère que cette série (malgré le léger retard de diffusion ) vous a plu. Je vais remettre l’entretien, en entier cette fois-ci, en ligne dans la fiche de l’auteur, courant mars.

    Et j’ai d’autres surprises pour vous, dans ce même sujet, dans les jours qui viennent ! Et si vous voyez qu’elles ne viennent pas, faites comme d’habitude, venez me tirer les oreilles pour relancer la machine à diffusion.

    Mais on ne peut pas se quitter sans mettre un peu le nez, bien sûr, dans le story-board de maître Fred. Le prof dévoile tout, vous saurez faire de la BD maintenant.
    Rah non zut, faut savoir dessiner.  

    Cette première page de story-board se retrouve ci-dessous dans sa version finale dessinée, avec une grande fidélité à l’impression première de l’auteur.

    Deux changements majeurs, par contre, pour cette autre planche. Le découpage, tout d’abord, qui remplace la case par la bande. Un peu comme si on regardait, comme la petite fille, en soulevant légèrement un morceau d’étoffe nous masquant partiellement la scène. Une vraie rupture visuelle pour ce flashback.
    Autre changement important, la posture et la place de Shaïgan dans l’image. Le conquérant à la hache levée devient un guerrier sombre et fuyant, à l’épée baissée. Ouf, on a évité l’erreur de casting !  

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    Merci pour cette belle interview  Cette dernière partie est à nouveau fort intéressante, on aborde véritablement la technique narrative propre à la BD.

    Mais au fait, tu ne nous as pas raconté comment tu avais rencontré Fred pour mener à bien cet entretien    

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    En fait, j’avais rendez-vous dans les locaux du Lombard pour parler de tout autre chose. Plutôt mes projets actuels, ma place dans l’organigramme (s’il y en a une ), ce que je veux faire et ne veux plus faire, ou plus de la même façon. Un processus engagé depuis au moins 2 ans et qui, les glorieux anciens ont pu le constater, a quelque peu ralenti le rythme de mise à jour du formidable et néanmoins fantastique site Thorgal.com.

    En parallèle, j’ai pensé qu’il serait sympa de profiter du long voyage menant à la lointaine capitale pour faire des rencontres, manger des pizzas et améliorer mon immunité naturelle en prenant à pleines mains les barres des rames de métro.

    Et donc, contact a été pris avec Fred, qui a gentiment accepté de faire le déplacement, certainement aussi appâté par cette histoire de pizza. On s’est assis dans un coin. C’était inarrêtable, on aurait pu parler pendant des heures si nous n’avions pas eu d’autres rendez-vous.

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    Ah oui, là c’est plus trop la saison pour retenter le coup de l’immunité naturelle dans les rames de métro !   

    Et pour la suite, qu’est-ce qui est ressorti de l’organigramme thorgalien avec Le Lombard   

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    Tjahzi a écrit
    Et pour la suite, qu’est-ce qui est ressorti de l’organigramme thorgalien avec Le Lombard

    Je réponds (en partie), mais tout d’abord, un petit mot pour dire que les deux entretiens distillés dans ce sujet sont désormais dispos sur le site dans la fiche auteur de Fred Vignaux.

    Vignaux

    Et donc, rapidement parce que je ne dis évidemment pas tout, j’ai fait des propositions au Lombard, l’idée étant, au choix :
    – J’arrête tout !
    – Je continue mais en faisant plus et mieux, et avec peut-être une rémunération.

    Je suis donc arrivé avec des batteries de propositions, portant sur de nombreux domaines. Sauf la BD, parce que je ne veux pas ou peux pas m’en mêler, il y a trop d’enjeux, on n’a pas besoin de moi et je ne suis plus vraiment lecteur de la série.
    Je crois qu’il est facile et enthousiasmant de faire la promo d’une œuvre quand on est fan, beaucoup moins quand on est juste un observateur. Un équilibre doit être trouvé. Ça peut être financier, ça peut être par la participation à d’autres projets emballants.

    Je ne sais pas si j’en dis trop ou pas assez, mais il faudra faire avec !  

    Et le plus important, notamment dans ce sujet, c’est que je vous invite à redécouvrir les entretiens avec Fred dans leur intégralité, une relecture intéressante et différente de la diffusion qui a eu lieu ici.

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    Masterclass Vignaux – Épisode I

    Il y a quelques mois, notre valeureux Fred a participé à une « Masterclass » en ligne, en direct, pour la chaîne Adobe (donc, autour des logiciels de la marque).

    Il a tellement apprécié, et tellement parlé et dérivé, qu’il a même fallu un second épisode pour faire le tour de ce qu’il souhaitait présenter. On en reparlera, bien sûr.

    Fred est avec Franck Payen, manifestement expert dans l’utilisation de ces outils et excellent connaisseur des arts graphiques.

    Je vous propose aujourd’hui de voir ou revoir cet entretien, de diverses façons, comme vous le souhaiterez. Vous pouvez aller sur la chaîne Youtube en question, afin de voir la vidéo et le chat qui s’est déroulé en direct. Dans ce cas, il faut cliquer ICI.

    Mais si vous préférez rester sur le magnifique et néanmoins formidable site Thorgal.com (un site Internet qui était, le saviez-vous, déjà cité en exemple dans les médias au cours des années 60 et 70), il y a du bonus !

    Parce que moi, je l’ai regardée en entier, la session vidéo ! Si madame ! Et en plus c’est hyper long, ça dure deux heures, et attention (alerte SPOILER) les deux gars ne mangent même pas un sandwich, malgré les ventres qui grognent. Pas une bière, rien.

    Je vous propose donc ceci : vous pouvez regarder en entier, ou vous laisser piloter par le guide de lecture qui est sous la vidéo, et qui peut éventuellement vous mener à différents moments stratégiques. Vous pouvez vous en servir comme d’un marque-page virtuel, car tout est intéressant, ou pointer ce qui vous passionne le plus.

    Tout est là, c’est pour vous, bonne séance. Mais chuuuuut… Fred et Franck s’installent…

    2 min : présentation des Mondes de Thorgal
    3 min : Facebook Vignaux
    4 min : site Thorgal.com
    5 min : iamag.co
    9 min : albums Facebook Vignaux
    10 min : parcours, études
    12 min : cours du soir
    13 min 30 : premier projet « L’ombre des anciens »
    16 min : dépôt de bilan, BD non distribuée
    17 min 30 : nouveaux projets, BD institutionnelles
    18 min : « Time twins » au Lombard
    19 min : « L’appel des légendes » chez Glénat
    21 min : « Le pendule de Foucault » avec Didier Convard
    21 min 30 : « Vercingétorix » (Ils ont fait l’histoire)
    22 min 30 : « Neige »
    23 min 30 : couvertures de la sagesse des mythes
    25 min : Dorison repère Vignaux
    27 min : Kriss et Thorgal
    28 min : différents auteurs
    29 min 30 : Rosinski arrête Thorgal
    32 min : Vignaux auteur de Thorgal
    33 min : tome 38 de Thorgal
    34 min : couverture tome 37
    34 min 30 : imprimerie tome 37
    36 min : dédicaces
    37 min 30 : brosses Photoshop
    40 min : faire une BD, travailler avec Yann
    41 min : choix des scènes alternatives
    42 min : script de Yann
    43 min : décryptage du scénario, page 1
    44 min : rassembler la documentation
    45 min 30 : esquisses de personnages pour la bible graphique
    49 min : étude de décors de Neige
    54 min 30 : story-board Neige, avec modèles 3D
    58 min 30 : format des images
    59 min 30 : croquis Kriss de Valnor
    1h 01 min 40 : Esquisses « L’ermite de Skellingar »
    1h 03 min 00 : Découpage de l’album, timbre-poste
    1h 05 min 00 : Comment disposer des cases ? Exemple avec une planche de Neige + cheminement de l’oeil et variation des plans
    1h 12 min 30 : étude d’une double-page (cheminement, noeuds graphiques, strips, gestion du temps)
    1h 20 min 30 : Sens de la narration
    1h 21 min 50 : l’art invisible
    1h 22 min 30 : nouvelle planche de Neige
    1h 24 min 10 : étude d’une planche de Thorgal 37
    1h 26 min 40 : étude d’une autre planche de Thorgal 37
    1h 29 min 10 : placer les bulles
    1h 35 min 20 : observation du story-board, planche 1
    1h 37 min 10 : création du story-board
    1h 43 min 00 : personnages sur le story-board
    1h 46 min 00 : dessin affiné sur le story-board
    1h 48 min 00 : positionner le texte à partir du script, créer les bulles
    1h 54 min 00 : conclusion et rendez-vous pour une seconde session

    Allez les amis, c’est à vous, postez vos commentaires, vos idées, vos surprises ou vos coups de cœur. Avec tout ce que partage Fred, il y a forcément quelque chose à dire.

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    Je viens de poster un article en page d’accueil, avec une présentation bien plus sage que ci-dessus.

    Mais mais mais, je vous attends toujours ! Quel est votre avis sur cette intervention de notre dessinateur ? Avez-vous des remarques, des questions ? Avait-il choisi le bon tee-shirt ?

    Je compte sur vous pour venir commenter cette vidéo.

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    Un grand Merci à Thorgal BD pour le travail sur le référencement des scènes… je ne me souvenais pas avoir parcouru tant de thèmes ! bon visionnage à tous !

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    Salut Fred, je suis content que ça te plaise !

    Plus qu’à faire la même chose pour le Masterclass 2.

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    Merci pour ce partage, le contenu c’est du lourd!

    L’entretien est courtois mais c’est vrai pas une bière, pas un verre d’eau, notre dessinateur a la forme! Heureusement il est assis

    Brigitte Bardot en modèle pour Aaricia mais ne pas oublier jeune lol 

    Une question, Hergé avait l’habitude de se dessiner dans ses oeuvres, comme Fred utilise des modèles et des photos, a t’il pensé de se représenter en viking ou autre personnage?

    Les explications du storyboard sont correctes, pas mal d’infos, pour commencer il faut savoir faire les rectangles et les carrés, les conseils sont sérieux avec parfois des pointes d’humour

    Je serais intéressé de voir Fred sur papiers.

    J’en dis pas plus, une session sympas à suivre, bon boulot à Fred et merci à lui.

    En attente pour la session couleur.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 an et 3 mois par Clovis.
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