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Les dieux ont mis un homme à l'épreuve

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L’humour de Brek Zarith

Que diriez-vous de nous replonger dans « La chute de Brek Zarith », non pas pour en apprécier l’esthétique particulière ou pour y découvrir le premier rôle du petit Jolan, mais pour évoquer l’humour sombre et dérangeant qui est saupoudré par le fabuleux duo Van Hamme – Rosinski.

« La chute de Brek Zarith » est une œuvre à part dans la série. L’album est peuplé de personnages présumés extravagants, se comportant de façon absurde, mais se révélant au fond profondément normaux. Leur univers est grotesque, alors qu’eux ne le sont pas. Dans cette histoire l’humour est présent notamment sous forme vestimentaire. Les aristocrates de la cour de Brek Zarith sont maquillés et vêtus de façon saugrenue — du moins selon nos critères — histoire de souligner leur soumission à une haute société décadente, orchestrée par un maître qui s’en délecte. Filles nues, corps peints, têtes d’animaux. Ce carnaval des riches est tout autant risible qu’inquiétant.

Shardar se prête aussi au jeu du déguisement mais tout en prévoyant le nécessaire pour rendre son costume aussi laid que mortel. Le gars en face, là, quand même, il se fait tuer par une licorne qui fait clic.

Notre Shardar, justement, n’est pas avare de bons mots, notamment ici lorsqu’il exécute son petit maître d’œuvre.

En fait, l’album entier est empreint de dramaturgie burlesque. On tue en riant, on meurt par maladresse, hasard, bêtise ou lâcheté, pour le plaisir du roi, sous le regard de ses pairs. Au sein de l’immense armada viking, Wargan est ainsi le premier adversaire à mourir, brûlé vif alors qu’il tente de sauver la troupe. Comme si un type là-haut dans la montagne avait pris soin de viser le petit grand-père qui s’agitait sur un des bateaux, en criant « preums ! » à ses voisins d’artillerie.

La scène n’est pas anecdotique, on y perd l’un des personnages principaux du tome précédent. L’un des premiers chocs visuels et psychologiques d’un album qui n’en manquera pas.

On continue ? Lorsqu’il lutte pour sa vie en s’accrochant à un bout de bois, le fier roi Jorund ne vous fait pas penser à quelqu’un d’autre ?

La suite, pour Jorund, n’est pas plus glorieuse, et je préfère ne pas trop regarder la scène de sa fin, elle m’a bien trop fait cauchemarder lorsque j’étais enfant. Son sort abominable, réparti sur trois planches, est tout aussi grotesque que les fêtes bariolées de Shardar : pour protéger son trésor, le maître de Brek Zarith a imaginé et fait construire un système capable de faire disparaître à jamais sa fortune. Une sorte de « nananère, tu ne l’auras pas non plus », comme le caprice d’un enfant fou.

Et on en oublierait presque notre Thorgal ! Mais vous allez voir qu’il s’en sort bien dans la blaguounette, sans le vouloir évidemment. Vous êtes-vous déjà attardés sur les scènes d’action de l’album ? Notre Thorgal croise tout d’abord Gilbert, un habitué des dîners de cons. Pok.

Il échange ensuite rapidement avec Michel, qui s’assoit généralement juste en face de Gilbert dans les soirées.

Notre héros multiplie ensuite les acrobaties, tout en se faisant assommer par sa belle épouse, après avoir traversé la moitié du monde pour la retrouver. Sa seule faille, finalement, dans un album qu’il domine de bout en bout.

Et notre Thorgal, on ne peut pas le quitter sans évoquer l’un de ses derniers combats dans les souterrains de Brek Zarith, face à un géant mutique et violent, qu’il foudroie en un instant… d’un coup dans les roubignoles. Aïe. Fatal.

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