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Les scénarios de Yann : points négatifs et points positifs

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Les scénarios de Yann : points négatifs et points positifs

Ce sujet a 45 réponses, 9 participants et a été mis à jour par Cat cat, il y a 1 an et 4 mois.

6 sujets de 41 à 46 (sur un total de 46)
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    Thorgal-BDthorgal-bdWebmestre

    Oui oui, je vois ce que tu veux dire.
    En fait je pense simplement à Spirou. Quand on compare les réalisations des différentes époques, il y a de tels écarts… Je ne sais pas, disons par exemple entre le Spirou de Fournier et celui de Morvan et Munuera. Le dessin, le rythme, la narration, les dialogues, les personnages, l’époque, le projet, tout est si différent qu’il ne reste quasiment que les noms des héros et quelques traits physiques caractéristiques pour se dire qu’on est dans le même univers. Ça va encore plus loin avec les albums « cartes blanches » qui ont permis de faire du Spirou complètement différent hyper assumé.

    Depuis que j’ai fait ce constat pour Thorgal, un constat qui m’est très personnel, je ne me pose plus de question.

    Par exemple, comme tu dis la série Kriss est très liée à la série mère, mais pour moi c’est à la série mère réalisée à la même époque. Donc celle d’Yves Sente et Xavier Dorison. Je ne vois pas tellement de lien avec la série de Van Hamme, pour moi c’est plutôt un bloc scénaristique contemporain.
    Ben franchement, si on compare la Kriss de « La cité du dieu perdu » et celle de « Alliances », ben heu, pour moi ce sont deux personnages complètement différents. A part le nom et un peu les cheveux.

    En allant dans ce sens, la nouvelle collection Thorgal Saga va peut-être proposer des albums très étonnants, dans lesquels tout peut arriver, et qui n’ont pas vraiment de rapport avec ce qui a été réalisé jusqu’ici.

    Pour revenir à Yann, eh bien par exemple quand je lis les albums de la jeunesse, je ne pense à aucun moment aux albums de Rosinski et Van Hamme. Pour moi c’est une série de Yann et Surzhenko, qui développe son propre univers et sa propre narration.

    Autre exemple dans la série Louve, tu parlais de la gardienne des clés. Qui pourrait imaginer que, dans la série de Van Hamme et Rosinski, elle ait des relations sexuelles avec le petit dieu Vigrid et le nain Tjahzi ? Désacraliser le personnage ainsi, ça entre pour moi dans cette dynamique de recréation.

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    C’est un point de vue assez intéressant, et probablement le seul vraiment logique. car en effet, les personnages de VH sont vraiment très différents de ceux de Yann.

    Le soucis, c’est que l’escence de la série Thorgal ne se prêtait pas vraiment à cette transformation « à la Spirou ». Spirou n’est pas vraiment ancré dans une réalité logique. C’est un personnage atemporel, qui ne vieillit pas, qui n’a jamais vraiment eu une jeunesse et qui n’aura jamais de vieillesse. C’est une sorte de personnage mythologique, héros d’une infinité d’histoires. Pareil pour Astérix, voire même Tintin. Les personnages n’évoluent pas entre chaque album, ils sont statiques. On peut presque dire que chaque album de la série Spirou a un Spirou différent.

    Dans le Thorgal de VH, les personnages vieillissent et portent les cicatrices du passé. Alors voir basculer la série dans un modèle « à la Spirou », c’est très bizarre. Mais force est de constater que c’est ce qui s’est passé. Pour moi, l’exemple le plus évident de cela est le personnage de Lehla. Les personnages qui ne sont plus là d’un album à l’autre, sans explication, c’est très « Spirou » ou « Astérix ».

    Je me demande s’il existe un autre exemple de ce genre de changement de modèle scénaristique ? En général, c’est plutôt à l’inverse que cela se passe. Ça c’est vu, une série où les tomes n’ont pas de vrais liens entre eux, mais où, petit à petit, une continuité s’installe. Mais là, on parle de perte de continuité, et je n’ai pas d’exemple en tête.

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    Thorgal-BDthorgal-bdWebmestre
    J'ai du temps ce soir…

    Au Lombard, il y a Ric Hochet et Bruno Brazil qui reviennent avec de nouveaux auteurs, mais je ne connais pas suffisamment leurs deux univers pour comparer correctement. Il doit y avoir d’autres exemples.

    Pour rester chez Van Hamme, puisque ses séries stars sont toutes reprises, il me semble que Thorgal est la plus éloignée de son univers initial.
    XIII a un graphisme très proche et des histoires qui reprennent les codes, même si je ne suis pas complètement à l’aise avec la narration et surtout l’utilisation du héros (qui peine selon moi à émerger des intrigues).
    Chez Largo Winch, c’est le même dessinateur et c’est plutôt similaire. Je dirais que les différences viennent plutôt de la multiplication des arcs narratifs (même s’ils se rejoignent à la fin) et l’éclatement géographique, mais c’est peut-être un ressenti infondé, il faudrait que je relise tout ça.
    Lady S. a été reprise par le dessinateur lui-même, avec succès selon moi.
    Blake & Mortimer est visuellement formaté au quasi-identique (ce que je valide) et c’est donc la qualité des dialogues (plutôt que leur rythme, toujours lent) et surtout la façon dont l’histoire est menée (les enjeux, le rythme, les rebondissements, voire le cadre) qui font la différence d’un album à l’autre pour quelqu’un peu connaisseur de la série comme moi.

    Isis a écrit
    Pour moi, l’exemple le plus évident de cela est le personnage de Lehla. Les personnages qui ne sont plus là d’un album à l’autre, sans explication, c’est très « Spirou » ou « Astérix ».

    Je te comprends. Il y a cette frustration de « la suite ».
    De mon côté ça ne me dérange pas, je trouve que ça fait partie des ellipses naturelles de la série. Un laps de temps passe, les personnages ont évolué entre temps, certains sont partis, ça me va. Là où j’aime moins (de façon générale, pas spécialement pour Thorgal), c’est quand ils reviennent sans besoin. Un personnage doit être utile à l’histoire, sinon on s’en passe. Et puis un personnage doit se construire, en plaçant aux bons endroits des éléments qui épaississent le rôle et lui donnent de la valeur et/ou de la saveur. D’où les ralentissements/accélération de l’intrigue, qui permettent de délivrer les bonnes infos aux bons moments.

    Donc quand je dis que « Là où j’aime moins, c’est quand ils reviennent sans besoin », je pense fort à Lehla notamment. Mais pas que. Dans mon idée, un beau personnage tout neuf fait mieux le job qu’un vieux personnage recyclé, surtout si ce vieux personnage est réinventé pour les besoins d’une intrigue.

    Un contre-exemple ? Le retour de Galathorn dans « Géants » est un modèle. Galathorn, il est classe, il est là quatre pages, il fait le job impeccablement et il est indispensable à l’histoire. Un retour au top. Et ils ont même pensé à lui coller une improbable moustache, histoire de jouer à fond avec ce très beau personnage.

    Isis a écrit
    Les personnages n’évoluent pas entre chaque album, ils sont statiques. On peut presque dire que chaque album de la série Spirou a un Spirou différent.

    Oui chez Thorgal c’est bien sûr très différent. Je dirais que mon exemple de Spirou ne fonctionne pas sur une succession d’histoires, mais qu’il me semble parlant si on évoque juste la vision d’un auteur par rapport à celle d’un autre. On parle de Yann, mais pour moi c’est la même chose pour Yves Sente et Xavier Dorison. Je pense qu’Yves et Xavier étaient plus attachés à la série que Yann, au départ, mais ils ont quand même souhaité provoquer une bascule à leur arrivée.
    Yves, c’était l’idée de remplacer Thorgal par Jolan, ce qui est finalement curieux selon moi, puisque ça entérinait plus ou moins que Thorgal n’était plus dans le coup… On a donc essayé de faire Thorgal sans Thorgal. Les Mondes de Thorgal sont l’extension de ce plan nouveau, qui n’a pas fait l’unanimité (mais se justifie davantage dans les spin off).
    Xavier, il souhaitait une série plus adulte, plus sombre. Bon, ça pouvait se tester. Mais au lieu de s’y jeter, il est parti sur deux ou trois albums pour fermer l’arc ouvert par Yves. La rupture n’a pas été significative, je ne sais pas si le grand public a compris qu’une bascule s’amorçait.

    Si j’avais été Yves, j’aurais conservé Thorgal, bien sûr, et me serais efforcé de décrypter la méthode Van Hamme, la seule qui vaille à mes yeux. Si j’avais été Xavier, j’aurais coupé net dans le flow, en fermant en quelques pages l’arc des mages rouges pour me concentrer immédiatement sur une histoire thorgalienne à la sauce Dorison. Les deux premières planches de son unique album suffisaient selon moi, pour clore l’essentiel (quand Thorgal est torturé dans une cage sous l’eau et que plusieurs mois ont passé).
    Enfin, pour revenir à Yann à nouveau, je dirais qu’il est à la fois celui qui se rapproche le plus de l’œuvre de Van Hamme, en y plaçant des lieux, des personnages et des situations qui font écho au glorieux passé, et celui qui s’en éloigne le plus, par la narration, les dialogues, le rythme, la gestion des personnages et la construction des planches. Tous ces éléments lui sont propres et canalisent ses albums vers ses œuvres, selon moi, plutôt que vers celles de Van Hamme. Je ne vous dis pas que c’est bien ou que c’est mal. C’est juste un ressenti que j’imagine partageable et qui ne s’intéresse pas à la polémique.
    Ce changement profond est aussi acté bien sûr par le dessin de Fred Vignaux. Un dessin virtuose dans lequel on retrouve l’âme vagabonde du trait de Rosinski, mais qui propose également des visuels et des personnages qui ressemblent peu à ceux de la série originelle. Une forme de continuité dans l’expérimentation et de virage dans la réalisation.

    Bon vous avez dû remarquer que le thème de mes messages s’écarte notablement du sujet originel (les travaux de Yann). Pour moi c’est un tout, un ressenti global, mais aussi une idée de la série que j’ai et que je vous partage. Parce que les points positifs et les points négatifs, je ne sais pas trop ce que c’est, le curseur évolue en fonction de la sensibilité de chacun. Marcel me met une baffe mais Bernard m’offre des fleurs.
    A la fin, le juge de paix c’est l’album. Je l’ouvre, le le lis, je le referme. A ce moment-là, je suis où ? Dans le rêve et l’idée, dans l’envie d’y replonger pour y trouver ce qui m’a échappé, dans la surprise, le déni, la passion, l’émotion ?
    S’il n’y a pas ça, c’est qu’on passe à côté. Thorgal, chaque année, doit être un ÉVÉNEMENT. C’est une histoire d’amour que je vous livre là, et ce n’est pas la première fois.

    Vive Grzegorz Rosinski ! Vive Jean Van Hamme ! Vive Thorgal ! J’ai fini.  

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    Eviv Bulgroz !   

    Là tu t’es lâché Stéph ! Je reviens te lire en détail demain, mais j’ai déjà l’impression de très fort me retrouver dans ce que tu dis.   

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    J’avais déjà lu ton analyse, Stef, mais pas eu le temps d’en faire un commentaire.

    Et c’est super intéressant !

    Je me demande parfois si on pourrait apprécier les scénarios de Yann si ce n’était pas Thorgal mais un autre personnage, totalement neuf. On a des attentes concernant la narration, les dialogues, etc… que l’on ne retrouve plus. Cela nous « contamine » peut-être ?

    Mais en même temps, peut-on reprocher à un lecteur fidèle d’avoir des attentes ? Ben non.

     

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    CatCat

    Je ne suis pas sûre que j´apprécierais plus s´il s´agissait d´un autre perso que Thorgal. Si Yann racontait exactement la même histoire avec un mec qui s´appellerait Trucmuche, ça ne gommerait pas les défauts. Ça resterait une histoire censément réaliste avec des dialogues pourris, des incohérences, des personnages carricaturaux, ou des tas d´ébauches de sous-intrigues jamais terminées. Yann n´est pas fait pour ce genre de récits. 

6 sujets de 41 à 46 (sur un total de 46)


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