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La charte des Mondes de Thorgal

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La charte des Mondes de Thorgal

Ce sujet a 12 réponses, 6 participants et a été mis à jour par Tyseria tyseria, il y a 3 ans et 7 mois.

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    Sujet
  • #31479 Répondre | Citer

    Au moment où l’on annonce que le prochain album de Kriss comptera plus de planches que les 48 pages traditionnelles, je me suis demandé si le nombre de pages d’un album des Mondes de Thorgal était inscrit dans la charte établie au lancement des Mondes.

    Mais au fait, qu’y a-t-il dans cette fameuse charte ? Elle ne nous a jamais été clairement détaillée, mais elle a quand même été évoquée dans l’album « Aux origines des Mondes ». Voici ce qui en est dit :
    > p.7, Patrick Gaumer : « Avant d’entamer les « Mondes », vous avez établi, avec Yves Sente et le Lombard, une charte bien précise, incluant le classicisme du découpage, la forme et le lettrage des bulles, … »
    Grzegorz Rosinski : « Ces discussions furent longues, mais nécessaires. C’est Yves qui a mis tout ça au propre. Cela nous a permis d’être clairs par la suite sur ce qu’il fallait faire, mais aussi sur ce qu’il ne fallait pas faire. »
    > p.14, Giulio De Vita :  » Yves et Grzegorz m’ont parlé de la structure de la planche, classique en trois bandes par souci de lisibilité, de la forme des bulles, … « 
    > p.19, Patrick Gaumer : « Qui a conçu la charte commune ? »
    Yves Sente : « La partie graphique a été imaginée par Grzegorz, avec cette même construction des planches, la même typographie, la même forme des bulles, etc.
    Sur le plan du scénario, il y a aussi une charte qui implique de respecter les valeurs générales positives de la série, d’inventer de nouveaux personnages en adéquation avec les épisodes précédents, quitte à les doter parfois de vices très humains comme pouvaient en avoir certains personnages imaginés par Jean Van Hamme ; faire des scénarios qui mêlent à la fois un vrai suspense, une action, mais aussi une émotion et une dimension humaine. »

    En voyant ce qu’attendait la charte des futurs scénarios, on peut dire que ces objectifs n’ont pas vraiment été atteints. Qu’en pensez-vous ?

    Mais je cherche encore le nombre de planches des albums dont on ne dit rien ici. Je suis donc allé fouiller sur le net pour découvrir ceci sur la page de Ligne Claire :
    Jean-Laurent Truc : « Et pour la charte graphique ? »
    Yann : « Piotr Rosinski, qui a choisi le dessinateur Roman Surzhenko pour Louve, assure la ligne graphique selon les cadrages de son père, de grandes cases et 46 pages maximum, la typographie. Idem pour le format, la forme des bulles, les couleurs, le découpage, le logo de couverture. »

    La charte comprend donc pour la partie graphique :
    – Le classicisme du découpage des cases
    – La structure en 3 bandes de la planche
    – La forme des bulles
    – La typographie
    – Les couleurs
    – Le nombre de pages
    – Le format et la couverture de l’album
    Et pour la partie scénaristique :
    – L’adéquation avec les épisodes précédents
    – Le respect des valeurs positives
    – La création de nouveaux personnages
    – Du suspense et de l’action
    – De l’émotion et une dimension humaine

    Pour revenir au nombre de pages, un album des Mondes de Thorgal devrait selon la charte compter 46 planches. Mais si aujourd’hui il est devenu possible de sortir de ce cadre, ne serait-il pas possible de le faire aussi pour d’autres aspects ? Dans mon message suivant, j’aborde mon envie de voir les auteurs sortir d’une mise en page trop rigide des récits.

12 réponses de 1 à 12 (sur un total de 12)
  • Auteur
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    Je reviens ici sur un des aspects de la charte, parce que je pense qu’elle peut être un frein au dynamisme des récits thorgaliens. Je veux parler du découpage des planches qui me semble parfois trop rigide pour pouvoir s’adapter aux besoins du récit. Je comprends qu’il soit nécessaire d’uniformiser l’aspect général des différentes séries, mais la règle ne doit pas s’appliquer strictement à chaque page, au risque de ne pas profiter des possibilités originales de découpage qu’offre la bande dessinée, comme par exemple sortir du cadre, ce qui n’est pas possible au cinéma.

    Savez-vous que le classicisme du découpage en bandes ne s’appliquait pas toujours aux premiers albums de Thorgal, et que c’est ce qui donnait justement à ces albums un dynamisme qu’on retrouve moins aujourd’hui. Voici quelques exemples que j’ai particulièrement appréciés :

    « Les archers »

    « La chute de Brek Zarith »

    « La galère noire »

    « La magicienne trahie »

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    Ce genre de découpage on en a dans Rahan aussi. Des pages pleines avec pleins d’images qui se superposent.

    Sans doute un découpage d’une autre époque, qui a un aspect très comics.

    J’aime beaucoup ce style, même si dés fois ça peut paraitre un peu confus. Mais je trouve que ça a son charme, et que ça manque dans les Thorgaux plus récent.

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    Mon avis, Thorgal est pour moi une série qui a constamment évolué, du début à la fin. Aussi bien pour les histoires que pour les dessins.
    Il y a de tout dans Thorgal, et je ne crois pas que Grzegorz Rosinski soit particulièrement conservateur, je pense même qu’il est très ouvert à toutes sortes d’évolutions.
    Il n’a jamais hésité à changer ses techniques, son matériel, sa façon de travailler
    Quant à Van Hamme, il a mis de tout dans Thorgal, il a quasiment tout osé.

    Alors cette charte, je ne sais pas s’il faut la voir comme une bible. Peut-être une base pour faire entrer de nouveaux auteurs, peut-être une réflexion initiale pour rassurer les lecteurs, l’éditeur, les ayant droits.

    Pour ma part je suis attaché à quelques aspects de la série. Le format des bulles, le lettrage assez typique, le ton des personnages (ça « percute », ce n’est pas bavard).
    Le dessin au trait.
    Les couleurs lumineuses.

    Le découpage des albums récents est effectivement très cadré, alors qu’un feuilletage rapide d’un album comme « Les archers » montre qu’on peut varier énormément les mises en page, même avec une base sur 3 strips / 6 cases.
    Ce qui est bien avec 3 strips, quand même, c’est que ça permet d’avoir de grands et beaux dessins.
    Je l’ai déjà souvent dit, j’aimerais bien voir quelques dessins en grand format dans les albums de Roman, notamment. Des plans d’ensemble.

    Je ne sais plus si je vous l’ai dit, mais le futur nouvel album de Kriss de Valnor, « L’île des enfants perdus », aura un découpage très différent de celui des albums récents.

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    Ce que je voulais savoir, c’était si cette charte était incontournable pour nos nouveaux scénaristes, mais je découvre qu’après le nombre de pages, ce n’est pas non plus le cas pour le découpage des planches, ce qui pour moi est une très bonne nouvelle !

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    Je n’y avais pas réfléchi, mais effectivement les albums récents de Thorgal et des Mondes semblent assez calibrés.
    C’est un peu moins vrai pour Kriss, Giulio de Vita jouait beaucoup sur les cadrages et variait les plans et la taille des cases.

    Pour citer les exemples que tu proposes plus haut, on ne trouve pas dans ce nouvel album de planche comme celle de « Les archers », mais on a bien des découpages comme dans « La chute de Brek Zarith » ou « La galère noire », l’évolution d’une même scène.

    On a aussi des plans comme celui où on voit que Thorgal tient deux flèches, quand il se rapproche. L’important, c’est les flèches, alors le plan « découpe » le visage du héros en s’intéressant à ses mains.

    Par rapport à « La magicienne trahie », on a des cases du même type. Gros plan sur un visage ou des yeux, plan large.

    Et cette grande case, où il n’y a que de l’eau et de la neige, pour nous faire ressentir le vide, voir par les yeux de Thorgal, le néant qui l’entoure.
    L’avant-dernière case est aussi excellente. On est tellement loin qu’on ne voit plus qu’une ombre prostrée au pied du rocher. Par contre le plan insiste sur le meilleur symbole possible de la liberté, l’oiseau.

    Il y a de tout ça, je crois, dans ce nouvel album. Et comme le dessin de Roman est juste trop beau, si les couleurs suivent, ça va vraiment faire un top album, visuellement (je l’ai lu en noir et blanc).

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    Je suis heureux qu’on propose à Surzhenko une mise en page plus dynamique, parce que son dessin s’y prête bien. Je vais prendre comme exemple 2 pages de son dernier album « Runa », qui pour moi auraient mérité un découpage différent.

    A la première planche, on présente la fête du Sumarblôt, avec les nombreuses réjouissances qui s’annoncent. Puis arrive l’image de Thorgal qui frappe rageusement des troncs de son épée et de son poignard. Clairement, il ne partage pas l’ambiance festive de son village.

    Le découpage de la page aurait dû pour moi le refléter. Soit on basculait l’apparition de Thorgal en 2ème page, soit on ne le plaçait pas dans une 4ème bande de même taille que les 3 précédentes, afin de marquer la différence avec les préparatifs de la fête.

    Par la suite, un moment très fort de l’album est la découverte des Berserkers. Malheureusement, je trouve que ce sentiment de frayeur provoqué par leur arrivée n’est pas mis en évidence dans cette planche. La vision effrayante aurait au moins dû prendre une demi-page afin de faire tout son effet.

    Cela aurait aussi permis de laisser un peu de distance entre les guerriers-fauves et Thorgal dans cette image où on a l’impression qu’ils sont déjà à quelques pas de lui, ce qui est impossible vu ce qui se passe dans les cases suivantes juste avant le fracas de la bataille.

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    Je suis bien d’accord avec Tjahzi. Et j’aime bien sa réflexion sur les 2 pages du dernier album. Cela rejoint d’ailleurs un peu ce dont on parlait sur le topic Runa, à propos du découpage de l’album.

    Pour moi, les artistes cherchent encore un peu leurs marques. On verra dans le prochain Kriss comment sont les nouveautés.

    Ce pauvre album accumule de plus en plus d’espérances .

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    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    Mais si finalement il est tout pourri le nouvel album ? Si j’ai cru qu’il était bon parce que j’étais sous l’emprise de la cocacoline ou parce qu’on m’a payé grassement ?
    Aïe aïe la déception. Vous allez faire cramer Thorgal-BD, je serai obligé d’ouvrir un nouveau site (que j’appellerai peut-être Thorgal.com).

    Sinon, pour revenir au sujet, au-delà de la charte je pense que Roman apprécie les plans moyens, que c’est dans sa culture BD, ce qu’il aime lire et faire. Il alterne souvent entre plans moyens et plans rapprochés, avec des personnages généralement visibles de face.
    Ca a des avantages, l’image est très lisible, les actions et les environnements sont pleinement accessibles dès le 1er coup d’œil.
    Mais effectivement le nouvel album montre qu’il peut faire tout à fait autre chose, et qu’il le fait bien, vous verrez.
    C’est peut-être lié aussi au format des histoires de Yann, à un découpage qu’ils ont convenu. Les personnages parlent beaucoup dans leurs albums, et le découpage des pages suit souvent le rythme de la conversation.

    A y réfléchir, la pagination est peut-être responsable, avant tout. Si les 46 planches ne sont plus le modèle incontournable, tout le monde pourra se lâcher, faire péter les grandes images, insister davantage sur l’émotion de certains visages, insérer davantage de dessins d’ambiance.

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    Découpage original des planches de Kriss

    Dans « L’Île des Enfants perdus », on a donc découvert une pagination qui sortait des classiques 46 planches.
    La mise en page du dernier album de Kriss est originale en plusieurs points :
    – les 46 planches habituelles sont passées à 56
    – les pages de l’album sont numérotées de la planche 0 à la planche 55
    – la planche 0 est imprimée au verso de la page de titre, et la planche 55 sur le recto des pages de garde finales, à la place de l’arbre à albums
    – ces deux planches ne sont pas complètes, elles n’occupent qu’une partie de la page
    – leur découpage n’a rien de classique, mais il répond au précédent tome de Kriss dessiné par De Vita.

    En effet on voyait, à la dernière planche de « Rouge comme le Raheborg », Kriss qui se faisait emporter par les flots. Ce dernier strip renvoyait à son cauchemar en début d’album, tant dans le découpage que le récit. La case finale apportait l’élément qui va devenir la clé de l’album suivant : retrouver Aniel. Le premier strip de « L’Île des Enfants perdus » reprend ce type de structure et ce contenu. Par contre, la dernière planche du nouvel album est différente, tout en lui répondant : 4 cases, non plus verticales mais bien installées à l’horizontale, où Kriss a cette fois repris le contrôle de la situation. Elle tient la barre, et ses objectifs sont clairs : libérer Aniel puis reprendre le pouvoir.

    planche 3 de « Rouge comme le Raheborg »
    planche 46 de « Rouge comme le Raheborg »
    planche 0 de « L’Île des Enfants perdus »
    planche 55 de « L’Île des Enfants perdus »

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    Incrustation d’images

    Un autre aspect particulier du découpage des planches dans « L’Île des Enfants perdus », c’est l’utilisation des images incrustées. Cette technique a été peu utilisée dans Thorgal, à peine une fois par album, alors que dans ce dernier tome, on en retrouve 10 exemples !

    L’incrustation ou insert, c’est le fait d’enchâsser une case dans une autre. L’image principale est un plan général où le décor prédomine. La vignette incrustée zoome en gros plan sur un détail, ou elle montre un autre aspect de la scène en contrechamp, comme le visage surpris de la personne qui découvre la scène.

    Dans ce premier exemple extrait de « Presque le paradis… » dans l’album La magicienne trahie, l’insert précède l’action du plan principal.

    Dans ce second exemple extrait de l’album « Le pays Qâ », l’insert suit l’action du plan d’ensemble.

    Dans ce troisième exemple extrait de l’album « Le maître des montagnes », l’insert est simultané et montre en gros plan un détail de la scène.

    Dans ce quatrième exemple extrait de « La cité du dieu perdu », l’insert est également simultané et montre les visages des observateurs en contrechamp.Cette technique de mise en évidence a l’avantage de présenter des plans larges tout en appuyant sur des détails précis.

    Parmi les 10 incrustations placées dans les planches de « L’Île des Enfants perdus », je trouve que certaines sont intéressantes, tandis que d’autres n’apportent pas grand-chose en plus au lecteur. Il me semble que la surabondance du procédé ne se justifie pas dans l’album. Moi qui souhaitais de la diversité dans le découpage pour apporter plus de dynamisme dans Thorgal, je trouve ici que la technique aurait dû être utilisée avec un peu plus de parcimonie.

    Dans la série des portraits en médaillon qui suit, on a d’abord Kriss qui découvre la cascade, puis Osian qui observe les enfants sous l’arbre-mère, et à nouveau Kriss qui retrouve le bateau de ses poursuivants. Les visages apportent-ils toujours une information ? Pas sûr…

    Inserts 1 à 3 :



    Là où je doute vraiment de l’apport des images incrustées, c’est dans les scènes suivantes.

    Insert 4 : Les loups étaient déjà bien visibles dans la scène principale, rien de neuf…

    Insert 5 : Le crabe ne donne guère d’informations !

    Insert 6 : On voit juste qu’Erwin reste muette.

    Insert 7 : On imaginait très bien dans la scène principale que la hache allait cogner l’arbre…

    Insert 8 : Le feu était bien suggéré par l’éclairage de la scène principale. L’incrustation gâche plutôt la scène en masquant des enfants.

    Voici enfin les images enchâssées que j’apprécie le plus dans l’album.

    Insert 9 : La relation tendue entre Kriss et Elias est très parlante dans cette case.

    Insert 10 : Nous avons ici 3 images incrustées dans la scène principale. Elles se succèdent dans un moment intense de l’histoire.

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    Re: Incrustation d’images

    Tout à fait d’accord pour l’insert 4 qui n’apporte rien.
    De manière générale, je vois plus certains inserts comme une case normale sauf que si on gardait la même hauteur pour les 2 cases, la scène générale aurait du être représentée en tout petit et la hiérarchisation de l’importance donnerait peut-être (mais pas sûr) une impression bizarre.

    Pour le 5, il ne me dérange pas. Il montre qu’il ne reste rien et que la nature a repris ses droits.
    Pour le 6, ça ne m’aurait pas choqué de couper la case principale et de carrément faire une 2ème case de même hauteur avec le gros plan d’Erwin les yeux brillants.

    Pour le 8, c’est vrai que les têtes coupées et les pieds tout seuls sont bizarres…

    Répondre | Lien | Citer

    Les inserts peuvent également servir à rentrer vraiment dans le vif du sujet. La lecture entre une grosse case et un insert est bcp plus rapide que celle entre deux cases,ce qui peut servir pour un effet de vitesse.

12 réponses de 1 à 12 (sur un total de 12)


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