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Les dieux ont mis un homme à l'épreuve

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Intelligence Articielle et bande dessinée

Accueil / Forum / A paraître – Thorgal 44 – Thorgal Saga 6 – Jeux / Intelligence Articielle et bande dessinée

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Intelligence Articielle et bande dessinée

Ce sujet a 14 réponses, 7 participants et a été mis à jour par Thorgal-BD Thorgal-BD, il y a 1 jour et 9 heures.

  • Créateur
    Sujet
  • #230960 Répondre | Citer
    Thorgal-BDThorgal-BDWebmestre

    On avance par génération et chaque génération a ses codes.
    La BD a eu son âge d’or premier (celui des « grandes séries populaires » et de sa diffusion grand public, au siècle dernier). Je vois l’époque actuelle comme un second âge d’or (celui de la diversification, de la multiplication des supports et d’une surproduction liée à la multiplication des talents, qui découle du premier âge d’or). Il n’y a plus de grandes séries populaires, ou peu, la diffusion a changé. Mais on lit des tonnes de BD et ça c’est bien. L’offre culturelle a explosé et la BD participe au mouvement.

    Quelle sera la suite ? Je n’étais pas trop inquiet il y a quelques années au moment du lancement de la diffusion numérique, qui m’a toujours semblé souffrir de certaines carences difficilement compensables par rapport au papier. En parallèle, quand les dessinateurs ont commencé à travailler massivement en numérique, j’ai mis du temps à m’y faire, mais le résultat actuel est si bluffant qu’on peut accepter l’aspect moins artisanal de la profession. Les outils et les talents ont migré d’une façon assez sympa vers le numérique. Thorgal est, aujourd’hui, une série numérique de A à Z, de la rédaction des scénarios jusqu’à la mise en couleur.

    Sur l’IA, par contre, je suis assez inquiet. Si demain tout le monde peut, à domicile, produire des textes et des images d’une qualité soutenue, et si le talent passe par la formulation des requêtes plus que par le travail et/ou les compétences, le public continuera-t-il à soutenir financièrement des albums et des créateurs qui créent de façon artisanale ?

    Avez-vous un avis, des inquiétudes ou au contraire de jolis espoirs, autour de la révolution qui est en marche ? Je parle de révolution parce que je pense que, dans dix ans ou moins, le sujet que j’ouvre aujourd’hui aura trouvé sa réponse. Et qu’elle peut théoriquement provoquer une bascule majeur dans le secteur BD.

    J’ai des arguments mais avant cela je veux bien lire les vôtres — si le sujet vous intéresse.

14 réponses de 1 à 14 (sur un total de 14)
  • Auteur
    Réponses
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    Je ne suis pas une bonne candidate à répondre parce que l’IA me terrifie plus qu’aucune autre invention ou innovation dont j’ai vécu l’apparition  .

    Concernant l’art, j’ai pu constater comment Pinterest, qui était ma base de données de référence d’idées et d’inspiration, est devenue une poubelle à IA. Il y a quelques jours, j’écoutais une liste sur Spotify, et une chanson m’a semblée suspecte. Après investigation, bingo, c’était bien de l’IA.

    Bref, je préfère m’arrêter ici, parce que si j’y pense trop, j’angoisse vraiment fortement et je risque de transmettre mes angoisses aux autres .

    • Ce sujet a été modifié le il y a 5 mois par Isis.
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    Dans les bouquins « The Expanse » qui se passe dans le futur, un des héros se lance parfois « un divertissement vidéo généré basé sur ses goûts… »

    On en est loin mais en même temps on en a jamais été aussi proche. Actuellement, la vidéo générée par IA ça dure quelques secondes max, c’est moche et ça se voit. Mais quand on regarde où on en était il y a 2-3 ans, c’est assez fou/taré comme ça a progressé de manière exponentielle. 

    Du coup, je ne serais même pas surpris si d’ici une paire d’années les premières BDs générées par IA seront dispo en rayon. On trouve déjà des bouquins pour enfant générés par IA sur la boutique de ce cher Bezos, et pour la musique c’est pareil, comme en témoigne Isis, c’est déjà sur les plateformes. Le Netflix où tu te génère ta propre série perso pour ta soirée en entrant quelques mots clés genre « amour/vampire/collège/marmotte » n’est vraiment pas loin.

    Personnellement, pour le dire gentiment, je pense que c’est bien de la crotte, mais j’ai l’impression qu’on y échappera pas. A moins d’un éclatement de la bulle si une prise de conscience se produit sur 1) ce que ça coûte (les milliards qui y sont injectés, les infrastructures de serveur déployées en masse) et 2) ce que ça rapporte vraiment (???).

     

    Cela dit, 

    … pour l’IA générative de contenu, je reste au finalement peu inquiet à mon petit niveau. Qu’îl s’agisse de musique, de BDs ou de cinoche, je me tiens assez loin de la « soupe mainstream » et les trucs que je lis ou j’écoute sont plutôt dans les petits chemins de traverse peu fréquentés et donc difficilement « générable par l’IA ».

    D’ailleurs, les IAs générative se nourrissent en masse de contenu pour « se former ». Viendra un moment où elles commenceront à ingurgiter du contenu créé par IA pour en produire, et là, je vois pas comment ça ne peut pas ressembler à du vomi (façon de parler mais c’est l’image qui me vient). Et c’est là je pense (sans doute trop optimiste) qu’il y aura toujours une place pour une partie des artistes et auteurs qui continueront de produire des œuvres originales qui trouveront toujours leur public.

    Mais ça n’en reste pas moins pessimiste : si je pense toujours trouver à terme l’auteur de BD indépendante ou le musicien qui sort son album bien barré, il restera sur le carreau des tas et des tas de dessinateurs, d’auteurs, illustrateurs, musiciens et tant d’autres…

    Sujet fort intéressant s’il en est.

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    Oui, sujet intéressant mais anxiogène. Je fais l’autruche sur l’avenir, tout en utilisant l’IA bien sûr. Parce que le pire, c’est que si on rate le train, on est à la traîne. Donc on ne peut pas l’ignorer.

    Mon seul espoir, c’est effectivement l’argent. Pour l’instant, on en est encore au niveau de la croissance et il me semble bien que les IA ne sont pas rentables. C’est d’ailleurs pour cela que les versions gratuites sont encore accessibles et très efficaces : il s’agit d’attirer l’utilisateur et de l’habituer à l’outil jusqu’à ce qu’il ne puisse plus s’en passer, pour ensuite le faire payer. Viendra le moment où il faudra rentabiliser le truc et, comme pour YouTube par exemple, la gratuité sera de plus en plus bridée et blindée de pub. Faudra voir à ce moment si ça se maintient. Netflix a bien réussi son pari, en passant d’un abonnement a prix cassé (pas rentable) à un abonnement beaucoup plus cher (rentable).

    • Ce sujet a été modifié le il y a 4 mois et 4 semaines par Isis.
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    Du coup je soupçonne le scénariste actuel de la série mère d’utiliser depuis qq albums une IA qui aurait buggée

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    Thorgal-BDthorgal-bdWebmestre

    Merci pour vos retours, ça lance les débats !

    Je m’inquiète peut-être un peu parce que je n’ai pas trop pris les trains modernes. J’écoute des vinyles et des CD ; même dans ma voiture (heu, pas les vinyles) où j’ai installé un lecteur CD Androïd. Je regarde des blu-rays, je lis des bouquins en papier. J’ai un attachement pour le support physique. Sur ma Playstation, à part les jeux indés qui n’existent pas en dur, je continue à aimer avoir une galette dans le lecteur.

    Le MP3, je n’aime pas, le son est dégueulasse. Je préfère mon catalogue de films plutôt que celui de Netflix. J’aime regarder le générique de fin, les bonus qui prolongent le plaisir. La BD sur écran me tue les yeux et je n’ai pas allumé ma liseuse depuis deux ou trois ans.

    Mais tout ça reste un peu anecdotique et personnel parce que ces choix ne concernent finalement que la diffusion des œuvres, et aussi leur sélection bien sûr.

    L’observation de l’IA me semble très différente parce qu’elle touche à la création.
    Je suis très intéressé par l’IA grand public, notamment par l’IA prédictive, aussi bien pour la météo, pour l’aide au respect des normes ou pour l’aide à la prise de décision. J’attends avec curiosité de voir l’IA dans les transports, dans la médecine ou dans l’agriculture (l’IA m’inquiète moins que les pesticides).

    L’IA générative, par contre, m’ennuie pas mal. J’ai peur qu’elle envahisse la BD ou qu’elle alimente sans cesse la suspicion autour de toutes les œuvres à venir. Et puis l’IA générative n’existe pas vraiment. Elle n’a pas d’idées, pas de conscience. Elle n’invente rien. Elle reproduit, elle compile.
    J’ai quand même quelques arguments positifs mais ce sera pour une prochaine fois.

    Isis a écrit
    l’IA me terrifie plus qu’aucune autre invention ou innovation dont j’ai vécu l’apparition

    Oh zut, désolé d’alimenter tes angoisses !

    En tout cas je peux t’assurer que les textes, images, programmes et contenus que je vous proposerai dans les semaines, mois et années à venir ne seront pas créés par IA. Un sanctuaire ?   

    Znokiss a écrit
    Qu’îl s’agisse de musique, de BDs ou de cinoche, je me tiens assez loin de la « soupe mainstream »

    Je suis très bon public alors j’espère quand même qu’on va continuer à profiter d’une création grand public intéressante ! Mais je te rejoins sur l’idée que les créations plus inhabituelles vont continuer à se développer en parallèle, quelle que soit l’évolution du marché. L’avenir de la BD d’auteur s’y trouve peut-être ?

    Isis a écrit
    Mon seul espoir, c’est effectivement l’argent.

    Je ne sais pas trop… Pour les textes, l’IA gratuite me semble déjà avoir atteint un niveau très élevé. Et pour l’image, même s’il y a un coût, un éditeur paiera toujours beaucoup moins pour des requêtes qui créent une BD en quelques heures que pour un auteur qui bosse pendant des mois. Le modèle payant pourra toujours sembler intéressant. Je crois que c’est le public qui décidera, comme quand il a presque flingué le CD et étonnamment réanimé le vinyle ces dernières années.

    Totom a écrit

    Du coup je soupçonne le scénariste actuel de la série mère d’utiliser depuis qq albums une IA qui aurait buggée

    Vilain coquinou.

    Répondre | Lien | Citer

    Thorgal-BD a écrit

    Et pour l’image, même s’il y a un coût, un éditeur paiera toujours beaucoup moins pour des requêtes qui créent une BD en quelques heures que pour un auteur qui bosse pendant des mois. 

    En effet. 

    J’en parlais avec un éditeur de jeu de société ce week-end (quelqu’un de chez La Boite de Jeux pour ne pas le citer). Il expliquait que pour son prochain jeu qui sort cet automne, il a mobilisé 5 illustrateurs pour faire les cartes, le plateau, etc… Ça a demandé 1,5 an de coordination, multiples échanges et un budget de 45k. Ils ont fait le choix de ne jamais faire appel à l’IA, mais il reconnaissait qu’avec l’IA générative, il pouvait diviser le temps et le budget par 5 ou 10.

    Répondre | Lien | Citer

    J’ai l’impression que depuis quelques temps tout le monde ressent le besoin d’en parler, avec inquiétude souvent.

    Mon rapport à l’IA est compartimenté :

    • si on parle évolution sociétale, place de l’humain dans les rapports de domination, alors là oui je suis très inquiète du rôle que va jouer l’IA dans l’abrutissement général. Les chercheurs en sciences humaines sont désespérés, un peu comme les climatologues voyez-vous.
    • si on parle boulot ( je suis prof),  l’IA commence à jouer son rôle de nouvel outil au service du « bosser toujours plus et toujours plus vite et mal », au quotidien. 
    • si on parle Art, et donc BD, alors là je ne suis pas du tout inquiète. 

    L’IA est en effet une nouvelle Révolution Technologique dans l’Histoire ( oh les belles majuscules) mais jamais l’être humain ne s’est arrêté d’être un artiste. Après « comment vivre de son art » est un autre problème, et c’est toujours un problème, ce n’est pas nouveau. L’IA permet de faire la différence entre Art et artisanat. L’IA ne fait rien d’autre que de l’artisanat.

    Thorgal-bd a écrit
    Si demain tout le monde peut, à domicile, produire des textes et des images d’une qualité soutenue, et si le talent passe par la formulation des requêtes plus que par le travail et/ou les compétences, le public continuera-t-il à soutenir financièrement des albums et des créateurs qui créent de façon artisanale ?

    Je n’ai rien contre l’artisanat (je considère que mon ancien métier en était), mais forcément depuis la fabrication des paniers en feuille de bananier jusqu’à la fabrication des paniers en machine 3D, il faut reconnaitre que l’artisanat a toujours été un activité plus technique qu’artistique. J’ai l’impression que l’IA soulève surtout des problèmes économiques, plus que des problèmes artistiques. Que l’IA fasse de bons tubes sur Spotify ne me choque pas. Je rappelle que dans les années 80 on a écouté des tas de trucs pourris (« de la crotte ») crées par des humains en chair et en os. 

    Quand les premières techniques de reproduction du réel (la photo quoi) sont apparues, la mort de l’Art fut annoncée aussi. Aujourd’hui nous faisons tous nos propres photos, autrefois il fallait payer un photographe. Pourtant il y a toujours des artistes qui font des photos qui nous surprennent, et il y a aussi toujours des peintres.

    Je vais comparer la Bd avec avec un art appliqué que je connais : le graphisme au service de la communication.

    Quand j’ai commencé mon métier de graphiste, c’était au tournant d’une petite révolution qui a transformé profondément le métier : le passage au numérique. J’étais jeune et j’ai vu les anciens graphistes et illustrateurs se désoler de voir leur métier disparaitre, ou se transformer durablement. Aujourd’hui c’est moi qui ai changé de métier ! Fabriquer des images est un artisanat parmi d’autres, soumis aux aléas de l’évolution des techniques. Par ailleurs j’ai parfois vu du sale boulot réalisé par de vrais graphistes. Alors que ma fille (pas du tout graphiste) fait de très bonnes mises en pages pour ses études, grâce à CANVA, bon ben voilà. 

    L’art c’est différent. Ça ne sert à rien, c’est magique, inexplicable, inévitable. J’avais un prof qui nous disait qu’un artiste qui a quelque chose à dire peut le faire avec 3 bâtons. L’histoire de l’art est ineffaçable, c’est une richesse inouïe. L’histoire de la musique nous laisse un héritage que chacun est libre d’explorer, ou pas. Je me fiche  que Spotify balance un truc IA (ou de la Kpop) tant que Bach est toujours là, en fait (En Allemagne, bon nombre de chorales, d’ensembles orchestraux magnifiques et autres musiciens, ne se posent pas la question de quoi faire de cet héritage. Sans frémir il faut faire de la musique, c’est tout.)  

    Pareil en BD, il y aura toujours d’excellents auteurs. A chacun de faire ses choix, en tant que lecteur, et en tant qu’auteur. Tout ce qui vise à être vendu en masse n’a jamais visé la qualité. En revanche, parfois la qualité se vend en masse, sans que ce soit l’objectif initial.  Ce qui serait embêtant ce serait la perte et l’oubli de connaissances, et c’est déjà arrivé dans l’Histoire. Par exemple c’était quand même fabuleux que la restauration de Notre-Dame ait donné lieu à la re-découverte de certains savoir-faire. Peut-être même que l’IA peut aider, allez savoir.

    Znokiss a écrit
    Viendra un moment où elles commencement à ingurgiter du contenu créé par IA pour en produire, et là, je vois pas comment ça ne peut pas ressembler à du vomi (façon de parler mais c’est l’image qui me vient).

    Ah ah ! Cela me parait le coeur du problème : l’IA ne se nourrit que de ce qui existe numériquement. Pour l’IA la réalité matérielle n’existe pas. Cela veut dire qu’à ce jour de grands pans de la connaissance humaine sont ignorés, ainsi que de grand pans de son ignorance. L’IA n’a aucune idée des compétences humaines qui ne sont pas numérisables : la plasticité de notre cerveau, notre façon de comprendre le monde avec le corps aussi (mémoire kinesthésique par exemple), l’émotion, la sensibilité … bref.

    Le problème c’est l’importance qu’on lui donne, alors que c’est bullshit. Il y a un engouement économique, un peu comme à la fin des années 90 pour internet.

    Répondre | Lien | Citer

    Thorgal-BD a écrit
    J’attends avec curiosité de voir l’IA dans les transports, dans la médecine ou dans l’agriculture (l’IA m’inquiète moins que les pesticides).

    ouais ça va avec le « bosser toujours plus vite et mal » comme à l’école et à l’hôpital. Quand ça touche la santé ou la sécurité des personnes, ce n’est pas rassurant.  Moi j’ai l’habitude de dire qu’heureusement à l’Education Nat. on ne fabrique pas des avions …. Mais parlons plutôt BD.

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    allons, allons, sachons raison garer, l’important ce n’est pas l’arrivée de nouveaux outils mais comment l’on va t’on se l’en n’a servir et à ce titre je voudrais formuler cet argumentaire détaillé et complet :

    l’IA c’est CACA

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    Thorgal-BDthorgal-bdWebmestre

    Merci pour vos retours !

    Je continue à réfléchir.
    Et je me pose encore des questions.

    Par exemple, on peut envisager que l’IA serve de béquille, d’aide à réfléchir, notamment dans un cadre de formation. Imaginons, j’essaie de me former à un truc, et j’utilise l’IA pour construire ma compétence. Ça peut être n’importe quoi : comment mieux couper les oignons ou comment concevoir et accompagner un CE d’entreprise.
    Et je me demande : dans ce cadre, l’IA engendre-t-elle une perte de compétence ou un gain de compétence ?

    Je sais que les ingénieurs pédagogiques travaillent activement sur la question avec un certain enthousiasme.

    Je prends l’exemple de la maîtresse d’école. Si elle demande à l’IA de lui générer sa journée de classe, la maîtresse risque de devenir une flaque d’eau qui ne maîtrise plus rien.
    Mais d’un autre côté, si elle prépare sa progression de maths sur l’année, et qu’elle l’injecte dans une IA en lui demandant de la comparer aux programmes officiels de l’Education Nationale de son pays, et de s’appuyer sur les documents d’accompagnement en ligne proposés par l’institution, et de l’adapter au contexte classe/école/socio-économico-culturel dans lequel elle travaille, je me dis qu’on a là un outil qui peut faire sens ? Bien guidée et maîtrisée, l’IA ne peut-elle pas devenir un outil au même titre que le guide du maître qui accompagne un manuel ?

    Ça c’est ma question A.

    Ma question B, c’est pour rebondir sur un truc autour duquel on vient d’échanger avec Znokiss dans un autre sujet.
    On était d’accord tous les deux pour se dire qu’on n’a pas envie d’écouter de la musique IA, et j’ajoutais que je voulais bien le faire mais uniquement dans le cadre privé, domestique, si une personne (par exemple sur ce forum) produit un son IA et a envie de le partager. Là je veux bien écouter ça comme une sorte de fan art.
    Et j’ai ajouté que c’est pour ça que je trouve très bien et honnête de marquer « IA » sur ce type de production. Comme ça le quidam sait où il va.
    Parce qu’on voit bien que désormais la suspicion s’installe sur tous les projets créatifs. La phrase à la mode, ça devient « tu l’as fait toi-même ? ».
    Et donc ma question B est là : n’ouvre-t-on pas une ère dans laquelle tous les projets créatifs risquent d’être observés avec suspicion ?

    Et je m’interroge moi-même : quand j’ai créé mon jeu de rôle « La chute de l’étoile mourante » il y a quelques années, j’ai eu la chance d’être accompagné par un formidable artiste, Thomas Girard, qui a réalisé de magnifiques illustrations. Il y a juste eu un petit souci, on n’avait pas les sous pour lui faire réaliser les (nombreuses) images nécessaires pour les cartes « Objets » du jeu.
    L’éditeur m’a donc proposé deux choses : soit on allait sur Shutterstock ou un truc du genre pour chercher des images libres de droits, soit on laissait les cartes sans illustration. Les images en ligne, j’ai trouvé ça pas beau, pas raccord à mon univers, alors j’ai choisi la deuxième option. Donc les cartes Objets ne sont pas illustrées (mais ce sont les seules !).
    Si c’était aujourd’hui, comment je réagirais ? Et comment mon éditrice de l’époque réagirait ? Pire, pire, pire : ferait-elle appel à Thomas pour ce jeu, ou préférerait-elle une IA gratos ? Et autre pire : serait-elle certaine que mon texte est bien de moi, ou se dirait-elle que j’en ai généré une partie avec l’IA ?

    Ouh ça se bouscule dans ma tête ce matin.

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    Thorgal-BD a écrit
    Si elle demande à l’IA de lui générer sa journée de classe, la maîtresse risque de devenir une flaque d’eau qui ne maîtrise plus rien. Mais d’un autre côté, si elle prépare sa progression de maths sur l’année, et qu’elle l’injecte dans une IA en lui demandant de la comparer aux programmes officiels de l’Education Nationale de son pays, et de s’appuyer sur les documents d’accompagnement en ligne proposés par l’institution, et de l’adapter au contexte classe/école/socio-économico-culturel dans lequel elle travaille, je me dis qu’on a là un outil qui peut faire sens ? Bien guidée et maîtrisée, l’IA ne peut-elle pas devenir un outil au même titre que le guide du maître qui accompagne un manuel ?

    Bah je suis maitresse, je suis une flaque d’eau qui ne maitrise plus rien.   

    blague à part, je vois que tu connais un peu le sujet. L’IA pourrait faire le job du guide du maitre en effet, vendu une blinde par les éditeurs aux communes, payé par vos impôts.  Pour le contexte socio/économique, je ne suis pas trop d’accord, l’école de la République est la même pour tous, je suis en rep rurale, et heureusement nos ambitions culturelles servent à nos élèves.

    J’aimerais bien que l’IA fasse la partie caca de notre job : remplir des tableaux pour des labellisations qui ne servent pas tellement aux élèves mais à la com, remplir des tableaux pour les évaluations des élèves, des profs, de l’école, de toi, de moi, de nous , remplir des tableaux pour justifier de ce qu’on fait, on a fait, on va faire, ou pas, remplir des tableaux avec les dispositifs mis en place en classe, aux abréviations que même l’IA ne comprendra pas,  sur des applis trop bien pour la com, parce que les applis c’est bien pour la com. Ouais pourquoi l’IA fait pas ça ?

    En attendant, l’IA nous sert à répondre aux mails rapidement, parce que dans ce job il faut écrire souvent, entre deux portes ou en classe, et l’IA peut aider à être rapide.

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    Thorgal-BDthorgal-bdWebmestre

    Hirondl a écrit
    l’école de la République est la même pour tous

    Je m’ai mal exprimé, je voulais dire, adapter au contexte réel (qui peut être, un vécu spécifique, du vocabulaire, des expériences, des lieux, des personnes… ) histoire de contextualiser ce que vous proposez. S’adapter à un budget réel, aux moyens de transport, à des ressources locales, à des spécificités qui peuvent être bloquantes ou au contraire pratiques, utiles. Parler du musée d’à côté, de la rivière qu’est vraiment là, de la haie dans laquelle on va vraiment aller chercher des p’tites bêtes qu’existent. Si j’ai très envie d’utiliser cette haie mais que je ne sais pas trop quoi en faire, par exemple. Si je peux aller à la piscine tous les jours ou si c’est la sortie de l’année.

    Thorgal-BD a écrit
    J’attends avec curiosité de voir l’IA dans les transports, dans la médecine ou dans l’agriculture (l’IA m’inquiète moins que les pesticides).

    Hirondl a écrit
    ouais ça va avec le « bosser toujours plus vite et mal » comme à l’école et à l’hôpital. Quand ça touche la santé ou la sécurité des personnes, ce n’est pas rassurant.

    Pareil, je vais mettre un exemple concret, en ne sachant pas s’il est bon (c’est juste pour causer). Quand je code ce site ou autre chose, il m’arrive (souvent) de me prendre une erreur critique quand j’injecte mon code, parce que j’ai oublié un ; ou ajouté un ‘ quelque part dans la centaine de lignes de programme. Et là si je demande à l’IA, elle m’indique en une seconde l’endroit exact du bug. Je n’ai pas l’impression de perdre en compétence ou d’être asservi : pour moi c’est juste un outil qui m’évite des nœuds au cerveau et me libère d’une tâche bien pénible.

    Alors je me dis que, peut-être, en agriculture l’IA va ajuster mon arrosage automatique des parcelles pour s’arrêter quand il pleut ou qu’il fait trop chaud, ou pour se déplacer de façon moins pendulaire, plus ciblée. En médecine, je ne sais pas, il y a sûrement moyen d’avoir des aides au diagnostic, ou des trucs tout bête en pharmacie pour gérer les quantités de médicaments délivrés aux patients et éviter notre absurde gaspillage actuel. Peut-être même imprimer les notices à la demande, avec la dernière mise à jour, une seule fois plutôt que dans les 5 boîtes de Doliprane, qu’on met direct à la poubelle. Dans les transports, pour éviter les collisions entre véhicules, gérer les débiles de la route que je croise chaque jour dans mes déplacements… Comme on dit, si cela ne sauve ne serait-ce qu’une vie, c’est peut-être bien ?

    Dans les magasins, on va sûrement en venir à des caisses automatiques intelligentes qui reconnaissent les produits. Est-ce que ça fait perdre des emplois, ou est-ce que ça libère le personnel de ces tâches-là pour en faire d’autres comme la mise en rayon ou l’accompagnement des clients ? Je ne sais pas. Ça peut aussi s’appliquer au tri des déchets, pas pour nous dédouaner de cette tâche mais plutôt pour optimiser le tri final, limiter l’enfouissement et optimiser les chaînes de recyclage.

    Dans tout ça, ce n’est vraiment pas à l’IA big boss que je pense, c’est à celle qui accompagne en tant qu’outil, comme le font plein d’appareils qu’on a chez nous depuis des décennies. Le micro-ondes, la bagnole, les lunettes, l’eau courante, les toilettes, l’épluche-légumes… Quand Gutenberg a inventé sa machine, je pense que plein de gens y ont vu la fin de l’intelligence, de la compétence, de la diversité. Mais bon, le bousin a mis des lustres à se développer et sortir de la marginalité. Le truc avec l’IA, c’est que ça va trop vite/trop loin pour que ce soit rendu acceptable. Son entrée en scène est catapultée en coup de boule frontal. Et en plus c’est géré par Trump ou Musk, ou utilisé par Poutine ou Netanyahou ou toutes les armées du monde bientôt, ça n’aide pas à se sentir rassuré.

    Pour revenir à la BD, le dernier Largo Winch, l’excellent « Si les dieux t’abandonnent », est consacré au sujet IA et il fait bien bien peur, avec raison. De quoi frissonner et alimenter les mauvais rêves.

    Je termine mes délires matinaux avec un rêve IA plus personnel, un truc auquel je pense depuis que je suis jeune homme : je voudrais pouvoir jeter mon linge sale dans un trou, et qu’il ressorte de l’autre côté propre, repassé et plié, pas rétréci ni délavé. Je déteste ça, je suis nul en repassage, nul en lavage, nul en pliage, nul en tri, nul en choix de programme de lavage. Ça ne m’intéresse pas, je déteste, je déteste. S’il n’y a qu’une machine à créer (pour moi) c’est celle-là et à ce moment-là je veux bien accepter de pardonner à l’IA une partie de ses dérives.

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    Fanart vidéo avec IA

    En voilà des fameuses prises de tête avec l’IA !    Alors, pour en revenir à la BD Thorgal, j’en ajoute une couche avec une vidéo partagée par un fan polonais, Adam Szczęch. Basée sur les premières pages du tome 1 de la série, cette vidéo a été entièrement créée par intelligence artificielle. On ne peut la visionner que sur Youtube dont je vous mets le lien ci-dessous. Qu’en pensez-vous ?

    https://www.youtube.com/watch?v=rsXK3uWmE64

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    Thorgal-BDthorgal-bdWebmestre

    C’est saisissant.   

14 réponses de 1 à 14 (sur un total de 14)


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